VIDÉO. Le "coliving", nouvelle tendance du marché immobilier dans les grandes villes

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Coliving ©Mathieu Boudet / Vincent Digat / FTV

Les recherches de colocations explosent à Lyon comme dans toutes les métropoles en France. Pour les professionnels de l'immobilier, les logements adaptés pour le "coliving" deviennent un marché aux allures d'eldorado.

Les murs sentent encore la peinture. Dans un quartier résidentiel de Villeurbanne, les premiers habitants de cette nouvelle colocation s'installent. Leur maison est aménagée spécialement pour le "coliving". Dans la métropole de Lyon, ce type d'habitat se développe à toute vitesse.

Maison sur mesure

Deux fours, deux frigos, deux grille pains... Dans la cuisine comme partout dans la maison, ici, tout est pensé pour la vie en colocation. La salle à manger peut accueillir les 12 colocataires, et les chambres sont confortables. Dans la "coloc des musiciens", c'est son nom, il y a même une salle de musique dans laquelle les colocataires peuvent jouer de leur instrument favori. 

En colocation, les loyers sont évidemment attractifs. Mais ce n'est pas le critère principal qui a conduit les locataires ici. Tous sont de jeunes actifs, qui pourraient s'offrir un appartement seul. Pour eux, la colocation est un choix. Pour Geoffroy Begouassel, qui vient s'installer à Lyon, "c’était le meilleur moyen de rencontrer du monde assez facilement". Son voisin de chambre, Paul-Ambert, s'inscrit dans "un autre mode de vie. Je ne suis pas matérialiste, et je trouve qu'aujourd'hui, c'est mieux de partager les objets de la vie quotidienne. Je pense qu'on devrait être de plus en plus amené à tendre vers ce mode de vie".

Une nouvelle tendance

La "coloc des musiciens" s'avère être un concentré des nouvelles tendances en cours : "les colocations d'aujourd'hui, ce ne sont plus les colocations de papa d'il y a 10 ans ! Aujourd'hui on voit de beaux logements, avec des espaces communs entièrement prévus pour que les habitants vivent confortablement," explique Laurent Radix, directeur de l'agence d'annonces Paruvendu.fr.

Ces offres s'adaptent à une typologie des colocataires qui, elle aussi, a changé : "il y a 7 ou 8 ans, c'étaient des étudiants. Aujourd'hui la moitié des colocations, ce sont de jeunes actifs. Ils recherchent une énergie, des rencontres, un partage d'expériences", constate Laurent Radix. 

La demande se transforme et augmente à un rythme effréné. L'agence Paruvendu.fr a lancé un espace d'annonces dédié aux colocations sur son site. Elle a été aux premières loges pour constater l'augmentation du marché : "il y a 4 ou 5 ans, on avait environ 200 annonces par semaine, actuellement, on est autour de 2000 par semaine. Le marché a été multiplié par 10", constate le directeur.

"Pas le temps de commercialiser"

Les promoteurs immobiliers sont de plus en plus nombreux à intégrer des espaces de coliving dans leurs projets de constructions. Et certains se spécialisent dans les aménagements d’immeubles ou de maisons prévus pour abriter des colocations.

C'est le cas de Gauthier Sol, président de Lacoloc.fr. Il s'est lancé il y a seulement 18 mois, et exploite déjà une quarantaine de chambres à Lyon. Son entreprise se développe à toute vitesse : il livre un nouvel habitat à partager tous les quatre mois en moyenne, et croule sous les demandes.

Il nous emmène dans un ancien cabinet médical, qu'il a transformé en colocation pour 14 personnes : "ici, toutes les suites sont parties en 15 jours. On n'a même pas eu le temps de commercialiser le logement."  Pour chaque nouvelle offre de logement en coliving, il assure recevoir 10 demandes. 

Face à cette demande, les professionnels de l'immobilier tentent de surfer sur la vague. D'autant que la demande ne devrait pas cesser de progresser.

Un eldorado de l'immobilier

Les formules coliving présentent en effet des atouts non négligeables : face au manque de logements disponibles, elles permettent de multiplier l'offre d'habitat. Elle garantissent aussi une baisse du coût des loyers pour les locataires. Enfin, côté investisseurs, elles augmentent la rentabilité d'un habitat, en multipliant le nombre de loyers d'un même espace.

Par ailleurs à Lyon, les professionnels confient, discrètement, qu'un autre avantage est susceptible d'attirer les propriétaires vers ce marché : les loyers étant multipliés et proposés à un coût raisonnable, ils échappent au plafonnement des loyers imposé par la métropole. De quoi attirer les investisseurs échaudés par cette contrainte.

Enfin et surtout, la tendance semble durable : "tout indique que ça va se développer à long terme," confirme Laurent Radix. "On peut tout à fait imaginer que de nouvelles cibles seront bientôt attirées, et plus seulement les jeunes. Les actifs, ou encore les retraités par exemple..."

Le marché reste minuscule à ce stade, mais les investisseurs y croient : selon une étude du cabinet Xerfi pour les professionnels de l'immobilier, 455 millions d’euros ont été investis dans le coliving en 2021 en France. C’est 13 fois plus qu’en 2020 ! Selon ce cabinet, le nombre de lits en coliving devrait être quasiment multiplié par 3 d’ici 2025.

La tendance se concentre dans les grandes villes actuellement, mais les professionnels lorgnent déjà sur un relais à long terme : les villes moyennes. Décidément, le coliving a des allures de nouvel eldorado pour l'immobilier.

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