• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ÉCONOMIE
  • DÉCOUVERTE
  • JUSTICE
  • SPORT

Saône-et-Loire : la Manufacture de Digoin relance la fabrication de céramiques

La manufacture Digoin Céramique, qui avait été mise en liquidation en avril 2014, a trouvé des repreneurs. / © Antoine Schneck
La manufacture Digoin Céramique, qui avait été mise en liquidation en avril 2014, a trouvé des repreneurs. / © Antoine Schneck

L’entreprise créée en 1875 avait été mise en liquidation. Mais, grâce à des repreneurs, l’activité a repris sur le site. L’objectif est de séduire une nouvelle clientèle avec une collection résolument contemporaine. Une grande vente est organisée les 10, 11 et 12 octobre 2014.

Par B.L.



Renaissance des Céramiques de Digoin
Reportage de Damien Boutillet et Gabriel Talon et montage de Carlos Zappala avec :
  • Anna Pertile, salariée
  • Thierry Favier, salarié
  • Corinne Jourdain Gros, directrice de la Manufacture de Digoin
  • Sabine Orsolin, chargée de Recherche et Développement

La manufacture Digoin Céramique, située le long du canal du Centre, avait fermé ses portes au printemps dernier. C’était la deuxième liquidation judiciaire de son histoire (la première avait eu lieu en 2002). Mais, une nouvelle fois, le site a pu être sauvé. Il s'est appelé au fil des ans "Grès et Poteries de Digoin" de 1875 à 2002, puis "Digoin Céramique" de 2002 à 2014, avant de prendre le nom de "Manufacture de Digoin" à partir de juillet 2014.

Cette entreprise spécialisée dans les poteries culinaires et horticoles en grès bénéficie d’une renommée plus que centenaire. Sa pâte à grès, dont la porosité est nulle, garantit des qualités exceptionnelles de conservation et de cuisson des aliments (moutarde, charcuterie, bière...). Ses cruchons en grès pour le cidre et la liqueur étaient réputés. Et en horticulture, les cache-pots en grès de Digoin sont synonymes de protection efficace contre le gel. 

 / © Antoine Schneck
/ © Antoine Schneck

Jusque dans les années 1970, l’entreprise affichait une santé éclatante, grâce notamment aux poteries destinées au conditionnement pour l’agro-alimentaire. Le produit "phare" de l'époque était un gobelet en grès fabriqué pour la crème de roquefort. La manufacture en produisait environ 100 000 pièces par mois. A cette période, environ 200 salariés travaillaient sur le site. 

Les premiers signes de déclin apparaissent dans les années 1980 avec la montée en puissance de la grande distribution, l’arrivée du plastique dans l’agro-alimentaire et la concurrence de la Chine. Peu à peu, la production diminue, tout comme le nombre de salariés. Ils n'étaient plus qu'une soixantaine en 1999.

En 
2002, l'entreprise affronte un premier dépôt de bilan et une liquidation judiciaire. Mais, après une année de fermeture, un repreneur (Monsieur Buisson) relance l'activité en 2003. Il développe la poterie horticole et met au point la cuisson de gros contenants, un savoir-faire perdu.

Corinne Jourdain / © Antoine Schneck
Corinne Jourdain / © Antoine Schneck


Cette fois, la renaissance de la Manufacture de Digoin est due à une femme. Corinne Jourdain a travaillé pendant longtemps dans le secteur du marketing. Un jour, elle décide de changer de voie et se lance dans des études à l’Institut français de la mode. Elle rédige son mémoire de MBA sur « Les Manufactures françaises de l’art de vivre et leur savoir faire ancestral : entre mythes et réalités ». 

Quand elle apprend que Digoin Céramique est mise en liquidation, elle réussit à rassembler plusieurs actionnaires pour sauver l’entreprise. Une partie des anciens salariés est réembauchée. 

 / © Antoine Schneck
/ © Antoine Schneck

Corinne Jourdain veut donner un rayonnement international à la petite société qui emploie neuf personnes. Pour cela, elle mise sur la créativité. Les produits emblématiques comme les vinaigriers, saloirs, terrines, etc, sont aujourd’hui déclinés dans de nouvelles couleurs d’émaux et de nouveaux designs. Outre les particuliers, la Manufacture de Digoin vise désormais la clientèle des cuisiniers et des épiceries fines notamment.

Une grande vente est organisée pendant trois jours  les vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 octobre, de 9h à 19h dans les locaux de la rue de la Verne. Ce sera l’occasion de vérifier si le nouvel élan donné à la manufacture bourguignonne correspond bien aux attentes du marché.

Manufacture de Digoin (71)

 

A lire aussi

Sur le même sujet

Mâcon : la crise dure aux urgences de l'hôpital

Les + Lus