Recyclage des batteries grâce au CO2 : Mecaware, la fabrique lyonnaise du "lingot vert", est en plein essor

Tout juste portée sur les fonds baptismaux, la jeune société lyonnaise Mecaware ambitionne d'ouvrir dès 2025 sa première usine bâtie autour de sa technologie révolutionnaire de recyclage des batteries automobiles reposant sur les capacités extractives du gaz carbonique (CO2).

(illustration) Mecaware est spécialisée dans le recyclage "vert" des batteries usagées
(illustration) Mecaware est spécialisée dans le recyclage "vert" des batteries usagées © BEP/LE PROGRES

"Cette usine sera capable d'extraire annuellement 5.000 tonnes de métaux "critiques" (nickel, cadmium, lithium, manganèse...) à partir de broyats de batteries usagées", a assuré jeudi devant la presse le directeur général de la startup, Arnaud Villers d'Arbouet.

Elle devrait, selon lui, pouvoir être construite pour "quelques dizaines de millions d'euros" - "cinquante au maximum" - soit le tiers du coût d'une usine recourant aux technologies existantes, qui sont de surcroît polluantes et énergivores.

Sa technologie "de rupture" repose sur les travaux du Pr Julien Leclaire du Laboratoire de chimie supramoléculaire appliquée de Lyon (ICBMS - Université Lyon 1/CNRS/CPE/Insa Lyon). Le chercheur est le deuxième actionnaire de l'entreprise.

Des "lingots verts" de métal très purs

Le Pr Leclaire a montré que les fumées d'usines chargées en CO2, mélangées à des amines (des composés organiques) pouvaient s'associer sélectivement avec les divers métaux contenus dans des broyats de batteries, permettant d'en faire le tri et de produire des "lingots verts" de métal d'une grande pureté.

Cette technologie permet d'allier deux préoccupations environnementales - la capture du CO2 et le recyclage des métaux rares utilisées dans les batteries des voitures électriques. Elle est aussi économe en énergie et ne rejette pas d'effluents polluants.

Le recyclage des batteries est par ailleurs un enjeu de souveraineté industrielle car la Chine domine la production des métaux rares entrant dans leur composition. Créée le 23 décembre sous l'aile de l'incubateur Pulsalys, Mecaware (pour "MEtal CApture for WAste REcycling") recherche actuellement 2 millions d'euros pour son démonstrateur de laboratoire, qui devrait être opérationnel "au second semestre".

Une deuxième levée de 3 millions est déjà prévue

Mecaware prévoit de construire très rapidement une installation pilote dans la Vallée de la Chimie lyonnaise, avant de passer au stade véritablement industriel. M. Villers d'Arbouet a relevé que les 24 projets d'usines géantes de batteries prévus en Europe allaient consommer chaque année 600.000 tonnes de métaux critiques, dont une partie devra provenir du recyclage.

Mecaware espère pouvoir s'emparer de 10 à 15% de ce marché à l'horizon 2030, avec une série de petites usines installées au plus près de ses clients.

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