"On fait front la journée et on pleure la nuit" : des habitants toujours "traumatisés" après les crues torrentielles en Savoie

Ce lundi, les élus de La Léchère, commune de Savoie touchée par une gigantesque coulée de boue dans la nuit du mardi 14 au mercredi 15 novembre, ont constaté l'ampleur des dégâts et des travaux à effectuer. Le hameau de Notre-Dame-de-Briançon devra attendre "plusieurs semaines" avant de retrouver un "paysage normal".

"On a 1m30, 1m50, voire plus de vase, de sable, de roche", estime Catherine Marquier, habitante du hameau de Notre-Dame-de-Briançon sur la commune de La Léchère, depuis 1979. Son jardin, "son havre de paix" a été ensevelie lors des inondations qui ont touché la Savoie dans la nuit du mardi 14 au mercredi 15 novembre.

Dans ce village savoyard, le ruisseau de la Fougère est sorti de son lit. "On a vu des dégâts apocalyptiques", décrit le maire, Dominique Colliard.

"Notre pelouse a été avalée par un monstre"

En plus de 40 ans, Catherine Marquier affirme n’avoir jamais vécu "un phénomène d’une telle ampleur". Elle a vu son jardin disparaître complètement au profit du ruisseau. "Notre pelouse a été avalée par un monstre. Le ruisseau de la Fougère a coupé la commune en deux", explique-t-elle.

Jusqu'à 3 mètres de boue et de gravats charriés par les eaux ont recouvert les rues tandis que plus d'une centaine de logements ont été touchés par des inondations autour de cette commune de 460 habitants, dans la vallée de la Tarentaise.

"On fait front la journée et on pleure la nuit parce qu’on est traumatisé de cette situation"

Catherine Marquier - habitante de la commune de La Léchère

Près d'une semaine après la crue, Catherine Marquier explique avoir une grande tristesse, désolation et une grande colère aussi. "On fait front la journée et on pleure la nuit parce qu’on est traumatisés de cette situation."

Sa colère est due aux multiples avertissements sur l'état des berges du ruisseau. "Nous qui habitons là depuis tout le temps, on s’aperçoit du danger des berges qui ne sont pas entretenues. On a beaucoup tiré la sonnette d’alarme. On se disait, s’il arrive quelque chose, ce n’est pas que la personne qui n’a pas entretenu sa berge qui est en danger, c’est toute la population autour."

Ce lundi 20 novembre, Dominique Colliard, le maire de La Léchère explique qu'environ 150 pompiers sont intervenus jusqu'à ce dimanche, jusqu'à la fin de la phase d'urgence. Il est impossible pour lui d'estimer le retour à "un paysage normal" : "On peut supposer que ce sera sur plusieurs semaines", dit-il.

Depuis les inondations, le maire s'appuie sur "des services administratifs et techniques extrêmement engagés". Et L'heure est au déblaiement.

L'état de catastrophe naturelle n'a toujours pas été déclaré 

Daniel Carle, saisonnier en tant qu'employé communal, a été rappelé par le maire pour venir en renfort. Il avait terminé son contrat le 27 octobre dernier. Un appel auquel il a répondu tout naturellement : "On ne peut pas laisser les collègues tout seuls. Il y a beaucoup à faire.

L'employé estime qu'il y a "deux mois de travail". Pour lui, le gros problème, "c’est de savoir par où il faut attaquer. La priorité, c’est la voirie et la route."

La sénatrice Martine Berthet était présente sur place, ce lundi 20 novembre, afin de constater l'ampleur des travaux à effectuer. Pour l'heure, l'état de catastrophe naturelle n'a toujours pas été déclaré sur la commune. La constatation des dégâts se poursuit par les experts des assurances jusqu'à la fin de la semaine. 

Avec Samuel Cardon / FTV.

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