Canal de Bourgogne : une expérience est menée cet hiver pour se débarrasser des plantes envahissantes

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Écrit par Arnaud Lefevre

C’est un fléau pour les plaisanciers et pour Voies Navigables de France, lorsqu’il faut entretenir les canaux. Les herbes invasives prolifèrent au printemps. Une expérimentation de « faucardage » en hiver est menée sur le canal de Bourgogne pour voir si une coupe plus précoce peut limiter leur développement.

Vous avez peut-être vu les machines en action sur le canal de Bourgogne, en ce moment en Côte-d’Or, sur les 20 kilomètres entre Ouges et Velars-sur-Ouche, ou dans les ports de Dijon et Longvic et Plombières-les-Dijon. La première est chargée de couper les herbes, la seconde de les ramasser.

Des plantes locales ou plus exotiques risquent de gêner la circulation des bateaux en s’accrochant dans les hélices ou en s’accumulant sur les parois des écluses.

Une expérimentation cet hiver  

Le grand nettoyage de printemps a été avancé à l’hiver cette année, « avant que les herbes se développent » précise Thierry Moulier, faucardeur. Son métier consiste à couper et évacuer toutes les plantes invasives comme les myriophylles. « A cette époque, ça va, elles sont moins présentes, comme en hibernation ! A certains endroits, l’été, la machine se remplit toutes les dix minutes ».  

La myriophylle, c’est cette plante tropicale vendue aux propriétaires de bassins ou d’aquariums pour ses propriétés « oxygénantes ». Lorsqu’elle s’installe et prolifère, elle peut pousser de 30 centimètres par semaine avec la chaleur et la lumière. Elle empoisonne alors l’existence des plaisanciers qui la retrouvent coincée dans les hélices. L’expérience menée cet hiver va permettre de savoir si une coupe plus précoce peut ralentir sa croissance future.  

Des problèmes aux écluses  

Lorsque les herbes et les algues s’accumulent aux entrées des écluses, poussées par le courant, elles forment des tapis verts et il devient impossible d’ouvrir et fermer les portes.    

Un fléau pour Voies Navigables de France 

« Le phénomène s’est accentué ces dernières années » , constate Nathalie Vincent, responsable du canal de Bourgogne à VNF. « Il y a urgence à essayer d’agir. On ne va pas pouvoir continuer comme ça. Rien qu’en 2021, nous avons investi un million d’euros dans la région ». Ce budget a été multiplié par 5 entre 2018 et 2021.

L’opération menée cet hiver coutera à elle seule 450 000 euros. Elle se poursuivra jusqu’en avril sur le Canal du Centre et latéral à la Loire, puis le canal du Nivernais. Un bilan sera dressé à la fin de l’été.  

Un enjeu touristique capital  

La Bourgogne-Franche-Comté compte 4 canaux sur lesquels naviguer :

- le canal de Bourgogne, 242 kilomètres, part de la Saône pour traverser la Côte-d’Or et une partie de l’Yonne, en sillonnant la vallée de l’Ouche et l’Auxois.

- le canal du Nivernais relie le bassin de la Loire à celui de la Seine sur 178 kilomètres, en passant par Clamecy, capitale du flottage du bois.

- le canal du Centre, 112 kilomètres, va de Chalon-sur-Saône à Digoin, du vignoble de la Côte Chalonnaise au Charolais.

- le canal de Roanne à Digoin, 55 kilomètres à travers le Brionnais.

La Bourgogne-Franche-Comté est la région française au plus important réseau navigable de France, avec plus de 1 300 km de canaux et rivières et 50 ports de plaisance.    

Le tourisme fluvial en France

Près de 11,3 millions de passagers transportés en 2019 

65% de clientèle étrangère

1,4 milliard d’euros de retombées économiques