Coronavirus : "j'ai respecté 10 jours c'est déjà pas mal", le confinement de moins en moins respecté

Du monde dans les rues, des sorties qui dépassent le cadre autorisé, des attestations oubliées... Après sept semaines de confinement, un certain relâchement se fait sentir. De son côté la police veille... quand c'est possible !
© France 3 Bourgogne
"Il me semble observer un petit relâchement et ce n'est pas bon parce que si ça se prolonge en phase de sortie de confinement, si on ne respecte par les gestes barrières (...), on risquera la rechute." Ces mots sont ceux de Jean Castex, "monsieur déconfinement" du gouvernement. Comme bon nombre de Français, l'élu "observe" cette tendance depuis quelques jours. 

"Bien sûr qu'il y a un relâchement"


Il suffit de passer du temps sur les réseaux sociaux pour s'apercevoir que les libertés prises ne manquent pas. Et qu'elles sont assumées, presque revendiquées. Outre les messages politisés, de nombreux internautes clament surtout leur ras-le-bol. Après sept semaines, certains estiment avoir atteint leurs limites. « J'ai respecté 10 jours le confinement, c'est déjà pas mal, plus je peux pas, j'aime vivre... » peut-on, par exemple, lire sur Facebook. Chez d'autres, c'est encore plus assumé : " Je me suis déconfiné tout seul comme un grand! Je ne remplis pas d'attestation. Je ne suis ni un esclave, ni un enfant." 

 
"Bien sûr qu'il y a un relâchement. Les gens en ont ras-le-bol d'être confinés, ils expriment une certaine forme de lassitude". S'il a un avis aussi tranché sur la question, c'est que ce policier est dans la rue tous les jours. Ce relâchement que beaucoup constatent, il le voit s'accroître depuis quelques jours. Selon lui, la reprise progressive du travail sur site contribue également à généraliser ces pratiques. "Certains en profitent pour passer plus de temps dehors. Ils ne contentent pas d'aller travailler puis de rentrer chez eux."

Pourtant, dans les faits les services de police ne notent pas une « explosion » des procès-verbaux dressés pour non-respect du confinement. Certes, il en est dressé tous les jours, mais les chiffres sont stables. Les patrouilles continuent leur travail et les effectifs sur le terrain demeurent inchangés depuis le début.

En Saône-et-Loire par exemple, la préfecture déclare près de 121 300 personnes contrôlées par les forces de l'ordre. En dépit des incivilités observées, le même policier nous précise que les contrôles se passent généralement bien face à des citoyens compréhensifs. Bien que certains usent d'idées pour contourner les règles. "On remarque un nombre de personnes qui ont leur attestation remplie correctement, mais qui dépassent le cadre. Certains notent qu'ils font une sortie rapide pour aller faire des courses et sont arrêtés 3 heures après leur sortie. Certes il y a des produits dans la voiture mais bon..."  
 

Dans les quartiers "sensibles", peu de patrouilles

Ce policier l’assure, depuis le début du confinement rares sont les patrouilles dans les quartiers dits sensibles. Les contrôles liés au confinement y sont presque inexistants. « On nous dit de ne pas y aller pour ne pas rallumer la flamme (sic) pourtant il y a certains endroits où le confinement n’est pas respecté. » Bien loin d’un traitement de faveur, ces mesures de précaution visent à éviter d'éventuels débordements tels qu'il y en a eu par le passé dans ces mêmes quartiers. Des décisions qui suscite également l’incompréhension. « Quand on intervient en ville, certaines personnes nous demandent pourquoi on est plus présent ici que dans les banlieues. Cela nous pose un cas de conscience ».

 
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