Les étudiants et les jeunes ont été appelés à manifester à Lyon ce mardi 16 mars 2021. Le cortège devait partir de la Manufacture des Tabacs en direction du rectorat de Lyon. La manifestation lyonnaise s'inscrivait dans le cadre d'un appel national. Elle a été marquée par une faible mobilisation.

Plusieurs organisations et syndicats étudiants ont lancé un appel à manifester ce mardi 16 mars 2021 dans tout le pays, un an après le début de la crise sanitaire Covid. La dizaine d'organisations syndicales et politiques de gauche (Unef, mouvements des jeunes communistes de France, jeunes insoumis, NPA jeunes, UNL, FIDL, MNL...) appellent les jeunes à se mobiliser "pour leur avenir". A Lyon, le rassemblement était prévu à partir de la mi-journée devant la manufacture des tabacs. Un cortège devait ensuite se rendre devant le rectorat. 

A Lyon, la mobilisation a été faible : environ 250 personnes ont défilé en milieu de journée, selon la préfecture.

Etudiants "fantômes" ou en grande précarité

Des étudiants fragilisés par la crise sanitaire Covid et de la crise économique. Une situation de grande précarité pour certains qui s'est aggravée depuis un an. Des étudiants à la peine faute de petits boulots qui leur permettaient jusque là d'assurer le quotidien. La situation de nombreux jeunes a plongé. Rien de nouveau sous le soleil... 

Si durant la crise sanitaire, de nombreuses initiatives ont vu le jour pour venir en aide aux étudiants, elles ont surtout mis en lumière la situation extrêmement fragile de cette partie de la population. Face à la détresse économique mais aussi psychologique des jeunes, le président de l'université Lyon 3 n'avait d'ailleurs pas hésité à parler le 11 janvier dernier d'"une urgence nationale qui implique une action de très grande ampleur." 


Le 21 janvier dernier, des centaines de jeunes avaient déjà défilé dans les rues de Lyon pour dénoncer leurs conditions de vie très précaire. Mais ils affimaient aussi haut et fort leur volonté de retourner sur les bancs de l'université. Ils se disaient alors "les oubliés de la crise Covid" et allaient jusqu'à se qualifier "d'étudiants fantômes". Qu'en est-il aujourd'hui ?

Force est de constater que plusieurs semaines après cette première mobilisation de l'année 2021, les étudiants semblent s'enliser. Si les universités ont opéré une réouverture timide, la situation économique des étudiants n'a guère évolué. Pour ceux qui ne sont pas retournés chez leurs parents, les difficultés pour manger, se loger ou se chauffer sont encore et toujours une réalité quotidienne. Alors les jeunes entendent mettre la pression, dénoncer une nouvelle fois la précarité et "demander des conditions de vie et d'études dignes". 

"Un droit à l'avenir"

Les jeunes n'en finissent pas de dénoncer des conditions de vie "sous le seuil de pauvreté" qui les obligent à se tourner vers des organismes de distribution d'aide alimentaire, "un système d’aides sociales défaillant" mais aussi "une baisse de la qualité des enseignements". Autant de sources de décrochage et de détresse. "Les cours à distance depuis près d’un an rendent impossible un bon apprentissage et viennent renforcer la sélection par l’échec déjà installée", déplorent les organisateurs dans un communiqué commun.

"Nous ne serons pas la génération sacrifiée : Exigeons un droit à l’avenir !", affirment les organisateurs de cette journée d'action du 16 mars, veille de la date anniversaire du premier confinement. Aujourd'hui, cette jeunesse descend dans la rue pour réclamer un plan d'urgence et des mesures.

Sur les réseaux sociaux, l'UNEF s'interroge et ironise : "le gouvernement pense que ses passages sur Twitch ou YouTube c'est suffisant pour répondre à nos préoccupations ? Pas du tout!". Accusateur le syndicat pointe du doigt la situation des étudiants et étudiantes qui "meurent de faim et d'angoisse".