L'inauguration de la gare de Chambéry, théâtre du climat social actuel à la SNCF

Lors de l'inauguration de la nouvelle gare de Chambéry, les manifestants sont rassemblés à quelques mètres sur le parvis. / © F3 Alpes
Lors de l'inauguration de la nouvelle gare de Chambéry, les manifestants sont rassemblés à quelques mètres sur le parvis. / © F3 Alpes

La nouvelle gare de Chambéry flambant neuve a été inaugurée ce vendredi matin en présence du nouveau PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou. En parallèle, syndicats et élus de l’opposition ont manifesté et organisé une "alter-inauguration."

Par Martin Vanlaton

Le parvis a été totalement repensé, une vélostation installée, le hall de 1000 m² transformé et une nouvelle salle d’attente de 300 m² installée. En prime, un mur d’escalade imposant dans la nouvelle gare flambant neuve de Chambéry (Savoie), jamais rénovée depuis 1988, soit avant l’arrivée des TGV... Des travaux qui ont coûté 43 millions d'euros. Cérémonie oblige, les officiels se sont succédé au pupitre pour délivrer leurs discours.

Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, parle du passage d’une "gare misérable à une gare extraordinaire" tout en soulignant la nécessité de ne pas fermer les guichets. Le préfet de la Savoie Louis Laugier évoque un possible retour des trains de nuit dans la région, tout comme le président du département Hervé Gaymard qui évoque la nécessité de ce mode de transport. Chacun salue cette nouvelle gare et en profite pour avancer ses propositions. Car face à eux, le nouveau PDG de la SNCF fraîchement entré en fonction il y a quatre jours, Jean-Pierre Farandou, est présent.
 

De l’autre côté du parvis, des élus de l’opposition manifestent aux côtés des syndicats. Slogans, fumigènes : les revendications locales se mélangent aux problématiques de l'entrepise à l'échelle nationale. Une vitrine du climat actuel entre les syndicats et la direction.

 

Conflit local


Un peu plus tôt, les élus de l’opposition municipale de Chambéry et de l’agglomération ont coupé un ruban, sur le modèle d’une inauguration officielle. D’après le communiqué des opposants, cette "alter-inauguration" veut dénoncer les ambitions revues à la baisse entre le projet initial et la gare fraichement inaugurée : moins de connexion que prévue avec les autres modes de transport, un possible détournement de la future ligne Lyon-Turin... Car cette nouvelle gare ne fait pas l’unanimité. Qu’ils soient cheminots ou élus de l’opposition, les manifestants affirment qu'elle ne répond pas aux besoins des usagers.
 

Selon Antoine Fatiga, secrétaire du syndicat CGT des transports, "l’ouverture des guichets doit être du premier train du matin jusqu’au dernier train, et il faut qu’il y ait de la présence humaine. Ce qui n’est absolument pas le cas." Au-delà de l’investissement dans la nouvelle gare, il déplore un manque de moyens avancés par la SNCF pour assurer les différents services : "la SNCF doit mettre les moyens pour que les usagers soient en sécurité à bord des trains ou dans les gares. […] On inaugure une belle gare certes, mais nous ce que nous voulons c’est que ça ne soit pas un centre commercial."

Une rencontre d’une trentaine de minutes a eu lieu en début de matinée avec Jean-Pierre Farandou, nouveau PDG de la SNCF.

 

Conflit national


Au-delà de l’inauguration de la gare, c’est bien le nouveau PDG de la SNCF qui est au centre de toutes les attentions. Que ce soit de la part des médias nationaux présents en masse ou des cheminots venus de toute la région. Comment appréhende-t-il l’appel à une grève nationale le 5 décembre ? Quelle vision à long terme pour la SNCF ?

Face à la presse, Jean-Pierre Farandou veut marquer un virage total avec son prédécesseur, Guillaume Pépy. "Ça ne fait que quatre jours que je suis là (…) je veux marquer une inflexion vers davantage de dialogue social. Moi je respecte les syndicats", a-t-il lancé, pour marquer la différence avec l’ancien PDG du groupe. Dialogue, dialogue, dialogue... Un mot qu’il emploie dans plusieurs de ses réponses, notamment lorsqu’il est interrogé sur l’appel à la grève du 5 décembre. "Je crois beaucoup au dialogue. Ma porte est ouverte. Je vais recevoir toutes les organisations syndicales au plan national et j’ai déjà annoncé que nous organisions une table ronde autour du métier de conducteur."
 
Jean-Pierre Farandou face aux médias lors de l'inauguration de la nouvelle gare de Chambéry. / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
Jean-Pierre Farandou face aux médias lors de l'inauguration de la nouvelle gare de Chambéry. / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Avant de conclure : "Cheminots, syndicats ou moi... On veut tous que cette entreprise fonctionne bien pour les territoires et pour les clients. Cette base-là, nous la partageons."

 

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