Reprise des cours en présentiel : des modalités difficiles à mettre en place pour l'Université de Bourgogne

L'Université de Bourgogne a dû agir dans l'urgence pour accueillir ses étudiants ce 8 février et n'est, pour l'heure, pas encore prête. Mais pour beaucoup d'élèves, la reprise des cours en présentiel est un soulagement.

L'Université de Bourgogne a dû changer les emplois du temps de chaque filière pour assurer la reprise.
L'Université de Bourgogne a dû changer les emplois du temps de chaque filière pour assurer la reprise. © Radio France/Maxppp

Les étudiants retrouvent les bancs des amphithéâtres. Depuis près d’un an, ils ont dû s’adapter aux conséquences de la crise sanitaire, privés de tout lien social et obligés de suivre leurs cours à distance. Mais depuis ce 8 février, les élèves ont l’autorisation de retourner à l’université un jour par semaine.

Une reprise souhaitée par le gouvernement et annoncée par Emmanuel Macron le 21 janvier dernier. Parmi les conditions exigées par l'exécutif : l'application des normes sanitaires en vigueur et de la distanciation sociale avec des cours qui ne doivent pas dépasser 50% de la capacité d'accueil des salles, mais aussi le respect d'un seuil de 20% des effectifs étudiants autorisés en cours. 

Des modalités que l'Université de Bourgogne a dû mettre en œuvre dans l'urgence. La direction affirme qu'elle ne sera pas totalement prête avant le mois de mars. "Il y a le texte et les informations données par le gouvernement. Dans les faits, tout n'est pas fait et calculé de la même manière. Mais toutes les mesures sanitaires sont mises en place avec la désinfection des salles, présence de gel hydro-alcoolique, le respect distaciaion sociale et des gestes barrière", assure Ambre Adamiak, étudiante en L3 sociologie et vice-présidente déléguée à la vie étudiante de l'Université de Bourgogne.

Pour garantir la reprise, l’institution a notamment dû revoir les emplois du temps de chacune de ses filières et fait le choix d'un retour progressif en cours. Seul moyen de répondre à la demande d'une partie des étudiants impatients de retourner à l'université.

Tout a été organisé avec les enseignants, avec des plannings qui ont été revus et remodelés selon une technicité assez complexe.

Ambre Adamiak, vice-présidente déléguée à la vie étudiante de l'université de Bourgogne

"La reprise en présentiel est effective depuis quelques temps pour les travaux pratiques, pour des composantes comme la biologie par exemple. Et depuis deux semaines (le 25 janvier, ndlr), on a des groupes de L1 qui sont de retour", avance Ambre Adamiak.

10% des effectifs présents ce lundi

Avec les vacances scolaires qui débuteront ce vendredi, l’effet du retour des étudiants devrait surtout se faire ressentir lors de la rentrée prochaine, le 22 février. Ainsi, ce lundi, 10% des effectifs étaient présents en cours à l’Université de Bourgogne, essentiellement pour des travaux dirigés organisés en petits groupes.

À noter que seuls les volontaires peuvent retrouver les bancs de la fac. "Il y a un format hybride pour les cours. Les étudiants à distance peuvent toujours les suivre depuis chez eux. Ce n’est pas obligatoire", explique Léana Mc Carthy, membre de la Fédération Étudiante de Bourgogne Inter-Associative (FEBIA) et élue au conseil d'administration de l'Université de Bourgogne.

D’autant plus que près de 50% des étudiants de la structure n’ont pas l’intention de retourner physiquement en classe. Il y a deux semaines, l'établissement a en effet fait parvenir à ses 18 000 élèves un questionnaire pour jauger leur volonté de revenir en cours. 50% étaient ainsi favorables à une reprise en présentiel. L’autre moitié préférait rester à distance.

"Il y a aussi des étudiants qui sont très bien dans ce contexte-là. Il y a ceux qui ont rendu leurs appartements et qui par manque de moyen financier préfèrent rester dans leur famille. Il y a ceux qui ont peur de tomber malade. Et il y a les étudiants aguerris qui font un travail de recherche et pour lesquels c’est un gain de temps de ne pas avoir à se déplacer sur les campus", analyse Ambre Adamiak.

84% des étudiants ont décroché dans leur formation

Mais pour la moitié des universitaires de Bourgogne, retourner en cours est une nécessité. D’après une enquête de l’IPSOS pour la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), 84% des étudiants ont affirmé après le premier confinement que la crise avait provoqué un décrochage dans leur formation. "Sur l’aspect pédagogique, c’est plus simple et agréable d’apprendre avec des personnes réelles, et pas derrière un écran avec toutes les distractions possibles et les bruits alentours", résume Léana Mc Carthy.

Pendant les cours à distance, les outils numériques peuvent planter. Alors qu’en présentiel, armés de notre stylo et nos feuilles, on peut moduler plus facilement. C’est rassurant.

Ambre Adamiak, vice-présidente déléguée à la vie étudiante de l'université de Bourgogne

Reprendre les cours en présentiel revêt aussi un réel aspect psychologique. "Ce qui est important, c’est la socialisation, particulièrement pour les nouveaux étudiants en L1, ceux qui débutent dans le monde universitaire. Ils ont besoin de ce contact pour se connaître entre camarades", avance Ambre Adamiak. 

Au-delà de la reprise des cours à l’université, les étudiants peuvent aussi compter sur la réouverture des restos U après 18h00. Une nouvelle annoncée par la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal ce 5 février. "Cela va dans la même idée d’accompagnement. On ne pouvait pas manger à l’intérieur. Certains étudiants devaient manger dehors, dans le froid ou dans leurs voitures. Maintenant, les restaurants peuvent ouvrir", raconte la membre de la FEBIA.

Un pas vers un retour à la normale, même si les associations étudiantes attendent encore des évolutions. "On essaye de développer le bien-être des étudiants. On soutient ces initiatives et le retour en présentiel. On espère que cela va pouvoir s’étendre à plus de 20% des élèves à l’avenir", affirme Léana Mc Carthy.

80 psychologues et 1 600 étudiants tuteurs devraient quant à eux être recrutés par les établissements universitaires sur l’ensemble du territoire, pour limiter les conséquences de la crise sanitaire.

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