Covid-19 : En Bourgogne, le couvre-feu anticipé ne met pas tous les maires d'accord

Les politiques bourguignons réagissent diversement à l'éventualité d'un couvre-feu anticipé à 18 heures. La décision finale doit être prise début janvier. 

Vue de l'abbaye Saint Germain au-dessus des bords de l'Yonne, à Auxerre.
Vue de l'abbaye Saint Germain au-dessus des bords de l'Yonne, à Auxerre. © Claude Heudes

Le couvre-feu anticipé ne doit concerner que 7 départements sur 8, en région Bourgogne-Franche-Comté. Le ministre de la Santé indique ce 29 décembre qu'il doit s'appliquer là "où le taux d'incidence est supérieur au seuil d'alerte maximale". La Côte d'Or est pour l'instant épargnée. Elle doit être fixée sur son sort, début janvier. Pour les autres départements, l'entrée en vigueur du couvre-feu anticipé se fait le 2 janvier. Pour l'heure, certains maires des départements concernés réagissent, à l'annonce de l'instauration prochaine de cette mesure.

Denis Thuriot, maire de Nevers (La République en Marche) 

Le maire de Nevers se montre favorable au renforcement prochain du couvre-feu. 

"Il s'agit plus d'une adaptation que d'une nouvelle mesure : c'est un moindre mal. Il est adapté et proportionnel, vu le risque actuel. Dans le département, le taux de propagation du virus reste supérieur à la moyenne. En revanche, depuis plusieurs jours, le nombre de malades entrant à l'hôpital dans le département est stable. Il n'y a plus de patients de la Nièvre qui soient entrés en réanimation."

Du point de vue de l'élu, quelques efforts supplémentaires doivent être fournis, afin d'éviter que la situation ne soit hors de contrôle, dans quelques semaines. Selon Denis Thuriot : "Il y a maintenant urgence à faire descendre le nombre de personnes en réanimation. Ca passe par ce que j'appelle la "combinaison RDV" : renforcer l'application des gestes-barrière, durcir le couvre-feu et accélérer la vaccination. Elle commence tout juste dans les Ehpad, mais cela ne va pas assez vite".

Vincent Chauvet, maire d'Autun (Mouvement Démocrate)

Comme son homologue de la Nièvre, Vincent Chauvet pense que ce nouveau couvre-feu va dans le bon sens : "Il concernera inévitablement beaucoup plus de personnes que dans la situation actuelle, mais c'est aussi ce qui garantit son efficacité."

Il reste tout de même quelques réserves à lever, d'après le maire : "Les maires attendent, en revanche, des précisions pour les personnes devant bénéficier de dérogations. Que faire pour les salariés en horaires décalés et ceux travaillant jusqu'à 17 ou 18 heures ? Pour les lycéens aussi : est-ce que les cours se termineront à 17 heures ? On ne sait pas non plus ce qu'il en est des crèches. Nous avons besoin d'avoir, au plus vite, toutes les précisions pour nous organiser d'ici la rentrée."

Daniel Gilonnier, maire de Cosne-Cours-sur-Loire (Sans Étiquette)

Pour le maire nivernais, l'accueil est plus réservé : "Dans des zones rurales comme la notre, si la progression du virus n'est pas enrayée, mettre le couvre-feu à 18 heures : pourquoi pas. Tout dépend de la durée de cette mesure. Après, est-ce vraiment entre 18 et 20 heures que le virus progresse ?"

François Rebsamen, maire de Dijon (Parti Socialiste)

A Dijon, le maire a réagi sur notre antenne, concernant ce couvre-feu anticipé : "J'ai expliqué au ministre de la Santé que nous n'étions pas dans une évolution exponentielle du nombre de personnes atteintes, que le taux d'incidence sur les plus de 65 ans était un des plus bas de la région. Mettre le couvre-feu à 18 heures, dès le 2 janvier, c'était mettre de nouveau en grand péril le commerce."

L'édile insiste sur le risque de conséquences économiques : "Beaucoup de commerçants, comme les restaurateurs, font l'essentiel de leur chiffre d'affaires entre 18 heures et 20 heures. C'est pourquoi j'ai demandé à Olivier Véran, sauf s'il y a une reprise de l'épidémie, de reporter au 4 janvier l'examen de la décision pour instaurer le couvre-feu dans le département et la ville de Dijon"

Marie-Louise Fort, maire de Sens (Les Républicains)

Du côté de l'Yonne, la maire de Sens est résignée : "C'est sur que c'est moins contraignant que de se confiner complètement, mais ça ne facilite pas non plus la vie. Vu les fermetures obligatoires à 18 heures, est-ce qu'on va aider les commerçants ? Que faire aussi pour les personnes isolées et les personnes âgées seules ?"

L'élue déplore un manque d'information, de la part des responsables nationaux : "En dehors du fait d'annoncer l'avancée du couvre-feu à 18 heures, j'ai trouvé que le ministre de la Santé n'était pas précis. Il a répondu aux demandes des élus du Grand Est qui demandaient un reconfinement, mais à part ça, le reste était flou. Je vais rester prudente. Je m'en tiens aux résultats de la concertation entre l'Agence Régionale de Santé et les préfets, mais aussi à l'allocution du Président de la République, le 31 décembre".

 

 

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