Coronavirus Covid-19 : une surmortalité importante, mais qui n’est pas inédite en Bourgogne-Franche-Comté

Selon une étude de l'Insee parue le 7 juillet, la crise sanitaire du coronavirus a entraîné un excédent de 1 400 décès dans notre région. C'est moins par exemple que la grippe de l'hiver 2016-2017, qui avait entraîné 1 500 décès supplémentaires, mais sur une période plus longue.

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Archives. © JC TARDIVON / MAXPPP
L'épidémie de coronavirus a entraîné une hausse de la mortalité en Bourgogne-Franche-Comté. À partir des données de l'état civil, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a comptabilisé un excédent de 1 400 décès entre la mi-mars et la fin avril. 

Il faut noter que l'Insee ne connaît pas les causes des décès. Son bilan inclut donc toutes les causes de décès confondues. "Les décès sont comptabilisés dans la commune de résidence du défunt et non au lieu de décès", précise l'institut dans son étude parue le 7 juillet 2020.
 

Au total, entre le 11 mars et le 26 avril, 5 350 décès se sont produits dans la région, 36 % de plus qu’en moyenne ces cinq dernières années sur la même période. Cela représente un excédent de 1 400 décès, lié en partie à la pandémie de Covid-19.

Insee

 

Pic de décès au 6 avril

Le nombre de décès a commencé à dépasser la moyenne dès la mi-mars en Bourgogne-Franche-Comté. Le pic sera atteint le 6 avril. La courbe retrouve des niveaux habituels à partir de la fin avril, alors que le déconfinement se profile.
 


Tous les départements n'ont pas été touchés avec la même intensité par la surmortalité. "L’épidémie s’est en effet propagée à partir de foyers locaux, aidée en cela par les déplacements des personnes", note l'étude.

"Le foyer de Mulhouse dans le département du Haut-Rhin a ainsi essaimé dans les départements proches comme ceux du Territoire de Belfort, du Doubs ou de la Haute-Saône. Outre les flux de personnes, la propagation du virus en Côte-d'Or est également liée à l'arrivée de personnes en provenance de l'Oise parmi les premiers cas d'infection."

"Au total, entre le 11 mars et le 26 avril, le nombre de décès dépasse nettement le niveau moyen de ces dernières années. Le Territoire de Belfort enregistre alors un surcroît de mortalité de 85 %. Cet excédent est de 67 % dans le Doubs et dépasse 45 % en Côte-d’Or et en Haute-Saône"
 


Si on va un cran plus loin que l'échelle départementale, on constate que la surmortalité s'est même concentrée dans quelques intercommunalités situées sur un axe entre Belfort et Dijon.
 

Une surmortalité surtout concentrée autour de l’axe Mulhouse-Dijon
Une surmortalité surtout concentrée autour de l’axe Mulhouse-Dijon © Insee

 

Plusieurs épisodes de surmortalité dans l'histoire

La surmortalité constatée pendant la crise du coronavirus dans notre région est donc importante. Pourtant, elle n'est pas inédite. "Au cours des cinquante dernières années, la France a traversé plusieurs crises sanitaires qui ont parfois davantage marqué la mortalité que celle de 2020", précise l'Insee. Mais c'est la première fois qu'un confinement général de la population est décidé. On peut penser que celui-ci a permis d'éviter de nombreux décès supplémentaires.

Elle rappelle notamment l'épisode de la grippe dite de Hong-Kong qui a touché la France et la Bourgogne-Franche-Comté au cours de l'hiver 1969-1970. "Entre le 3 décembre 1969 et le 14 janvier 1970, la région enregistre un excédent de 1 600 décès, soit 41 % de plus que la moyenne des cinq années environnantes." Aucun confinement général n'avait été alors décidé pour freiner l'épidémie.
 
Nombre de décès quotidiens en Bourgogne-Franche-Comté du 1ᵉʳ janvier au 31 décembre sur quelques années.
Nombre de décès quotidiens en Bourgogne-Franche-Comté du 1ᵉʳ janvier au 31 décembre sur quelques années. © Insee

La canicule de 2003 a elle abouti à 900 décès supplémentaires en un mois, du 31 juillet au 29 août, soit une période plus courte que la crise sanitaire du Covid-19. C'est "43 % de plus que la moyenne des cinq années précédentes sur la même période".

Les grippes saisonnières ont aussi engendré une hausse importante des décès. On enregistre ainsi 1 500 décès supplémentaires du 3 décembre 2016 au 9 février 2017, "soit 25 % de plus que la moyenne des cinq années précédentes sur la même période". En 2018, une grippe tardive sera à l'origine entre le 15 février et le 23 avril d'un excès de 13 % des décès.
 

Des classes d'âge différentes touchées

Ces différents épisodes n'ont pas touché les mêmes classes d'âge. Pendant la crise du coronavirus, le nombre de décès de personnes âgées de 85 ans et plus augmente de 48 % entre le 11 mars et le 26 avril par rapport à la moyenne des cinq dernières années sur la même période.

"Les 65-74 ans et les 75-84 ans ne sont cependant pas épargnées avec des surmortalités respectives de 40 % et de 35 %. À l’inverse, les autres personnes sont très peu concernées, voire pas du tout, par l’excédent de mortalité du printemps 2020."

Les grippes saisonnières ont également touché le plus fortement les personnes âgées de 85 ans et plus. Mais en 2003, la canicule avait fait augmenter les décès dès l'âge de 75 ans.

La grippe dite de Hong-Kong touchait en majorité une classe d'âge plus basse : celle des 55-64 ans, dont les décès ont augmenté de 70 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
 
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