Covid-19 : à cause de contaminations entre proches, la circulation du virus s’est brusquement accélérée en Savoie

En Savoie, le taux d'incidence et le nombre de cas positifs ont explosé depuis le début du mois d'octobre. Explication sur cette hausse soudaine de la circulation du virus dans le département où un couvre-feu de 21 heures à 6 heures du matin est imposé à partir de minuit ce vendredi 23 octobre. 
Distanciation sociale en terrasse d'une brasserie à Chambéry en Savoie.
Distanciation sociale en terrasse d'une brasserie à Chambéry en Savoie. © Vincent Isore / MAXPPP
C'est une statistique à laquelle, hélas, on ne s'attendait pas. La ville d'Aix-les-Bains, sur les bords du lac du Bourget en Savoie, présente le 15ème pire taux d'incidence du Covid-19 parmi les villes françaises. Ainsi, selon les derniers chiffres de Santé publique France, la cité thermale présente 797 cas positifs pour 100 000 habitants, quand la moyenne nationale est de 267.

Moins touchée que le Rhône ou l'Isère par l'accélération de la circulation du virus depuis le mois d'août, la Savoie a vu brusquement ses indicateurs se dégrader en ce mois d'octobre. Du 28 septembre au dimanche 4 octobre, le taux d'incidence du Covid-19 dans le département était aux alentours de 100. Une semaine plus tard du 5 au 11 octobre, ce même taux avait quasiment doublé pour atteindre 194. Le taux de positivité atteint lui 12,4%. Une flambée du virus qui a motivé le gouvernement à imposer un couvre-feu de 21 heures à 6 heures du matin en Savoie à partir du 23 octobre à minuit. 
   

Des clusters dans des Ehpad et lors de rassemblements de personnes


S'il est difficile de connaître avec précisions les causes des nouvelles contaminations dans le département, Santé publique France signalait dans son dernier bilan l'origine des clusters en Savoie. Deux avaient été signalés lors de "rassemblements temporaires de personnes", deux autres clusters ont été observés dans des Ehpad, deux encore dans des établissements de santé et enfin un autre cluster a été décelé dans un établissement médico-social pour personnes handicapées.  

À l'hôpital de Chambéry où 13 lits de réanimation sur 32 étaient occupés par des malades du Covid-19 au 23 octobre, le docteur Emmanuel Forestier, chef du service d'infectiologie,  constate que la plupart des patients se contaminent dans la sphère privée. "Le problème de ces mesures sanitaires, c'est qu'il faut les appliquer tout le temps. Bien souvent, les gens n'ont pas cette discipline. La caricature, ce sont les gens qui viennent à l'hôpital pour des visites. Ils ont le masque dans les couloirs, ils portent le masque quand ils nous parlent, mais ils enlèvent le masque une fois qu'ils sont seuls dans la chambre avec le patient. C'est ce qui se passe aussi dans nos Ehpad où on recense beaucoup de cas", note le docteur Emmanuel Forestier. 
 

Ces contaminations entre proches, notamment dans les Ehpad, inquiètent beaucoup en Savoie. "Il y a de grandes difficultés en Ehpad. Nous demandons aux gens, à ceux qui viennent voir leurs parents par exemple, de vraiment respecter les gestes barrières en portant en un masque, en respectant la distanciation. Nous demandons aussi la même discipline dans les gestes barrières lors des rassemblements privés", a déclaré Loïc Mollet, le directeur départemental de l'Agence régionale de santé, lors d'une conférence de presse qui s'est tenue à la préfecture de Grenoble vendredi 23 octobre dans l'après-midi. 


"La situation des hôpitaux s'est complexifiée en très peu de temps"


Sur l'ensemble du département, le nombre de cas Covid-19 en réanimation n'atteint pas encore le niveau du printemps dernier lors de la première vague de l'épidémie. Mais le curseur bouge vite. "La situation des hôpitaux s'est complexifiée en très peu de temps. La pression se fait forte et s'accélère", a alerté Pascal Bolot, le préfet de la Savoie, lors du point presse de vendredi. Depuis fin septembre, 23 décès à cause du Sars-CoV-2 ont été enregistrés dans les hôpitaux savoyards, "alors qu'il n'y en avait pas eu pendant un long moment avant cette date", selon Pascal Bolot. 
 

À l'hôpital de Chambéry, l'infectiologue Emmanuel Forestier s'inquiète de la suite des événements. "On n'est pas dans la situation du printemps où le nombre d'entrées avait augmenté très rapidement, mais cela augmente progressivement. On a encore de la marge en réanimation, mais si on est confronté d'un coup à une vague il sera trop tard. Tout l'enjeu, c'est de limiter cette vague. On est heureux de voir que des mesures plus strictes vont être appliquées, mais si le couvre-feu est contourné par les gens il ne sert à rien", conclut le médecin. 
 
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