Eternit : le profil d'un procès de l'amiante au pénal se dessine à l'horizon 2015

Il y aura un procès pénal de l'amiante en France, tout comme il y en a eu un en Italie. Un procès où des industriels devront répondre d'avoir mis en danger la vie des salariés. Parmi les dossiers de l'amiante, faisant l'objet d'instructions judiciaires, Eternit semble le plus avancé.

Le site d'Eternit à Vitry-en-Charolais (archives)
Le site d'Eternit à Vitry-en-Charolais (archives) © FTV

Soulagement à Paray-le-Monial

Dans les locaux du Caper (Comité Amiante, prévenir et réparer) à Paray-le-Monial se trouve un drapeau italien portant l'inscription "Eternit. Justizzia."
En décembre 2009, le premier procès pénal de l'amiante s'ouvrait à Turin. On y jugeait deux hauts responsables du Groupe Eternit, accusés de scandale sanitaire. Pour les victimes françaises de l'amiante, présentes ce jour-là, le procès italien suscitait l'espoir.

Le procès italien a conduit à considérer le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny, qui a assumé le rôle de PDG de 1972 à 1986, et le baron belge Louis de Cartier de la Marchienne, ex-PDG de la filiale belge, et actionnaire d'Eternit Italie jusqu’au début des années 70, comme principaux responsables.


Joseph Cuvelier mis en examen en novembre 2009

En France, le 24 novembre 2009, la juge Bertella-Geffroy avait procédé à des mises en examen, dont celle de Joseph Cuvelier fils, dirigeant d'Eternit de 1971 à 1994. Il savait tout des dangers de l'amiante.
A Vitry-en-Charollais, site de production,Eternit, les morts par mésothéliome se comptent par dizaine.
Mais très vite, les obstacles se multiplient. En 2011, on doute sérieusement qu'un procès pénal puisse avoir lieu en France, les mises en examen furent annulées.

La cour de cassation a rétabli les mises en examen

Au cours d'un marathon judiciaire, les mises en examen ont été rétablies par la Cour de Cassation, les auditions s'enchaînent, menées par les 3 nouveaux juges en charge du dossier. 
L'espoir d'un procès au pénal en 2015 est à nouveau possible, soit 19 ans après les premières plaintes. Beaucoup de victimes ne le verront pas.

En France, les premières plaintes de travailleurs exposés à l'amiante datent de 1996, mais il n'y a eu aucun grand procès à ce jour.
L'amiante, interdite en 1997, est jugée responsable de 10 à 20 % des cancers du poumon et pourrait provoquer 100 000 décès d'ici 2025, d'après les autorités sanitaires.

Le reportage de Michel Gillot et Romy Ho-A-Chuck

Intervenants : Daniel Granger, Ancien salarié d'Eternit à Vitry-en-Charollais, Décembre 2009 - Maître Jean-Paul Teissonnière, Avocat des victimes de l'amiante, Mai 2011 - Jean-François Borde, Président du CAPER, Comité Amiante Prévenir et Réparer
durée de la vidéo: 01 min 52
Procès pénal de l'amiante à l'horizon 2015



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