Chômage : François Rebsamen crée la polémique en demandant à Pôle emploi de “renforcer les contrôles”

François Rebsamen, ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social / © AFP PHOTO KENZO TRIBOUILLARD
François Rebsamen, ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social / © AFP PHOTO KENZO TRIBOUILLARD

Le ministre du Travail, François Rebsamen, demande à Pôle Emploi de "renforcer les contrôles" pour vérifier que les chômeurs "cherchent bien un emploi". Au cas contraire, une "sanction" est nécessaire, a-t-il dit. Ses propos ont déclenché une vive polémique.

Par B.L. avec l'AFP


Chômage : François Rebsamen crée la polémique en demandant à Pôle emploi de "renforcer les contrôles"
Reportage de Stéphanie Depierre et Christophe Gaillard avec :
  • des demandeurs d'emploi bourguignons
  • Pierre-Antoine Kern, président du Medef Côte-d'Or

On estime qu’il aurait 350 000 emplois non pourvus en France faute de candidats.
"Je demande à Pôle emploi de renforcer les contrôles pour vérifier que les gens cherchent bien un emploi", a déclaré le ministre sur i-Télé mardi 2 septembre 2014. "Il faut qu'il y ait, à un moment, une sanction", a-t-il ajouté.

François Rebsamen a rappelé qu'être "chômeur au sens du Bureau international du travail" c'est rechercher un emploi. "C'est négatif pour ceux qui recherchent des emplois d'être à côté de personnes qui ne cherchent pas d'emploi, donc je demande à Pôle Emploi de renforcer les contrôles".

Cette mission est à la portée de Pôle emploi, selon le ministre. Cela nécessite un "état d'esprit différent, des convocations et des vérifications (...) Sinon on est radié", a-t-il précisé.


"Il n'est pas possible, dans un pays qui est en difficulté, qui veut se redresser, qui porte le travail, d'avoir des gens qui" ne cherchent pas d'emploi, a-t-il ajouté. Cela dit, ils ne sont "pas la majorité", a-t-il ajouté.

François Rebsamen a nuancé son propos en soulignant les "problèmes de salaires" et "d'adéquation" rencontrés par certains chômeurs. D’où les "formations prioritaires" mises en place par le gouvernement.

La semaine dernière, le ministre du Travail a reconnu "un échec" en matière de lutte contre le chômage depuis le début du quinquennat de François Hollande. Le nombre de demandeurs d'emploi sans activité en métropole a atteint le record de 3,424 millions, après neuf mois de hausse consécutive.





 
La CFDT parle d'une "stigmatisation" des chômeurs

Le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, s'est dit "atterré" par les propos du ministre du Travail. Le leader syndical a qualifié les propos du ministre de "scandaleux", évoquant une "stigmatisation" des chômeurs. "Ma pensée va aux gens que je connais, jeunes et moins jeunes, qui cherchent du boulot désespérément et attendent des responsables politiques et du patronat des solutions en termes d'emploi et se voient stigmatisés", a ajouté le leader de la CFDT. Interrogé sur les possibles fraudes de la part de chômeurs, Laurent Berger a répondu : "connaissez-vous des secteurs où il n'y a pas d'abus? ". Le problème "n'est pas là", selon lui.


 
Le ministre "ne nous avait pas habitués à ça" estime Force Ouvrière

"A Force ouvrière, on est assez abasourdi par l'intervention du ministre du Travail et de l'Emploi. Si la politique de l'emploi de notre gouvernement c'est simplement stigmatiser des chômeurs, franchement je trouve que c'est assez pathétique", a déclaré Stéphane Lardy, secrétaire de FO chargé de l'emploi. Le ministre "ne nous avait pas habitués à ça", a-t-il ajouté.  "Bien évidemment les demandeurs d'emploi ont des obligations en termes de recherches d'emploi, ils sont déjà contrôlés par Pôle emploi", a-t-il rappelé en réponse aux propos de François Rebsamen qui prône un renforcement des contrôles.

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