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Lyon : des étudiants de médecine sous le choc après l'annulation de l'examen

Une cellule d'écoute a été mise en place au sein de l'université Lyon 1, pour soutenir les étudiants, après l'annulation de l'examen PACES du 11 décembre 2018. / © Frederic Chambert / Maxppp
Une cellule d'écoute a été mise en place au sein de l'université Lyon 1, pour soutenir les étudiants, après l'annulation de l'examen PACES du 11 décembre 2018. / © Frederic Chambert / Maxppp

L'université Lyon 1 a annoncé des mesures exceptionnelles, et a mis en place une cellule d'écoute psychologique, jeudi 13 décembre. Après l'annulation de l'examen de 1ère année de médecine, suite à la découverte de fraudes, de nombreux étudiants sont toujours sous le choc.

Par Mathieu Boudet

L'université Lyon 1 a annoncé plusieurs mesures exceptionnelles, jeudi 13 décembre au soir, pour répondre au désarroi de nombreux étudiants de 1ère année de médecine, après l'annulation de l'examen PACES qu'ils avaient passés 3 jours plus tôt.  La faculté avait en effet découvert que des intitulés de sujets d'examens avaient fuité. Une enquête de police a été diligenté après que l'université a porté plainte contre X. 
 

Une lettre aux étudiants


Dans une lettre adressée aux plus de 2 300 étudiants de l'université, la direction explique le choix du 8 janvier 2019 pour le prochain examen PACES : "nous mesurons pleinement la charge de travail et surtout l’impact psychologique que cela implique pour vous et vos familles en cette période de fin d’année. Après étude des différentes possibilités nous n’avons pas eu d’autre choix que de choisir la date du 8 janvier 2019 pour report, car certains étudiants ne sont plus sur Lyon dès la fin des épreuves. " Alors que les étudiants se retrouvent privés de vacances de fin d'année, après 4 mois de révisions intensives, la faculté propose plusieurs aménagements exceptionnels, et en particulier une semaine de vacances à partir du 9 janvier 2019, au lendemain du jour de l'examen. Elle propose aussi la correction des épreuves du concours du 11 décembre annulé, pour qu'il se transforme en "examen blanc". 


 



 

"Tenir jusqu'au bout"


Pour les étudiants toujours sous le choc, l'université a également mis en place une cellule d'écoute, sur ses 2 sites (Rockefeller à Lyon et La Doua à Villeurbanne) depuis jeudi 13 décembre. Elle est composée de médecins généralistes, psychologues et infirmières, qui accueillent les élèves, fatigués et constamment sous pression, alors qu'ils préparent l'un des concours les plus difficiles de France. Toute la journée, des étudiants de 1ere année de médecine s'y succèdent. "Mentalement je suis fatiguée, on est continuellement sous pression. Je me demande comment on peut tenir jusqu'au bout sachant qu'on n'a pas de vacances et que le travail qu'on a à faire c'est vraiment intense", confie une étudiante qui souhaite garder l'anonymat. Selon certains parents, des élèves seraient même hospitalisés suite au traumatisme subit par l'annulation de l'examen. 

 


Une compétition permanente


Les étudiants ne s'autoriseront pas vraiment de temps de vacances avant d'avoir passé l'examen. Le premier partiel du PACES est fondamental pour eux, car moins d'un tiers des étudiants sera qualifié à l'issue de cette étape de sélection. Dans la compétition, pas question de s'arrêter de réviser : Amandine, 18 ans, explique qu'elle a peur "de tout oublier alors que les autres, eux continueront à réviser". Dans ce contexte, le Médecin Directeur du Service de Santé Universitaire, Caroline Combes, tente d'apaiser les étudiants : "il faut qu'ils puissent exprimer leurs émotions, si elles ne sont pas extériorisées, le risque c de générer du mal être, une perte de confiance en soi, et d'arriver au concours moins de chances de réussir."


 

Dans la cellule d'écoute psychologique


La cellule d'écoute reçoit également des appels de parents d'élèves qui demandent des conseils. Elle doit rester ouverte au moins jusqu'à la fin du mois de décembre. Nous avons pu assister à l'une de ses consultations, avec deux étudiantes qui ont souhaité garder l'anonymat, par réserve, mais aussi dans le cadre de "la compétition" soufflent-elles, dans laquelle même le risque d'apparaître en situation de faiblesse semble compter.


Reportage de Mathieu Boudet et Laure Crozat :

 

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