Covid-19 : Rendez-vous, livraison, ce que l’on sait sur la vaccination qui va débuter chez les médecins généralistes

A partir du 25 février, les médecins généralistes vont pouvoir débuter la vaccination. Le laboratoire AstraZeneca va livrer 550 000 doses aux pharmacies entre le 22 et le 24 février pour les mettre à disposition des médecins. Comment cela va-t-il se mettre en place en Bourgogne Franche-Comté ?

Le laboratoire AstraZeneca va livrer en France 550 000 doses aux pharmacies entre le 22 et le 24 février pour les mettre à disposition des médecins.
Le laboratoire AstraZeneca va livrer en France 550 000 doses aux pharmacies entre le 22 et le 24 février pour les mettre à disposition des médecins. © PHOTOPQR/OUEST FRANCE/Thomas Brégardis

Dès la semaine prochaine, le 25 février, les patients vont pouvoir se faire vacciner directement chez leur médecin. Une étape importante de la campagne vaccinale, rendue possible grâce aux conditions de conservation plus souples du vaccin britannique AstraZeneca qui peut se stocker dans un simple réfrigérateur (entre 2 et 8 °C).

Covid-19: les médecins généralistes prêts pour bientôt vacciner leurs patients

 

Le laboratoire doit livrer "550 000 doses" à la France ce mercredi 17 février, selon Pierre-Emmanuel Variot, pharmacien à Plombière-lès-Dijon (Côte d'Or) et président du syndicat USPO des pharmaciens en Bourgogne Franche-Comté. Un chiffre revu à la baisse par rapport aux 700 000 doses prévues. 

Tous les médecins concernés ? 

Sur la base du volontariat, les médecins généralistes doivent impérativement se déclarer auprès d’une seule pharmacie d’officine, de leur choix. Les médecins "volontaires" avaient jusqu'à mercredi soir pour se manifester auprès de leur pharmacie de référence, s'ils veulent recevoir un flacon de 10 doses du vaccin AstraZeneca la semaine prochaine. 

"Dans la pratique, chaque semaine, on a une fenêtre de commandes de flacons pour nos médecins généralistes. Il y a déjà un appairage entre un médecin et une pharmacie. Ce qui veut dire qu’un médecin ne peut aller chercher ses doses que dans une seule pharmacie," précise Pierre-Emmanuel Variot.

"Il faut s’inscrire auprès de son pharmacien sur un portail dédié et en faire la demande", explique Anne-Laure Bonis, présidente de la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) de Côte-d’Or et médecin généraliste à Dijon. "Aujourd’hui, ce mercredi 17 février au soir, c’est la date limite pour s’inscrire pour le flacon livré le 25 février. Et après, il y aura un autre créneau du 22 au 24 février pour la semaine du 1er mars et ainsi de suite." 

La DGS prévoit un système d’inscription similaire, entre le lundi et le mercredi, les prochaines semaines pour les accès aux prochaines livraisons. Pour les livraisons ultérieures, la DGS table sur une augmentation progressive. Il y aura ensuite une montée en puissance avec 1,1 million de doses disponibles début mars. 

Combien de doses par médecin ?

"Pour le moment, c'est un flacon par médecin", précise Pierre-Emmanuel Variot. "A partir de la semaine prochaine, cela pourrait être, un voir 2 ou 3 flacons par médecin."

"On aura doit qu’à un seul flacon le 24 février. Cela nous laisse le temps de mettre en place les choses" souligne Anne-Laure Bonis. Elle espère cependant que les médecins auront accès à plus de doses dans les semaines qui viennent. "Si on veut avoir une couverture maximale suffisante, il faut vacciner le maximum de personnes. On est limité par le nombre de doses."

D’après les recommandations édictées par la Direction générale de la santé (DGS) le 12 février, seul le vaccin d’AstraZeneca sera disponible en cabinet de ville, en raison de sa plus grande souplesse de stockage. Chaque médecin n'aura droit qu'à une dose contenant dix injections du vaccin. Les aiguilles et les seringues seront fournies. Les médecins n'auront cependant pas accès aux vaccins Pfize-BioNtech et Moderna pour leurs cabinets. 

Quel est le public ciblé ? 

