Pesticides : les viticulteurs de Bourgogne “très inquiets” du projet d'arrêté

Illustration. / © Christian Watier/Collection Watier/Maxppp
Illustration. / © Christian Watier/Collection Watier/Maxppp

S'il devient interdit d'utiliser des pesticides à moins de 10 mètres d'habitations, les viticulteurs bourguignons estiment que 1 000 hectares de vignes seront touchés, représentant un chiffre d'affaires annuel de 40 millions d'euros.

Par M. F. avec AFP

Au dernier jour de la consultation publique sur les distances minimales entre habitations et zones d'épandage de pesticides, les viticulteurs bourguignons se disent ce vendredi 4 octobre "très inquiets et très mobilisés" contre un projet d'arrêté "aux conséquences économiques lourdes".

Dans l'hypothèse d'une distance de 10 mètres, "pour la Bourgogne, ce sont 1 000 hectares qui sautent si ce n'est plus possible de traiter", sur 30 000 hectares au total, a indiqué Thiébault Huber, président de la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne (CAVB).

Ces vignes situées à proximité des habitations sont "souvent des premiers crus et des grands crus", représentent "une valeur foncière d'un milliard d'euros" et génèrent "un chiffre d'affaires annuel de 40 millions d'euros", a ajouté le vigneron de Meursault.

"Loin de nous l'idée de traiter avec n'importe quel produit près des riverains" qui se trouvent être, le plus souvent, "nous-même, nos enfants, nos amis", a-t-il ajouté, craignant que l'arrêté ne prohibe jusqu'à l'utilisation du cuivre dans une région soumise à "une pression de maladie importante".
 
Pesticides : les viticulteurs de Bourgogne "très inquiets" du projet d'arrêté
S'il devient interdit d'utiliser des pesticides à moins de 10 mètres d'habitations, les viticulteurs bourguignons estiment que 1 000 hectares de vignes seront touchés, représentant un chiffre d'affaires annuel de 40 millions d'euros.

La filière viticole en Bourgogne a adopté en 2017 une charte – non contraignante – pour "interdire l'utilisation d'herbicides et des produits les plus toxiques et avoir un matériel respectueux des voisins", a encore rappelé Thiébault Huber, selon lequel "il faut retrouver du bon sens paysan".
 

Parler d'une zone de non-traitement pour nous c'est impensable. Il faut qu'on parle d'une zone de traitement adapté, qu'on puisse conserver ces vignes autour des habitations.


"L'État doit faire face à ses réalités. C'est lui qui donne les autorisations de mise sur le marché de ces produits, a rappelé le président de la CAVB. Il autorise à les vendre et aujourd'hui il est en train de nous dire qu'on n'a pas le droit de les utiliser. Il y a quelque chose qui ne va pas."
 

Entrée en vigueur prévue au 1er janvier

La CAVB organise lundi une rencontre avec les parlementaires bourguignons sur le sujet, selon son président, qui indique aussi se rendre mercredi à Paris au cabinet du Premier ministre.

La consultation publique sur les distances minimales entre habitations et zones d'épandage de pesticides, qui devait à l'origine prendre fin mardi, a été prolongée jusqu'à vendredi.

Le gouvernement avait lancé début septembre cette consultation sur un projet d'arrêté jugé minimaliste par les écologistes, qui prévoit de fixer à cinq ou dix mètres, selon les cultures, la distance minimale entre les habitations et les zones de pulvérisation des produits phytosanitaires chimiques.

La ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne a assuré mardi que le gouvernement tiendrait compte de cette consultation pour les textes qui doivent être publiés avant leur entrée en vigueur au 1er janvier, sauf dans les zones où une charte départementale aura été signée.
 

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