Coronavirus Covid-19 : appels au 17, le confinement augmente la tentation de délation

Depuis 3 semaines, les appels au 17 ont changé de nature. Le confinement est désormais la raison d’une grande partie des appels reçus par la police et la gendarmerie.
 

© Frederik Giltay / France 3 Nord Pas-de-Calais
On doit aller faire nos courses et on est trois dans la voiture est-ce qu’on peut ?
Je dois aller couper un arbre au bord d’un étang qui m’appartient est-ce que j’ai le droit d’y aller ?
Ce genre de questions, c’est le motif le plus courant des appels que reçoivent actuellement les forces de l’ordre.

Une gendarme d’une brigade de Côte-d’Or confie :

On reçoit énormément d’appels de personnes qui se renseignent pour savoir ce qui est légal ou ce qui ne l’est pas.
Particulièrement le lendemain de l’annonce du confinement, de même que celui de l’annonce du prolongement et du durcissement des règles. Là, les coups de fils s’enchainaient presque les uns derrière les autres. 

 

Des appels pour dénoncer les entorses au confinement

Mais d’autres appellent non pas pour se renseigner mais plutôt pour…. renseigner.
© Image par truthseeker08 de Pixabay

Les commissariats et gendarmeries reçoivent des appels anonymes pour dénoncer des infractions au confinement.

Un policier d’un commissariat de Côte-d’Or  indique :

Avec les collègues, on a été un peu surpris de recevoir ce genre d’appels
On a ri entre nous en se disant qu’heureusement on est pas en 1941. Le plus souvent ce sont des gens qui nous signalent que depuis leurs fenêtres, ils voient des gens qui discutent devant chez eux ou des passants qui n’ont rien à faire là.

Sinon il y a aussi ceux qui nous rapportent que leurs voisins reçoivent d’autres personnes. Généralement, on ne tient pas compte de ces appels lorsqu’on les reçoit, les patrouilles sont déjà trop occupées par les activités normales.
Bien sûr si on nous parle d’une personne qui fait un barbecue avec une dizaine d’autres, là on va se déplacer. Mais on ne le fera pas pour un voisin qui reçoit un ami.

 

La délation : une pratique minoritaire mais qui peut être gênante

Si un commissariat ou une brigade de gendarmerie ont pu recevoir ce genre d’appels en nombre, globalement le phénomène reste marginal.
Les appels pour délation restent largement minoritaires au 17.

Et c’est tant mieux pour le bon fonctionnement des services de secours comme nous l’explique un policier de Saône-et-Loire :

Les personnes qui nous appellent sont peut-être anxieuses de la propagation de la maladie et pensent peut-être bien faire.
Mais en fait ces appels sont pour nous plutôt embêtants. On craint que si il y en a trop, cela encombre la ligne du 17 et que notre temps de réponse soit plus long pour des choses plus graves.


Et des choses graves ils s’en passent même en période de confinement

Si les vols et dégradations sont en forte baisse depuis 3 semaines d’autres sujets inquiètent.

Les forces de police et de gendarmerie enregistrent une hausse des différents de voisinage et surtout des violences intrafamiliales.
Ces dernières sont, hors le respect du confinement, la première raison d’inquiétude.
Le nombre de signalements pour ces violences à l’intérieur des foyers est en augmentation depuis le début du confinement.
© Image par Tumisu de Pixabay


 
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