PHOTOS. Châteaux, maisons et églises abandonnés : ce photographe-urbexeur déniche des "trésors" oubliés

Amateur de photographie, David alias Darky_explo sur les réseaux sociaux, est un passionné d'urbex. En France et à l'étranger, il explore des lieux laissés à l'abandon pour immortaliser les traces du passé. En juin prochain, il exposera à Albertville (Savoie) les clichés de ses dernières explorations.

David n’est pas un simple explorateur. Dans ses pérégrinations, il raconte des histoires. À l'aide de son Reflex, il tente de "redonner vie" aux lieux abandonnés qu'il découvre, "le temps d'un cliché". "Ce qu’on va chercher à mettre en avant dans ce genre de photo, c'est vraiment cet aspect historique, avance le photographe savoyard, alias Darky_explo sur les réseaux sociaux. On arrive vraiment à s’imaginer comment les gens ont pu vivre ici et je trouve ça important, j’essaye de le transmettre dans mes photos."

Immortaliser "des trésors"

Popularisée dans les années 1980 en France, la pratique de l'urbex consiste à explorer des lieux abandonnés ou rendus inaccessibles au public. Ce jour-là, l'exploration se déroule dans un château laissé à l'abandon, en Savoie.

Dans les couloirs de ce lieu tenu secret, David cherche à immortaliser "les poutres apparentes", "le plafond boisé", "les meubles anciens" : un site "dans son jus". "Ce que l'on va chercher à mettre en avant, c'est l'aspect historique, explique le photographe. Montrer aux gens comment c'était avant."

"J’adore faire des proxis de livres ouverts (photographies de près, NDLR), où on met en avant des choses qui n’existeront plus dans peu de temps et qui ont été laissées là comme ça... C’est des trésors, il y a des objets qui sont juste uniques."

Jusqu'à 30 spots par séjour

Mobilier, décoration, objets du quotidien... "On trouve de plus en plus d'objets anciens chez des brocanteurs, mais ici, on les retrouve dans leur espace naturel." Passionné par son art, David sillonne depuis cinq ans les villes d’Europe pour photographier ces sites délaissés. Ses voyages durent en moyenne de trois à cinq jours, pendant lesquels il peut visiter jusqu'à trente spots.

La pratique de l'urbex peut toutefois s'avérer dangereuse. Chaque exploration doit être préparée avec attention. "On fait des cartes avec les lieux qu’on veut aller voir, des recherches sur des logiciels comme Google Earth pour trouver des lieux que l'on sait abandonnés", souligne David.

"On ne part jamais seul"

Outre les mauvaises rencontres éventuelles, les urbexeurs s'exposent aussi à de potentiels accidents de parcours. "Ça nous arrive de nous retrouver dans des maisons où le temps a fait son effet : des plafonds qui s’écroulent, des traces de moisissure, le plancher qui ne tient pas."

Autre règle essentielle pour les urbexeurs : "On ne prend rien sur place, la seule chose qu’on prend ce sont des photos. On ne laisse rien sur place à part des traces de pas. On ne divulgue pas les adresses, et surtout, on ne part jamais seul : on prévient tout le temps quelqu’un d’autre que les personnes qui sont sur le lieu."

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En France, l'urbex n'est pas interdit par loi. En revanche, "l’introduction dans le domicile d’autrui à l’aide de manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte, hors les cas où la loi le permet, est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende", selon le Code pénal. Toute dégradation des lieux est également réprimée par la loi.

Le 22 juin prochain, l’amateur de vieilles bâtisses exposera pour la première fois ses œuvres à Albertville (Savoie). Il y racontera ses anecdotes et l’envers de ses photos.

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