Des jeunes Autochtones de Guyane arrivent à Ornans

Vanessa Joseph, vice-présidente de la Jeunesse Autochtone de Guyane, était ce matin au Pow Wow, à Ornans, pour parler identité, orpaillage illégal, et environnement. 

Par Amandine Plougoulm

Qu'est-ce que la Jeunesse Autochtone de Guyane


C’est un mouvement qui vise à faire entendre la voix des Autochtones.  Il existe officieusement depuis 5 ans mais s’est structuré lors des manifestations de Guyane en 2017. Chez nous, les revendications des Autochtones ont tendance à être étouffées, et les droits de l’Homme bafoués.Aujourd'hui en Guyane, une partie de la jeunesse a l’occasion de poursuivre ses études, de voyager. Quand on voit comment ça se passe ailleurs, on réalise qu'ici, ça craque de partout. 
 
Vanessa Joseph a 34 ans et elle est d'origine Ka'lina. Elle est la vice-présidente du mouvement Jeunesse Autochtone de Guyane.
Vanessa Joseph a 34 ans et elle est d'origine Ka'lina. Elle est la vice-présidente du mouvement Jeunesse Autochtone de Guyane.
 

Est-ce que les choses ont changé depuis les manifestations de 2017 ? 


On nous écoute davantage en tant qu'Autochtones. Certaines personnes ont simplement découvert qu’on existait : beaucoup étaient surpris, car ils ne savaient pas qu’il y avait des Autochtones en Guyane. Il y a pourtant six nations reconnues, qui représentent 5% de la population guyanaise. Aujourd'hui on veut récupérer nos rites, nos cérémonies, se réapproprier notre culture. 
 

Est-ce que c'est compliqué ? 


Ca prend du temps. Des maisons pour Amérindiens ont existé jusqu'en 1974. Les enfants étaient scolarisés et dormaient dans ces pensionnats, qu'on appelait "Home Indien". Certains ne rentraient chez eux qu'une fois par an. C'était une manière d'étouffer notre culture, de nous assimiler : les parents ne pouvaient rien transmettre à leurs enfants. 

 

En quoi êtes vous différent ?  


La façon dont on voit les choses est différente. Ce qu’on apprend, on ne l’apprend pas à l’école : la façon dont on pêche, la façon dont on va créer un abattis ( NDLR : un immense jardin où l’on fait pousser tout ce qui est nécessaire à l’alimentation d’un village). Nous avons aussi des chefs coutumiers, gardiens de la coutume. 
 

Des négociations se tiennent actuellement au sujet du projet de la Montagne d'or. Qu'est-ce que ce projet ? 

 

On y est complètement opposés ! C'est une méga-mine industrielle à ciel ouvert, qui doit voir le jour près de Saint-Laurent-du-Maroni. Elle sera grande comme 32 stades de foot, profonde de 300 mètres.  Notre mode de vie va être complètement chamboulé. Ils vont utiliser du cyanure pour extraire l'or, et de la dynamite. Un port va être construit, beaucoup de camions vont passer chaque jour.  Les conséquences environnementales et la pollution, c'est des choses qu'on n'accepte pas.  Saint-Laurent-du-Maroni est une ville où les gens ont déjà du mal à se loger. Avec la construction de cette mine, il y aura encore plus de monde.










 

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