Allergies : pourquoi la surveillance des pollens débute-t-elle dès l’hiver ?

Elise Darlay, analyste pollens pour ATMO Bourgogne-Franche-Comté, manipule un des cinq capteurs installés dans la région / © ATMO Bourgogne-Franche-Comté
Elise Darlay, analyste pollens pour ATMO Bourgogne-Franche-Comté, manipule un des cinq capteurs installés dans la région / © ATMO Bourgogne-Franche-Comté

Les premiers prélèvements polliniques ont commencé en Bourgogne-Franche-Comté. Les cinq capteurs installés dans la région ont repris du service début février.

Par B.L.

Quelles sont les périodes de pollinisation ?


"Même si on est en hiver, il y a déjà des pollens dans l’air. Ils s’installent progressivement", explique Elise Darlay, analyste pollens pour ATMO Bourgogne-Franche-Comté.

Ce sont les arbres qui donnent le coup d’envoi de la saison pollinique : les cyprès arrivent très tôt, c’est aussi le cas des noisetiers qui sont nombreux à avoir déjà pollinisé avec les températures douces qu’on a eu au mois de janvier.
D’autres espèces comme l’aulne et le frêne vont suivre prochainement. Enfin, le bouleau, particulièrement allergisant, est généralement observé sur les capteurs au mois de mars.

Puis, une deuxième vague de pollens va déferler pendant l’été : celle des graminées

En août-septembre, c'est au tour de l’ambroisie de polliniser. La saison des prélèvements prend fin au mois d’octobre.



Comment mesure-t-on les quantités de pollens qui sont dans l’air ?

Cinq capteurs sont implantés à Dijon, Chalon-sur-Saône et Nevers en Bourgogne, ainsi qu’à Besançon et Montbéliard en Franche-Comté.

Ces capteurs aspirent l’air grâce à une pompe, selon un débit de 10 litres d’air par minute, ce qui correspond à une respiration humaine moyenne.

L’air entre dans l’appareil et les grains de pollen sont projetés sur une bande adhésive transparente, semblable à du scotch.

Cette bande adhésive est entraînée par un tambour qui tourne à raison de 2 mm par heure grâce à un mécanisme d’horlogerie. Le tambour effectue un tour complet en une semaine. C’est ce mécanisme qui permet de dater à quel moment précis un pollen s’est impacté sur la bande (analyse journalière et/ou horaire).

A la fin de la semaine, on récupère la bande pour l’observer au microscope.


Marie Ristori est analyste pollens pour ATMO Bourgogne-Franche-Comté / © ATMO Bourgogne-Franche-Comté
Marie Ristori est analyste pollens pour ATMO Bourgogne-Franche-Comté / © ATMO Bourgogne-Franche-Comté


A quoi servent concrètement ces prélèvements polliniques ?

Les analyses faites au laboratoire permettent d’identifier les espèces végétales qui affectent ou vont bientôt affecter les personnes allergiques.
Les données obtenues servent à évaluer les risque allergo-polliniques et à établir une prévision pour la semaine suivante.

Les personnes allergiques peuvent ainsi débuter un traitement préventif dès le début du pic pollinique, afin de limiter les effets des allergies. Elles peuvent également adapter leurs activités en fonction des dates de pollinisation.
Ces analyses permettent aussi aux médecins de Bourgogne-Franche-Comté de mieux diagnostiquer une allergie chez les patients qui viennent les consulter.

►Tous ces résultats et ces prévisions sont disponibles sur le site internet de l’association ATMO Bourgogne-Franche-Comté (qui est chargée de surveiller la qualité de l’air de la région). 
Chaque vendredi, un bulletin allergo-pollinique est proposé au public. Il est complété par des observations et des conseils donnés par des allergologues de la région.
Le premier bulletin pollinique 2018 sera mis en ligne vendredi 16 février.

A noter que cette surveillance est organisée en partenariat avec l’Agence Régionale de Santé (ARS), le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA) et le Réseau des Allergologues de Franche-Comté (RAFT).

© pixabay
© pixabay




A lire aussi

Sur le même sujet

Projet de revenu de base dans la Nièvre.

Les + Lus