Dijon : 15 interpellations et plusieurs centaines de manifestants pour dénoncer la loi Sécurité globale

Plusieurs centaines de Dijonnais se sont rassemblés devant la préfecture ce mardi 24 novembre, pour protester contre le projet de loi Sécurité globale, adopté à l'Assemblé nationale. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. 
La loi Sécurité globale pourrait interdire la diffusion "malveillante" d'images de policiers
La loi Sécurité globale pourrait interdire la diffusion "malveillante" d'images de policiers © Guillaume Gosalbes / France 3 Bourgogne-Franche-Comté
Ils dénoncent une loi qui va à l'encontre de la démocratie. Plusieurs centaines de Dijonnais se sont rassemblés devant la préfecture de la ville, mardi 24 novembre dès 18h, pour protester contre le projet de loi Sécurité globale qui prévoit de pénaliser la diffusion d'images de forces de l'ordre, si elles leur portent atteinte.

A l'origine de cette manifestation, de nombreuses associations dont la Ligue des droits de l'Homme et Amnesty international qui souhaitent "défendre la liberté d'informer".
Les Dijonnais se sont réunis malgré le froid.
Les Dijonnais se sont réunis malgré le froid. © Guillaume Gosalbes / France 3 Bourgogne Franche-Comté
"Avec cette loi l'affaire Benalla n'aurait jamais pu exploser par exemple, et la diffusion des vidéos de violences policières n'aurait pas été possible. C'est vraiment inquiétant pour la suite", explique Marine, 42 ans, quand on lui demande la raison de sa présence à ce rassemblement. "Je suis venu ce soir parce qu'il n'est pas normal de nous enlever ce droit, comme il n'est pas normal de chercher à restreindre les journalistes dans leur travail", affirme Paul, 33 ans.
 

"J'ai halluciné ! Avec cette loi, on n'aurait jamais eu ces images, c'est ca ?".

Lucie, 19 ans



Pour Lucie, 19 ans, ce sont les images du démantèlement violent d'un camp de migrants à Paris, place de la République, mardi 24 novembre, qui l'ont convaincue de venir : "J'ai halluciné ! Avec cette loi, on n'aurait jamais eu ces images, c'est ca ?".

"Clairement, ce sont non seulement les journalistes, reporteurs-photo, reporteurs d’images, documentaristes, membres d’observatoires citoyens qui sont visés, mais aussi quiconque, qui avec son téléphone portable prendra des photos, notamment lors de manifestations ou mouvements sociaux", dénoncaient les organisateurs dans un communiqué publié avant la manifestation.
 
 

15 interpellations

Selon la préfecture, les forces de police ont essuyé des tirs de la part de manifestants après que ceux-ci ont engagé "une déambulation non autorisée". "Après 3 sommations et des tirs de mortier contre les forces de police, usage de la force pour disperser les manifestants", a également communiqué la préfecture sur son compte Twitter. Une quinzaine d'interpellations ont eu lieu selon la préfecture. Quelques poubelles ont été brulées. 
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