"Certains policiers ont plus de 1000 heures supplémentaires non payées"

Publié le Mis à jour le
Écrit par Jérémy Chevreuil
Un groupe de CRS sur les Champs-Elysées lors de la manifestation des Gilets Jaunes le 8 décembre 2018
Un groupe de CRS sur les Champs-Elysées lors de la manifestation des Gilets Jaunes le 8 décembre 2018 © Chris Huby / Le Pictorium/MAXPPP

Les syndicats de police se mobilisent pour dénoncer la dégradation des conditions de travail et demander plus d'effectifs et de reconnaissance. Entretien avec Stéphane Ragonneau, délégué régional BFC d'Alliance Police, qui appelle à fermer les commissariats ce mercredi.

Que va-t-il se passer demain dans les commissariats de police ?

Notre mot d'ordre, c'est "commissariats morts". On ne traitera que l'urgence. Tout ce qui n'est pas urgent, ce sera pour le lendemain. Les simples patrouilles ne sortiront pas. On a le sentiment que c'était très attendu par les collègues.

Que demandez-vous ?

Nous voulons un Plan Marshall pour la police, avec un budget conséquent. Jeudi, le Parlement va voter un budget amputé de 65 millions pour la police. C'est inacceptable. Le manque de matériel est criant, le manque d'effectifs aussi, et le manque de reconnaissance évidemment. Certains policiers ont plus de 1000 heures supplémentaires non payées. Moi par exemple, j'en ai 1250. Des collègues peuvent partir en retraite un an plus tôt pour les récupérer. On estime qu'ils sont 10.000 à la maison avant la retraite, et ils ne sont pas remplacés puisqu'ils sont officiellement toujours en activité.

Où en est la mise en place de la police du quotidien, chère à Emmanuel Macron ?

Vous savez, on nous change d'écusson et on nous demande de faire comme d'habitude. A Besançon, le directeur départemental attendait 20 personnes supplémentaires pour la police du quotidien à Planoise. Il en a reçu deux. On se fout de la gueule du monde. A Sens, les policiers n'ont pratiquement pas de casque, pas de jambière. On achète nous-mêmes nos protections. Ce n'est plus possible.

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