Procès de l'affaire Axelle Dorier : une peine de 16 ans de prison requise contre le conducteur qui a tué la jeune femme à Lyon

16 années de réclusion criminelle ont été requises en fin de matinée dans l'affaire de la mort d'Axelle Dorier contre Youcef Tebbal. Ce vendredi 20 janvier, les deux accusés seront fixés sur leur sort, le verdict est attendu en fin de journée.

Youcef Tebbal et son cousin Mohamed-Amine Yelloule comparaissent depuis mardi 10 janvier devant les assises du Rhône. Ils sont jugés pour la mort, dans la nuit du 18 au 19 juillet 2020, d'Axelle Dorier, une jeune femme de 23 ans. Ce vendredi 20 janvier, leur sort sera scellé.

L'avocat général a requis une peine de 16 ans de prison contre Youcef Tebbal et  5 ans dont un an ferme pour son cousin, Mohamed-Amine Yelloule. 

Au volant de sa voiture, Youcef Tebbal est accusé d'avoir mortellement percuté la jeune femme. Prisonnière du châssis du véhicule de l'accusé, elle a été traînée sur plus de 800 mètres. Les faits se sont déroulés sur la colline de Fourvière. Le jeune homme de 25 ans est poursuivi pour "violence avec arme sans intention de la donner". Son co-accusé et passager au moment des faits, pour "non-assistance à personne en danger". 

Le début des plaidoiries

Au dernier jour du procès, la première plaidoirie a été menée par Maître Versini-Bullara. L'avocat des parties civiles a eu des mots très forts pour décrire le calvaire et l'horreur endurés par la jeune femme, qui selon lui "rejoint les martyrs de la barbarie ordinaire". "Elle a subi l’atteinte à son corps, abimé, corps meurtri, corps déchiré, corps démembré, corps mutilé, corps supplicié, corps martyrisé, corps désincarné. En un mot, corps profané."

Le réquisitoire du ministère public doit suivre, avant les plaidoiries de la défense. 

Une famille meurtrie mais unie

"Je regrette, c'était un accident. Je subirai la mort d'Axelle toute ma vie", a lâché l'accusé jeudi après deux heures d'interrogatoire. Des paroles qui n'apaisent pas la colère et la douleur des Dorier.

A l'aube du dernier jour du procès, la famille endeuillée qui attendait des réponses, ne cache pas son amertume et sa déception. Elle s'est confiée à l'issue de la plaidoirie de Me Versini-Bullara. "On avait très envie qu'ils puissent avouer ce qu'ils avaient fait", explique la mère de la victime. Selon elle, les deux accusés "s'enterrent" dans un système "qui n'est pas la vérité". "C'est contraire à ce qu'on avait espéré". Pour cette dernière, l'accusé principal de ce dossier "avait l'intention de tuer".

Théo Dorier a évoqué "des débats qui ne mènent à rien". "Ils ont 5, 6 versions dans la poche ces accusés". "Ce qui nous a vraiment fait du bien, c'est de pouvoir parler. C'était dur émotionnellement mais on a à peu -prêt tous réussi à dire ce qu'on voulait dire", a ajouté son frère Evan.

"On espère que la peine sera extrêmement ferme. Ça pourra nous aider à avancer, on a vraiment besoin de ça", a expliqué à son tour Pierre Dorier, le père de la jeune femme. La famille a indiqué ce matin qu'elle ne souhaitait pas assister à la plaidoirie de la défense. "On ne pourra pas. ça va être trop dur. On en a assez entendu".

Qui est responsable de la mort d'Axelle ?

Prisonnière du châssis de la voiture de l'accusé, la victime avait été traînée sur plus de 800 mètres. Une mort particulièrement violente. Les faits se sont déroulés sur la colline de Fourvière, à proximité du parc des Hauteurs. C'est une soirée d'anniversaire commune pour Axelle et ses deux frères qui a tourné au cauchemar, dans la nuit du 18 au 19 juillet 2020. Le procès a début le 17 janvier, deux ans et demi après le drame. Tout a commencé par un différend entre deux groupes vers 3h30 du matin : d'un côté de jeunes automobilistes et de l'autre des participants à la petite fête. Ces derniers reprochant aux premières d’avoir percuté le chien d'un ami d'Axelle Dorier. 

Pour les amis d'Axelle qui ont défilé mercredi matin à la barre, le conducteur de la Golf voulait fuir à tout prix le Parc des Hauteurs "quitte à écraser quelqu'un". C'est ce qu'a déclaré à la barre Clément, le petit ami d'Axelle Dorier. L'ancien militaire a finalement reconnu avoir violemment cogné le parebrise de la Golf avant qu'elle ne percute Axelle dans un "excès de colère". La défense a ainsi mis en cause un climat de violence la nuit du drame. Selon Me Metaxas, l'avocat de Youssef Tebbal, "ce petit ami, Clément, qu'Axelle fréquentait depuis trois semaines, qui manifestement baigne dans l'ultra-violence, (...)Il est à l'origine de tout".

Mardi, le procès s'était déjà ouvert sur la confrontation de deux versions très différentes des faits. Le chauffeur a justifié sa fuite par la peur de se faire lyncher. Le jeune homme de 22 ans aurait paniqué et aurait percuté Axelle sans s’en rendre compte. Le conducteur a-t-il réalisé qu'Axelle se trouvait sous sa voiture au moment où il redémarrait ? Deux heures après les faits, les deux jeunes s'étaient rendus spontanément à la police.

Youcef Tebbal, poursuivi pour "violence avec arme sans intention de la donner", encourt une peine de de 20 ans de réclusion.  

Avec Y.Marie et L.Crozat

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