#Metoo Théâtre : le théâtre des Célestins à Lyon reporte un spectacle de Michel Didym

Le metteur en scène Michel Didym fait l'objet d'une enquête préliminaire pour des soupçons de viols d'une ancienne étudiante. Le théâtre des Célestins, à Lyon, a décidé de reporter son spectacle tant que la procédure est en cours.

Le metteur en scène Michel Didym fait l'ojet d'une enquête préliminaire après des accusations de viol de la part d'une ancienne comédienne. En novembre 2020, Alice dépose une plainte contre Michel Didym, après avoir écrit au procureur de Nancy et rassemblé pendant six mois une vingtaine de témoignages de ses anciennes camarades au Conservatoire.  

Plusieurs témoignages concordants

Dans une enquête de nos confrères de  Libération début octobre plusieurs femmes affirment également avoir subi du harcèlement et des violences sexuelles de la part de Michel Didym, comédien et ex-directeur du Centre dramatique national La Manufacture à Nancy, aujourd'hui âgé de 63 ans. 

En réaction, le théâtre des Célestins de Lyon a fait savoir qu'il reportait le spectacle "Habiter le temps" tant que la procédure judiciaire était en cours. Dans un communiqué Claudia Stavisky et Pierre-Yves Lenoir affirment que leur engagement "au service des spectateurs, des artistes confirmés ou en formation, des équipes des spectacles et du théâtre, animé par les intérêts du service public et les valeurs de l’émancipation par l’art et de la culture, ne peut se concilier avec la gravité de ces accusations".

"Impossible de rester sourds aux voix qui s'expriment"

Impossible selon les deux directeurs de "rester sourds aux nombreuses voix qui se sont exprimées, ni assurer auprès de l’auteur, des comédiens, comédiennes, techniciens et techniciennes engagés sur ce spectacle, des conditions sereines de représentation". Depuis plusieurs jours, les témoignages se multiplient sur les réseaux sociaux pour dénoncer les agressions sexuelles dans les coulisses du monde de la culture.

"Il n' y a pas de présomption de vérité pour les victimes" 

"Moi je suis effarée quand les gens disent qu’ils ne savaient pas" a déclaré Alice, la plaignante à nos confrères de France 3 Grand Est. "Et je comprends pourquoi les victimes se taisent. On est tellement dépendants. Oui tout le monde savait et personne ne dit rien car tout le monde dépend de ces structures. Je comprends pourquoi les femmes abandonnent toutes avant la fin de la procédure. Il y a une présomption d'innocence pour les agresseurs mais pas de présomption de vérité pour les victimes".

Le collectif #Meetoo théâtre a salué la décision du Théâtre des Célestins mais reste une question : pourquoi prendre cette décision courant octobre 2021 quand une plainte est officiellement déposée un an plus tôt ? Le théâtre des Célestins n'a pas souhaité répondre à nos questions renvoyant au communiqué de la Direction. 

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