Les services d’aide et de soins à domicile sont-ils menacés ?

Le nombre des personnes âgées dépendantes pourrait doubler dans les 50 prochaines années.
Le nombre des personnes âgées dépendantes pourrait doubler dans les 50 prochaines années.

Des manifestations sont organisées samedi 7 mars 2015 à Paris et en régions pour interpeller les élus sur la baisse de financements du secteur de l’aide et des soins à domicile.

Par B.L.


Les services d’aide et de soins à domicile, c’est quoi ?

Aide à la toilette ou aux tâches domestiques, portage de repas, soutien psychologique, transport accompagné…

Les services d’aide et de soins à domicile emploient 230 000 personnes en France. Mais, "en quelques années, près de 4% des emplois ont été détruits dans un secteur qui pourrait être un véritable gisement d’emplois non délocalisables", dénonce l’UNA (Union Nationale de l'Aide, des Soins et des Services aux domiciles).



Pourquoi l’UNA tire-t-elle la sonnette d’alarme ?

Dans un contexte d’économies budgétaires, les conseils généraux qui sont en charge de l’aide sociale (personnes âgées, handicapés, etc) ont de plus en plus de mal à  faire face à l’augmentation des dépenses.

Les bénéficiaires ont droit à moins d’heures d’aide par semaine. Conséquence : de nombreuses familles ne peuvent pas payer leur reste à charge. Du coup, elles font moins appel aux auxiliaires de vie, ce qui se traduit par des emplois en moins. 

L’UNA qui regroupe plus de 900 structures adhérentes (associations, CCAS, mutuelles) dénonce les grandes différences constatées entre les départements.
"Il est possible de parler d’inégalités tant les modalités d’attribution des sommes allouées peuvent être différentes pour des personnes qui sont pourtant dans une situation identique", explique Yves Vérollet, directeur général de l’UNA.

"Si rien ne change, les services à domicile ne seront bientôt plus accessibles qu’à ceux qui peuvent les payer", dit-il.


Que demandent les professionnels de l’aide et des soins à domicile ?

L’UNA rappelle que la mise en place d’un droit universel à la compensation de la perte d’autonomie a été promise par les gouvernements successifs depuis 2007. Mais, "notre secteur est éclaté entre plusieurs ministères. Il n’y a pas de réelle coordination des différentes administrations et financeurs intervenant dans le champ de l’aide et des soins à domicile. Il faut bien constater quand vient le temps des arbitrages budgétaires, il est considéré comme une variable d’ajustement car ne figurant dans les priorités d’aucun des grands ministères qui ont un véritable pouvoir d’action", précise encore l’UNA.

En choisissant de descendre dans la rue samedi 7 mars, les professionnels des services d’aide et de soins à domicile profitent de l’approche des élections départementales pour interpeller les élus et l’opinion publique sur la nécessité de soutenir un secteur qui a pour but d’accompagner les plus fragiles.

En Bourgogne, un rassemblement est prévu à 10h30 à Nevers, square de la Résistance.

  • Reportage : François-Marie Lapchine et Jean-François Guilmard
  • Montage : Charles Morhain
  • Intervenants : 
    -Louise Gastel, bénéficiaire de l’aide à domicile
    -Fatima Minhag, aide à domicile de la "Mutualité française bourguignonne"
    -Michel Martin, président de la Mutualité française bourguignonne

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