Grippe aviaire : face à un risque "élevé", les producteurs de volailles rejettent le confinement des volailles

Depuis une dizaine de jours, le Ministère de l'Agriculture a placé le risque de propagation de la grippe aviaire à un niveau "élevé". Les producteurs de volailles ont manifesté ce lundi matin 15 novembre sur le marché de Louhans.

Depuis le 5 novembre, le Ministre de l'Agriculture a placé l'ensemble du territoire métropolitain en risque « élevé », au regard de la progression rapide du virus de l’influenza aviaire en Europe. Des mesures de prévention renforcées s’appliquent afin de protéger les élevages de volailles. 

Une mise à l'abri des volailles qui ne passe pas

La première mesure dictée par le Ministère de l'Agriculture est la mise à l'abri des volailles des élevages commerciaux et la claustration ou mise sous filet des basses-cours. 

A l'appel de la Confédération Paysanne, une manifestation s'est déroulée ce lundi matin sur le marché de Louhans, un des plus grand marchés aux volailles au détail de France. 

Pour eux, pas question de confiner les animaux ! Sur ce point, le porte-parole national de la Confédération Paysanne, Nicolas Girod, déclare que : "Le Ministre a décrété que la France était en risque élevé en grippe aviaire, alors qu'il n'y a pas de cas en élevage encore. Il a voulu passer en risque élevé quand même, et avec ça, il y a tout un tas de mesures qui se mettent en place, dont la claustration des animaux. C'est-à-dire que les volailles sont obligées d'être rentrées en bâtiment, quel que soit le mode de production. Et ça, ça remet totalement en cause le système d'élevage paysan, le système de volaille plein air, qui n'est pas compatible avec l'élevage en bâtiment, à partir de maintenant et jusqu'au 15 mars, et c'est ce qui est mis sur la table aujourd'hui."

Même constat pour les consommateurs sur le marché, qui voient l'origine du poulet de Bresse dénaturé en cas de confinement : " Ceux qui sont enfermés, ce n'est pas des poulets de Bresse ! "

La filière de la volaille de Bresse s'organise

La volaille de Bresse ne souhaite pas suivre les recommandations ministérielles pour le moment. Les années précédentes, les élevages de moins de 3200 bêtes et la filière des poulets de Bresse ont pu bénéficier de dérogations aux mesures sanitaires. Pour la filière, Katy Molière, chargée de communication du CIVB (Comité Interprofessionnel de la Volaille de Bresse) rappelle : "On a un cahier des charges très strict qui nous oblige à mettre nos volailles à l'extérieur et en parc clos." 

Néanmoins, des discussions sont entamées avec les services de l'Etat "pour trouver un consensus entre notre cahier des charges et le confinement. On a des échanges très intéressants depuis un mois et demi, on a l'impression d'être entendus, on comprend qu'il n'y a pas que la filière volaille de Bresse en France, et qu'il faut écouter tous les éleveurs avicoles, mais on a bon espoir d'arriver à un consensus."

Dans quel contexte se propage l'épizootie d'influenza aviaire ?

Selon le Ministère de l'Agriculture, ce sont 130 cas ou foyers d’influenza aviaire qui ont été détectés depuis le début du mois d'août dans la faune sauvage ou dans des élevages en Europe, notamment au bord de la mer du Nord et de la mer Baltique, dont trois foyers dans des élevages allemands. "Dans le même temps, la claustration de tous les élevages professionnels a été décidée aux Pays-Bas à la suite de la détection d’un foyer dans un élevage de poules pondeuses. En Italie, six foyers ont été détectés dans des élevages de dindes de chair dans la région de Vérone depuis le 19 octobre."

Le Ministère met l'accent sur ce contexte et sur l'approche de la période migratoire à risque : "la France est en situation de forte vigilance. 3 basses-cours contaminées sont recensées dans les départements des Ardennes et de l’Aisne. Une première élévation du niveau de risque est intervenue le 10 septembre dernier conduisant à la mise en place d’un ensemble de mesures renforcées de biosécurité dans les communes classées à risque (zones à risque prioritaire et zones à risque de diffusion)."

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
grippe aviaire agriculture économie