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Le festival du film policier de Beaune 2015 fait escale à Séoul

Le 7e festival international du film policier de Beaune, qui aura lieu du 25 au 29 mars 2015, mettra un coup de projecteur sur le cinéma coréen.

Après avoir rendu hommage au fil des éditions à Paris, New York, Hongkong, Londres, Rome/Naples et Mexico, version polar, c’est Séoul et ses cinéastes qui auront droit à un coup de chapeau des organisateurs du festival du film policier de Beaune.

Histoire du cinéma policier coréen

Le cinéma coréen est jeune. Il n’a pu s’affranchir de la censure d’une dictature militaire que depuis 1993. Mais très vite, des réalisateurs tels que Bong Joon Ho et  Park Chan-wook imposent un style noir, quasi-nihiliste. Les scènes sont sanglantes.
Ces cinéastes chefs de file mettent en scène régulièrement des personnages assouvissant des désirs de vengeance d’une sauvagerie inouïe.
Histoires qui sont à l’image de ces années de plomb, du miracle économique sud-coréen vite miné par la crise financière asiatique et du traumatisme toujours présent de la séparation du pays en deux entités ennemies.


Séoul, une ville anxiogène !

Séoul, aux ruelles enchevêtrées, est alors filmée "comme une ville devenue la réplique anxiogène du labyrinthe intérieur de l’inconscient collectif coréen.
La maltraitance des corps et la torture y résonnent comme de sourds échos de la dictature continuant de marteler les tympans de ces jeunes auteurs.

Dans les films de ces stylistes du néant, rien d’ailleurs ne semble avoir vraiment changé. Les militaires ont juste troqué leur treillis avec l’uniforme noir et blanc des exécutifs du nouvel ordre capitaliste. Sans parler des flics, hier encore au service de la répression dictatoriale et qui composent aujourd’hui difficilement avec les nouvelles libertés démocratiques »,  explique Yves Montmayeur, réalisateur du documentaire « Les enragés du cinéma coréen » et spécialiste du genre.

La programmation du festival du film policier de Beaune – qui n’a pas encore été dévoilée - célébrera ce cinéma qui s’est emparé "des codes du cinéma de genre pour évoquer, dans une sophistication noire et sauvage, le climat de décomposition politique et culturel d’une Corée aux plaies toujours ouvertes".
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