Lyon : les salariés de General Electric en lutte pour leurs emplois

Les salariés de General Electric à Villeurbanne et Saint-Priest sont en grève depuis lundi 23 novembre, pour protester contre un plan de suppressions de postes. Les salariés manifestent ce mercredi 25 novembre à Lyon, pour obtenir le soutien des pouvoirs publics.
Le député LFI (France Insoumise) François Ruffin est venu soutenir les grévistes de General Electric, ce mercredi 25 novembre en fin de journée.
Le député LFI (France Insoumise) François Ruffin est venu soutenir les grévistes de General Electric, ce mercredi 25 novembre en fin de journée. © Daniel Pajonk / FTV
Les salariés des sites de General Electric à Villeurbanne et Saint-Priest sont en grève depuis lundi 23 novembre. La direction prévoit de fermer des ateliers de production et de supprimer jusqu'à près de 300 postes sur ses sites. Les syndicats refusent de négocier, et ont appelé les salariés à une manifestation devant la préfecture ce mercredi 25 novembre.

 

Manifestations et piquet de grève

Ce mercredi, une cinquantaine de salariés de General Electric (GE) s'est rassemblée devant la préfecture du Rhône à Lyon, pour dénoncer un vaste plan de suppression de postes en préparation, et qui avait été annoncé par l'entreprise en septembre dernier. Les syndicats des sites de Villeurbanne et Saint-Priest, près de Lyon, ont lancé un appel à la grève et refusent de négocier les conditions d'un plan social avec leur direction "On refuse de négocier des mesures sociales de départs, notre combat aujourd’hui c’est sur le maintien de l’emploi et rien d’autre !", clament les organisations. Elles en appellent maintenant aux pouvoirs publics. Une délégation des salariés a été reçue en préfecture ce jour, et les demandes des représentants syndicaux devaient être rapportées aux ministères de l'Industrie et de l'Economie. Les salariés ont ensuite regagné leur piquet de grève devant l'entreprise, et le député de la France Insoumise, François Ruffin, est venu leur apporter son soutien en milieu d'après-midi. La veille, mardi 24 novembre, des manifestants s'étaient retrouvés à proximité de la gare Perrache à Lyon, pour protester contre le plan social.

 

Suppressions d'emplois

"On est en train de démanteler des activités essentielles à l'industrie française", regrette Serge Paolozzi, délégué CGT à Villeurbanne. General Electric a en effet annoncé en septembre son intention de restructurer 2 divisions en Europe, celle des équipements pour barrages (Hydro) et pour réseaux électriques (Grid), qui "génèrent des pertes financières importantes", selon le groupe. 
Le plan prévoit, d'après les syndicats, la suppression de 634 emplois en France, dont 350 sur les sites de Villeurbanne et Saint-Priest, près de Lyon. La direction de GE avance de son côté des suppressions de postes -un peu- moins nombreuses : 579 postes supprimés en France, parmi lesquels 136 postes actuellement vacants, et un maximum de 287 postes à Villeurbanne et Saint-Priest. En outre, souligne la direction, 216 solutions d'emplois pourraient être proposées aux salariés concernés par le projet chez Grid Solutions en France.


 

Délocalisations

"Le projet de la direction est uniquement financier, et prévoit le transfert de sites de production en Italie et en Chine, de l’ingénierie et de la R&D en Inde", dénoncent les syndicats. Pour eux, "GE condamne, à terme, le site centenaire de Villeurbanne, pourtant centre de compétences mondial de l’appareillage électrique haute tension !" Le fabricant de générateurs de disjoncteurs pour ligne à haute tension et centrales électriques prévoit en effet délocaliser certaines activités. Les syndicats, eux, réclament le maintien des activités sur place : "nous avons proposé des solutions alternatives à la direction" explique Pascal Gentelet, délégué syndical CFDT Grid Solutions Villeurbanne. "Nous n'avons pas été entendus et c'est inacceptable, nous voulons revenir à la table des négociations."

 

GE en difficultés

Selon les syndicats, le groupe General Electric a supprimé 3 000 emplois en France depuis le rachat de la branche énergie d'Alstom en 2015, rachat qui devait s'accompagner de la création de 1 000 postes sur 3 ans. L'entreprise avait néanmoins dû s'acquitter de pénalités financières de 50 millions d'euros notamment à la ville de Belfort, pour non respect de cet engagement. Par ailleurs, la direction  rectifie en assurant que depuis l'acquisition de la branche énergie d'Alstom, "plus de 2000 salariés" ont bien quitté l'entreprise mais pas dans le cadre de suppressions de postes. Il s'agissait de transferts, les effectifs du groupe ayant diminués "dans le cadre de cessions d'actifs". Depuis 2015, l'entreprise, qui multiplie les difficultés, se sépare de pans entiers de ses activités. L'entreprise GE est en difficulté financières depuis plusieurs trimestres dans diverses activités dont la branche Energie (Power), qui enregistre d'importantes pertes d'exploitations, notamment depuis le début 2020. La branche exploitée à Villeurbanne et à Saint Priest sont, selon le siège de GE, lourdement déficitaires notamment sur l'année 2019 et le seront encore en 2020, accusant une baisse de 11% des revenus par rapport à 2018. La faute aux dividendes, pour les syndicats : "ces 10 dernières années, l'entreprise a redistribué plus de dividendes qu'elle n'a fait de résultats", affirme Serge Paolozzi, délégué CGT à Villeurbanne. 


 
Le maire de Villeurbanne, Cédric Van Styvendael et le sénateur du Rhône, Gilbert-Luc Devinaz, ont parallèlement adressé un courrier au directeur de GE France pour lui demander la suspension du plan de suppression des emplois. Les syndicats en appellent également à Bruno Lemaire, ministre de l'économie, pour qu'il intervienne auprès de la direction de GE.

 
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