Manifestation contre le Lyon-Turin : un dispositif exceptionnel des forces de l'ordre prévu pour le rassemblement interdit

À l'appel du collectif Les Soulèvements de la Terre, une manifestation contre le Lyon-Turin a lieu ce samedi 17 et dimanche 18 juin en Maurienne. De nombreux manifestants sont attendus sur place, malgré l'interdiction de manifestation déclarée ce jeudi par la préfecture de la Savoie.

Les premiers manifestants sont attendus dans la journée de ce vendredi 16 juin. Ce week-end, un important rassemblement, à l'appel du mouvement Les Soulèvements de la Terre, est prévu en Maurienne pour s'opposer au projet du tunnel Lyon-Turin.

Ce jeudi 15 juin, la préfecture de la Savoie a pris un arrêté d'interdiction "de toute manifestation ou rassemblement sur la voie publique" dans neuf communes de Maurienne "afin d'assurer la sécurité des personnes et des biens".

Le préfet François Ravier a invoqué des "risques de débordements". "Il y a des craintes quant à la sécurité des forces de l'ordre et des pompiers", a-t-il ajouté lors d'un point presse. Il a également annoncé un dispositif de sécurité rarissime en Maurienne.

Des milliers de manifestants attendus

Lors de ces deux jours de manifestation, les forces de l'ordre attendent 3 000 personnes sur place, "dont plus de 400 radicaux", selon la préfecture.

Outre Les Soulèvements de la Terre, une dizaine d'organisations internationales et locales comme Attac, la Confédération Paysanne, Greenpeace, les Collectifs contre le Lyon-Turin de Maurienne et de Chapareillan, les Amis de la Terre ou encore SUD-Rail ont également appelé à rejoindre le rassemblement.

Les premiers manifestants sont attendus dans la journée de ce vendredi. Le lieu de rendez-vous a été donné sur la petite commune de La Chapelle.

Des gendarmes en nombre

"Quoi qu'il arrive, interdiction de manifester ou non, la manifestation aura bien lieu", ont expliqué Les Soulèvements de la Terre sur les réseaux sociaux. Pour encadrer ce rassemblement, qui aura tout de même lieu dans la vallée de la Maurienne, un important dispositif de sécurité a été mis en place.

Au total, 2 000 gendarmes et policiers seront déployés tout au long du week-end. C'est un peu plus de 1 000 membres des forces de sécurité intérieure en moins que lors du rassemblement contre les méga-bassines de Sainte-Soline.

"Plus de 60 pompiers, des moyens du Samu (ambulanciers, infirmiers, médecins) ainsi qu’une association agréée de sécurité civile, La Croix Rouge, seront également mobilisés", indique la préfecture.

"Des renforts des départements voisins appuieront également le dispositif de sécurité et de secours", poursuit-elle dans un document communiqué à la presse.

Neuf communes concernées par l'interdiction de manifester

Neuf communes de la Maurienne sont concernées par l'arrêté d'interdiction de manifestation. À noter que le point de rassemblement, prévu à La Chapelle, ne fait pas partie des communes concernées par cette interdiction. On ignore toutefois si les organisateurs du rassemblement avaient déposé une demande sur cette commune. L'interdiction de manifester concerne les communes suivantes :

  • Saint-Jean-de-Maurienne ;
  • Villargondran ;
  • Saint-Julien-Montdenis ;
  • Saint-Martin-la-Porte ;
  • Saint-André ;
  • Modane ;
  • Avrieux ;
  • Bramans ;
  • Villarodin-Bourget.

D'autres interdictions

Plusieurs arrêtés ont été pris en marge de la manifestation, notamment sur l'interdiction du "port et du transport d'armes, toutes catégories confondues, de munitions et d’objets pouvant constituer une arme par destination et des mesures de protection". La préfecture a également pris un arrêté "permettant la réalisation de palpations par la Sûreté ferroviaire au vu des circonstances particulières liées à l’existence de menaces pour la sécurité publique".

Certaines voies, dans les communes concernées, sont interdites à la circulation du vendredi 16 juin au dimanche 19. Les rassemblements festifs, à caractère musical, ne sont également pas autorisés tout au long du week-end.