Seront donc concernées les personnes âgées de 50 à 64 ans présentant au moins une comorbidité (obésité, hypertension artérielle, insuffisance cardiaque, insuffisance rénale chronique, etc.). La consultation prévaccinale se déroulera en même temps, et le médecin devra surveiller le patient au moins quinze minutes après l'injection afin de détecter la survenue d'une éventuelle réaction allergique (choc anaphylactique). L'Agence régionale de santé préconise aux patients de se tourner vers leur médecin traitant.

"Les médias ont fait le relais des effets secondaires type état grippal mais qui sont complètement contrôlables par la prise de paracétamol", explique Anne-Laure Bonis. "On nee peut pas généraliser les effets secondaires à toutes les personnes. On le sait, on prévient. On anticipe avec du paracétamol et cela se passe bien."

Quid des plus de 65 ans ?

La Haute Autorité de santé déconseille pour l'instant l'usage du vaccin AstraZeneca chez les plus de 65 ans. Pour les plus de 65 ans, ils doivent continuer à se tournver vers les centres de vaccination. 

Comment sont pris les rendez-vous ?

Les médecins ont prévu de joindre directement leurs patients qui remplissent ces critères pour fixer directement un rendez-vous. Pour l'instant, ce sont les médecins qui choisissent les patients éligibles et prioritaires. Le patient ne devra donc pas aller chercher le vaccin à la pharmacie, c'est le médecin qui fournira le vaccin. Une fois le flacon ouvert, la durée de conservation des 10 doses se raccourcit à 48 heures. Le vaccin peut aussi se maintenir 6 heures à température ambiante, mais en-dessous de 30 degrés.

"48h, c'est le temps que le produit sera encore efficace mais dès qu’on va percer le capuchon pour prévelever, on va potentiellement apporter des bactéries", précise Pierre-Emmanuel Variot. "Ce qui est fondamental, quand le médecin vient chercher ses doses, il doit avoir déjà ses dix rendez-vous de calés et avoir une réserve de quelques personnes s’il y a un patient qui est absent."

Deux possibilités s'offrent alors aux médecins pour la vaccination en cabinet. Ils pourront vacciner les dix personnes à la suite dans la même matinée ou alors, s'ils possèdent un frigidaire, ils auront deux jours pour organiser leurs rendez-vous.

Pour Anne-Laure Bonis, le choix est déjà fait. "On regroupe les rendez-vous car le flacon une fois ouvert à température ambiante, c’est six heures. Sur une plage de consultation du matin, toutes les vaccinations peuvent être réalisées", explique la médecin généraliste. "Si mes collègues n’ont pas de frigo, ils peuvent aller chercher leur flacons et faire les injections dans la foulée."

Les pharmaciens et les sages-femmes bientôt autorisés à vacciner ? 

La Haute Autorité de santé, en plus des médecins et des infirmiers, recommande aujourd’hui que les sages-femmes ainsi que les pharmaciens déjà formés à la vaccination puissent prescrire et administrer le vaccin AstraZeneca. Mais le ministère de la Santé n'a pas encore donné son feu vert, notamment pour les pharmaciens. Mais pour Pierre-Emmanuel Variot, "dans quinze jours, trois semaines, la première semaine de mars, cela devrait commencer à se décanter. Si on veut que la vaccination marche, il faut faciliter l’accès au vaccin et multiplier les points d’injection."

D'autant plus que selon Pierre-Emmanuel Variot, les pharmaciens disposent de la compétence, du matériel et du savoir-faire. "En plus de cela, on a des équipes où on a plusieurs personnes. Cela veut dire que pendant que moi je vais vacciner, mes équipes peuvent continuer à distribuer les médicaments. Quand on fait les tests antigéniques, on sait prendre des rendez-vous, on sait faire."

"N'oublions pas que l'on est encore dans la phase 4 sur chaque vaccin qui sort", rappelle Aurélien Vaillant, médecin généraliste à Seurre. "Cela veut dire que l'on continue à étudier comment cela se passe car il y a toute une responsabilité médico-légale encore présente. Mais une fois que l'on aura vacciné en masse et qu'il y a d'autres études qui viennent appuyer tout cela, oui c'est comme cela que ça va se passer. On ne pourra pas vacciner 66 millions de personnes, à nous seuls médecins généralistes."

Le gouvernement espère en tout cas pouvoir amplifier la campagne au fil des semaines et vacciner ensuite les moins de 65 ans sans facteurs de risque.

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