REPLAY. Revoir le point presse du procureur de Chambéry sur la mise en examen de Nordahl Lelandais

Publié le Mis à jour le

Le procureur de la République de Chambéry Thierry Dran a annoncé ce mercredi 19 décembre la mise en examen de Nordahl Lelandais pour assassinat, décrivant avec précision la chronologie de la nuit du 11 au 12 avril et la découverte de nouveaux éléments.

Nordahl Lelandais a été mis en examen pour assassinat ce mercredi 20 décembre en début d'après-midi. Principal suspect de l'affaire Maëlys, cet ex-militaire de 34 ans était entendu depuis lundi matin par les gendarmes de Chambéry dans le cadre de la disparition du caporal Arthur Noyer au printemps dernier.

Le procureur de la République de Chambéry Thierry Dran s'est exprimé ce mercredi après-midi aux côtés du colonel Pascal Claisse, commandant de la section de recherches de Chambéry, en charge de l'enquête.

La chronologie de la nuit


Le magistrat est d'abord revenu  en détail sur la chronologie de la nuit du 11 au 12 avril. Il en ressort que le jeune caporal disparu "a passé la soirée du 11 avril à Chambéry, d'abord dans un restaurant, puis dans un bar situé au Carré Curial jusque 0h35" puis dans deux autres bars et dans une discothèque du Carré Curial "de 1h25 à 2h03 avant d'être aperçu aux abords de celui-ci à 2h48."

Son téléphone a alors "borné" à la Place Paul Chevalier à Chambéry à 3h01, à Saint-Baldoph à 3h05, puis à Apremont à 3h11 avant de s'éteindre à 4 heures du matin. "La vitesse de déplacement repérée sur les bornes téléphoniques démontrait clairement qu'après la place Paul Chevalier, Arthur Noyer s'était déplacé dans un véhicule."

Un important dispositif de recherche


Arthur Noyer n'a plus jamais donné signe de vie, et une enquête pour enlèvement et séquestration avait été ouverte le 17 avril. Le colonel Pascal Claisse, commandant de la section de recherches, a détaillé les moyens engagés.

Dès le 12 avril, le groupement de gendarmerie et la compagnie de gendarmerie de la Savoie a orchestré des recherches opérationnelles mobilisant une centaine de personnes : des forces mobiles, avec l’appui de l’armée de Terre et d’unités spécialisées telles que des équipes cynophiles, la brigade nautique et le PGHM des Savoie.

La disparition d’Arthur Noyer a également mobilisé un groupe d’une quinzaine d’enquêteurs de la Section de Recherches et de la Brigade des Recherches de Chambéry.

Point presse du procureur de Chambéry après la garde à vue de Nordahl Lelandais

L'Audi de Nordahl Lelandais sur les lieux

 
S'ils ne disposaient d'aucune piste sérieuse, les enquêteurs avaient malgré tout remarqué sur les images de la vidéoprotection la présence d'une Audi aux mêmes endroits et aux mêmes créneaux horaires qu'Arthur Noyer.

Mais la Savoie à elle seule comptant 2.900 propriétaires de véhicules de cette marque, les recherches se sont révélées infructueuses.


Ce n'est qu'après l'affaire Maëlys qu'un lien a été trouvé entre les deux disparitions : l'Audi noire utilisée par Nordahl Lelandais. De là, "il apparaissait que les deux téléphones utilisés par Nordahl Lelandais avaient déclenché les mêmes relais que celui d'Arthur Noyer entre 23h48 et 2h48." Puis ils ont tous les deux été éteints vers 3h40.

Par ailleurs, l'Audi de Nordahl Lelandais a été repérée par la vidéosurveillance rue de la République à Chambéry à 2h58, puis à Saint-Baldoph à 3h08.

Recherches sur la "décomposition d'un corps humain"


Autre découverte des enquêteurs : le téléphone du suspect a révélé "qu'il avait effectué le 25 avril 2017 des recherche sur internet en utilisant les mots-clé 'décomposition d'un corps humain'

Ces indices ont conduit le juge d'instruction à placer Nordahl Lelandais en garde à vue le 18 décembre, puis à prolonger cette garde à vue mardi 19. Garde à vue pendant laquelle le suspect "a contesté l'ensemble des faits lui étant reprochés tout en admettant s'être trouvé à Chambéry et à Saint-Baldoph dans les créneaux horaires relevés par la téléphonie et la vidéoprotection, et donc en même temps qu'Arthur Noyer" 

L'ADN d'Arthur Noyer découvert sur un crâne


Qui plus est, le 7 septembre, "à proximité de la commune de Montmélian, sur un chemin de randonnée, un promeneur avait découvert les restes d'un crâne humain." Les investigations sur les lieux n'avaient alors rien donné.

Lundi 18, "le laboratoire chargé des analyses génétiques avertissait les enquêteurs de la présence d'une correspondance entre l'ADN prélevé sur le crâne et celui d'Arthur Noyer." Correspondance rapidement confirmée par l'expertise requise par le juge d'instruction.

Nordahl Lelandais a donc été présenté ce mercredi matin au parquet, avant d'être "mis en examen en début d'après-midi pour des faits d'assassinat". Le parquet a requis la détention provisoire.