Salon de l'agriculture : Rihiana, Nabila, Royale, Macumba, Muguet, saviez-vous que seules les vaches ont un prénom ?

Rihiana, Nabila, Royale, Macumba... les vaches exposées au Salon de l'Agriculture se pavanent avec des prénoms parfois iconiques et drôles. Et de l'autre côté, les moutons, les cochons et autres animaux de la ferme attendent eux aussi d'être identifiés non plus par leur numéro mais par un prénom, aussi original soit-il.

"C'est marrant Macumba". Dans les allées du pavillon 1 du Salon de l’Agriculture, les visiteurs s'amusent des prénoms des vaches, tous plus ou moins farfelus les uns par rapport aux autres. Certaines bêtes, reines du Salon, se mettent dans la peau de célébrités quand d’autres cherchent un titre de noblesse.

Et parfois, le nom colle parfaitement à la réalité ! Royale de son prénom, la seule vache charolaise à représenter la région Auvergne-Rhône-Alpes, est repartie avec la couronne et l’écharpe de deuxième dauphine au concours général.

Une question de lignée

La question, c’est comment les éleveurs choisissent ces prénoms ? “On essaye quelquefois de faire correspondre le nom de la fille par rapport à celui de la mère pour garder un peu la lignée”, explique   François Aymeric Romanet, éleveur de vaches de race tarentaise en Savoie.

Sur le Salon de l’Agriculture, il présente sa vache Pivoine. Âgée de 5 ans, elle a déjà remporté l’année derrière le championnat jeune mamelles du concours général. Pour lui, c’est bien simple, “sa mère c’est Muguet, sa sœur, c’est Rose donc ça reste dans la lignée de la fleur. C’est plus facile pour nous pour se souvenir".

Un peu plus loin dans les allées du pavillon 1, on retrouve Orientale, une vache de race abondance venue tout droit de Haute-Savoie. Là encore, le choix du prénom cherche à respecter un héritage familial. “Sa mère, c’est Chinoise, sa fille, c’est Roumaine donc il fallait trouver un prénom en lien avec un pays pour elle”, explique son éleveur.

“J’aime des noms qui ont un joli tintement à l’oreille”

Chaque prénom doit être déclaré au maximum 7 jours après la naissance du veau auprès de l’établissement départemental d’élevage et ne doit pas excéder 10 lettres, au risque de se voir disqualifier du concours. C’est pourquoi, si certains avouent choisir le prénom de leur animal en fonction de son caractère, c’est quand même moins fréquent, une semaine étant peu pour arriver à l’identifier. 

Pour d’autres, c’est simplement une question de sonorité. “Quand je cherche le nom d’une vache, j’aime bien qu'il sonne à l’oreille, qu’il soit joli”, souligne Louis Gurliat. L’éleveur savoyard a fait le déplacement avec sa vache de race Hérens répondant au prénom de Mesquine et son petit, Ultra-Belle. 

“J’aime des noms qui ont un joli tintement à l’oreille. J’ai une autre vache elle s’appelle Lovamou et sa fille, je l’ai appelé Huguette”, ajoute l’agriculteur qui plaisante toujours en se promenant dans les allées et en découvrant les prénoms donnés aux animaux. 

Les autres animaux délaissés

Mais tous n’ont pas cette chance. Si les vaches ont un prénom, les cochons, la volaille, les lapins et les moutons n’en ont pas. En se promenant dans les allées de ce même pavillon 1, les visiteurs peuvent lire des N°FR1116006884 sur les panneaux de présentations des moutons. Pourtant, les bêtes elles aussi participent à des concours et représentent leur territoire. “Ici, je vous présente Rosalie”, peut-on entendre au micro, signe que les éleveurs donnent malgré tout des noms à leurs animaux.

L’hégémonie de la vache sur le Salon de l’Agriculture remonte aux années 2000. Sur les affiches, les réseaux sociaux, les billets d’entrée, une vache et uniquement une vache. Mais c’est depuis 2011, avec la Vosgienne Candy noire et blanche que l’on mentionne le nom, la race et l’âge de l’animal. Depuis, l’égérie du Salon n’a jamais cessé d’être un bovin très médiatisé. Cette année, il s’agit d’une vache normande de 5 ans répondant au prénom Oreillette.

Pour Valérie Le Roy, la directrice du Salon, “la vache est l’animal phare de la ferme". "Et dans l’esprit de tous les Français, elle symbolise le Salon de l’agriculture. Il y a donc une forme d’automatisme dans le choix de l’égérie, car une vache suscite tout de suite l’affection du public”, a-t-elle annoncé peu avant le salon.

Fun fact, les poulets de Loué dans la Sarthe ont décidé de se rebeller contre la domination des vaches. Ils ont lancé une pétition quelques semaines avant leur venue à Paris, sur le site change.org intitulée « Égérie du Salon de l’Agriculture, chacun son tour ! », assortie d’une question : « Pourquoi toujours des vaches ? ». Ils ont récolté 388 signatures pour le moment.