Avallon : la production a repris à l’usine SKF après un accord

Le site SKF Slewing Bearings d’Avallon est une filiale du groupe suédois SKF / © Google Streetview
Le site SKF Slewing Bearings d’Avallon est une filiale du groupe suédois SKF / © Google Streetview

L’usine SKF-Avallon produit des roulements d’orientation qui sont utilisés, notamment par les tunneliers. Les salariés se sont mis en grève illimitée car ils craignent un plan de restructuration.
 

Par B.L. et F.L.

Un accord conclu

Selon l'Yonne Républicaine, après 3 jours de grève, un accord a été conclu ce vendredi 15 novembre à l'usine SKF d'Avallon dans l'Yonne. L'équipe de nuit a repris le travail aussitôt.


Pourquoi les salariés sont-ils inquiets ?

Le site SKF Slewing Bearings d’Avallon est une filiale du groupe suédois SKF, un groupe industriel qui a plus d’un siècle d’existence et qui emploie 45 678  salariés sur 103 sites de production répartis dans 24 pays. 

En France, SKF possède plusieurs usines. Celle de l’Yonne est spécialisée dans la production de roulements d'orientation, c'est-à-dire d’éléments qui assurent des mouvements de rotation sur les tunneliers ou les excavatrices par exemple. La production du site d’Avallon est destinée principalement à l’exportation sur le marché asiatique.

Une grande partie des 155 salariés d’Avallon a stoppé le travail depuis ce mercredi 13 novembre 2019. Ils craignent pour l’avenir de leurs emplois, suite à l’article d’un hebdomadaire national qui évoque la restructuration de deux sites de SKF, celui d’Avallon dans l’Yonne et celui de Montigny-le-Bretonneux dans les Yvelines.

Les salariés avaient déjà observé une journée de grève la semaine dernière. Cette fois, c’est un mouvement illimité qui est lancé.
Des discussions sont en cours avec la direction. "On attend des garanties écrites sur l’emploi pour au moins trois ans", indique Abdel Nassour, secrétaire métallurgie de l’Yonne au syndicat FO.

Que répond la direction du site ?
Sollicitée par France 3 Bourgogne, la direction du site s'est exprimée.
C'est M. Frédéric Bouilly, directeur général RKS SAS, groupe SKF, qui a apporté des explications sur les craintes des salariés.
Selon lui, "les partenaires sociaux ont eu connaissance d'un projet de PSE (Plan de sauvegarde de l'Emploi) qui datait de 2016. Cette information récupérée par les salariés a généré des inquiétudes."
En fait, il y a trois ans, le site d'Avallon a, selon M.Bouilly, "eu la chance de bénéficier d'un plan de croissance profitable : une démarche permettant de réduire les coûts, améliorer la qualité, et viser les objectifs du 'lean manufacturing' (réduction du gaspillage)"
Il ajoute que "ce plan a eu des résultats positifs, sur les intervalles 2016-2017 et 2017-2018. En revanche, l'année 2019 est plus tendue, dans un contexte concurrentiel qui justifie de mettre tous les leviers en place et améliorer la compétitivité."
Le président de SKF s'est déplacé sur le site d'Avallon ce mercredi 13 novembre, et a rappelé que le projet de PSE de 2016 "était caduque."
M. Bouilly a énuméré les actions entreprises depuis 4 ans sur le site d'Avallon :
 - une moyenne de 1,6M d'euros par an d'investissements pour rénover des machines et installer des technologies nouvelles.
 - un plan d'investissements prévus en 2020

Afin de construire un environnement solide face à la concurrence, le directeur de RKS à Avallon, a déclaré à France 3 Bourgogne que "des transferts de compétences allaient s'opérer sur les 3 prochaines années sur les départs à la retraite, et que le système de pilotage de la planification de l'usine allait être remplacé par un système standard du groupe. Depuis le mois d'avril, une équipe travaille sur ce projet."

Concernant le carnet de commandes, décisives sur la charge de travail du site, M.Bouilly a déclaré que "plus de 40% des commandes à venir sont placées en commandes fermes". La lisibilité des commandes s'établit sur 6 à 12 mois.

Concernant le mouvement social, Frédéric Bouilly a rappelé que "tous les salariés n'étaient pas en grève" et que la relation avec les partenaires sociaux "était favorable à la discussion". Et pour conclure, de rappeler que "le projet de PSE de 2016 n'était pas du tout à l'ordre du jour."







 

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