Aéroport de Dole-Tavaux : "c'est un gouffre, on ne peut pas continuer à le financer" pour Europe Ecologie les Verts

Jeudi 11 avril, en marge de la séance plénière qui se tenait au Conseil Régional de Bourgogne-Franche-Comté à Dijon, les élus EELV de Bourgogne et de Franche-Comté ont manifesté devant le bâtiment du Conseil régional. Ils ont dénoncé "le gouffre" représenté par le coût de l'aéroport de Dole-Tavaux.

Ils se sont rassemblés, avec quelques accessoires pour faire passer leur message : une planète terre et un avion gonflable, et des slogans hostiles à la poursuite du financement du fonctionnement de l'aéroport de Dole-Tavaux.

"Aéroport obsolète condamné" - "L'avion nuit gravement au climat"

Les slogans portés par les élus EELV fustigent les dépenses accumulées pour le fonctionnement de l'aéroport de Dole-Tavaux.

Le 8 mars dernier, une délégation s'est rendue à l'aéroport, pour formaliser une aide au département du Jura pour la gestion et le développement de cette infrastructure. La délégation était composée du Président de la métropole de Dijon Fraçois Rebsamen, du président du Conseil Départemental de la Côte-d’Or, François Sauvadet, du président du Conseil Départemental de la Sâone-et-Loire, André Accary, et du Président de la communauté d'agglomération du Grand Dole, Jean-Pascal Fichère.

Les manifestants ont détourné les noms de ces intervenants de façon humoristique pour cette manifestation. 

Dominique Cornet, secrétaire général des Ecologistes de Bourgogne, parle de l'action du jour : "on veut faire une action humoristique pour rappeler le gouffre qu'est cet aéroport et les conséquences négatives sur le climat."

Le 8 mars dernier, les élus avaient soulevé la question de l'enclavement de la région. Dominique Cornet répond : "il y a d'autres solutions qu'il faut développer sur le transport en commun, il y a d'autres aéroports qui sont accessibles. Le problème, c'est que cet aéroport n'est pas rentable, on ne peut pas continuer à financer ce type d'outil."

Mais l'aéroport demeure utilisé et sa localisation le rend pratique aux habitants de la Région. Dominique Cornet est catégorique : "ça plaît aux gens, ce n'est pas une raison, il y a beaucoup de choses qui plaisent aux gens mais qui s'avèrent négatives, nocives. On ne veut pas s'obstiner indéfiniment sur ce type d'outil."

En séance plénière du Conseil Régional, Marie-Guite Dufay va proposer le retrait de la subvention aéroportuaire à cet aéroport, soulevant la question du peu de retombées économiques qu'il apporte pour la région. 

Une orientation importante, saluée par les élus écologistes : "Mme Dufay défend ce qu'on demande, c'est une très bonne chose, on ne peut pas cibler des investissements sur ce type d'outil, il vaut mieux les mettre par exemple sur les transports en commun."

"ça nous paraît déraisonnable de tenir à bout de bras cet aéroport" 

Pour la secrétaire régionale de Europe-Ecologie-Les Verts de Franche-Comté, Dominique Voynet, c'est le même constat. Les Ecologistes annoncent que "la renaissance de l'aéroport de Dijon-Longvic a coûté 25 millions d'euros, la survie de Dole-Tavaux a déjà englouti 38 millions d'euros depuis 2008."

La question du financement est essentielle pour Dominique Voynet : "il y a un mois, de grands élus ont manifesté à Tavaux pour apporter leur soutien, ils se sont bien gardés de parler d'argent. Depuis quelques années, on compte en dizaines de millions d'euros les sommes qui ont été déposées à perte. Des vols low-cost, exécutés par une compagnie aérienne à bas coût qui exploite ses salariés. Alors que les collectivités se plaignent de ne plus avoir les moyens de leurs compétences obligatoires, l'aide sociale à l'enfance, l'entretien des routes, la lutte contre l'incendie etc , ça nous paraît complètement déraisonnable d'entretenir et de tenir à bout de bras cet aéroport."

Le "désenclavement de Dijon" fustigé

La secrétaire régionale d'EELV Franche-Comté critique le terme de désenclavement avancé par les élus le 8 mars dernier : "On va nous dire que certains l'utilisent, ils seraient bêtes de ne pas l'utiliser, parce qu'il est là. Mais ils sont trop peu nombreux pour le rendre rentable, il faut quand même dire que les phrases ridicules qui ont été prononcées par certains grands élus, qui osent parler de 'désenclavement' de Dijon - Dijon qui est à 1h30 de Paris par TGV, qui est un noeud autoroutier, qui est à moins de 2 heures de 3 aéroports internationaux - franchement Dijon n'est pas enclavée."

Le changement climatique au coeur des enjeux écologistes

Dominique Voynet rappelle le combat mené par les écologistes : "On souhaite travailler pour desservir les zones les plus isolées de notre territoire, dans le Haut-Doubs, dans le Haut-Jura. L'heure, c'est le changement climatique. On n'a qu'une planète".

Les écologistes soutiennent donc la mesure proposée par la présidente de Région de désengagement de la subvention : "Pensons un projet pour la requalification de cet aéroport, la Région a raison. Vous serez peut-être étonnés de voir que les écologistes soutiennent Marie-Guite Dufay dans cette affaire, on aurait aimé qu'on puisse aller encore plus loin sur le plan aéroportuaire, mais c'est déjà un beau premier pas, elle est courageuse."