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Enfants surdoués : comment faire pour que l’école ne soit pas une galère ?

Comment repérer un enfant intellectuellement précoce et l’aider à vivre le mieux possible sa scolarité ? Isabelle Dausse responsable de l’antenne de Côte-d’Or de l’AFEP (association française pour les enfants précoces) répond à nos questions.
 

Par Fatima Larbi

Surdoués, enfants intellectuellement précoces (EIP), enfants à haut potentiel (EHP) sont des termes derrière lesquels se trouvent des enfants atypiques qui peuvent être en souffrance à l’école.
Ils ont un Quotient intellectuel (QI) supérieur ou égal à 130 alors que la moyenne se situe entre 70 et 130.

En France, 2,3 % des enfants scolarisés sont concernés, soit environ 200 000.

Les parents d’enfants précoces peuvent trouver un soutien auprès d’associations comme l’AFEP (association française pour les enfants précoces). Isabelle Dausse, responsable de l’antenne de Côte-d’Or, organise des réunions d’information, des formations, des conférences et des cafés-débats qui aident les familles à mieux comprendre la particularité de la précocité intellectuelle de leurs enfants.

Elle est l’invitée de l’émission Ensemble c’est mieux ! du jeudi 7 février 2019.

Les parents qui viennent nous voir sont souvent épuisés. Ils sont contents de venir nous voir, d’échanger et de se rendre compte qu’ils ne sont pas les seuls à vivre cette situation.  Isabelle Dausse

►Qu’est-ce qu’un enfant à haut potentiel ?


Il ne suffit pas d’être doué, ou même brillant, pour être diagnostiqué intellectuellement précoce.
© Pixabay
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Il ne faut pas s’y tromper, avoir un enfant à haut potentiel ne veut pas forcément dire avoir un génie en herbe ou un Einstein à la maison.

L’enfant "surdoué" réfléchit ou agit différemment de ses camarades. La différence n’est pas quantitative mais qualitative.

Le cerveau d’un EHP traite les informations plus vite, en arborescence, contrairement aux autres enfants qui le font de façon linéaire. On sait aussi que ces enfants précoces utilisent davantage la partie gauche de leur cerveau, ce qui leur donne une intelligence plus intuitive que raisonnée.

Ce sont aussi, très souvent, des enfants avec une hypersensibilité exacerbée.

Certains signes, éveil supérieur à la moyenne, langage précoce, rapidité d’apprentissage, mémoire efficiente... peuvent éveiller les questionnements des adultes. Mais seul le passage de tests chez un spécialiste reconnu peut poser le diagnostic. Cela peut être un psychologue, un neuropsychologue, un pédopsychiatre…
 

►Les enfants à haut potentiel et l’école ?

 
La majorité des enfants à haut potentiel ont une scolarité sans problèmes et s’adaptent facilement aux apprentissages. Dans ce cas, le dépistage n’est pas indispensable.

Cependant, même si c’est difficile à concevoir, pour un tiers de ces enfants l’école est un problème. Elle peut même devenir une véritable souffrance. Ils ne comprennent pas ce que l’école attend d’eux, n’arrivent pas à se lier à leurs camarades, s’ennuient ou ne travaillent pas.

Certains enfants développent de véritables phobies scolaires, d’autres des troubles psychologiques qui peuvent être graves.

Face à ces comportements, les parents et les enseignants sont souvent perdus, d’où l’importance de poser un diagnostic. Car comment associer haut potentiel et difficultés scolaires ?

Mon enfant a développé une phobie scolaire en 6e. Il souffrait d’un profond mal être et avait même des idées suicidaires. C’est ce qui nous a fait faire un diagnostic. Isabelle Dausse 


Devant un enfant à haut potentiel qui connaît des difficultés scolaires, les parents sont souvent démunis.

C’est fatigant au quotidien, nous sommes dans un grand stress par rapport à l’école. Isabelle Dausse


Quant aux enseignants, même s’ils repèrent facilement un comportement inadapté chez un enfant, ils ne sont pas formés à reconnaître un enfant intellectuellement précoce. Leur formation initiale ne le prévoit pas.
© Pixabay
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Bien que l’échec scolaire ne soit pas synonyme de haut potentiel, les difficultés d’un enfant en classe, associées à certains signes de précocité intellectuelle, doivent inciter les parents et les enseignants à se poser la question.
 

►Que faire en cas de difficultés à l’école ?


Depuis 2013, le ministère de l’Education nationale sensibilise les enseignants à la scolarisation des enfants intellectuellement précoces.

Dans chaque académie, des référents EIP ont été mis en place.

Une attention particulière devra être accordée aux élèves intellectuellement précoces (EIP), pour qu'ils puissent également être scolarisés en milieu ordinaire. À cet effet, dès la rentrée 2013, chaque enseignant accueillant dans sa classe un élève intellectuellement précoce aura à sa disposition sur Éduscol un module de formation à cette problématique. Ministère de l’Éducation nationale, circulaire du 11 avril 2013


Une fois l’enfant repéré, seul le diagnostic d’un professionnel permet de mettre en place un dispositif pour accompagner les EIP à l’école. 
© Pixabay
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Le diagnostic de précocité est remis au médecin scolaire par les parents ou le responsable de l’établissement scolaire. Un plan d’accompagnement personnalisé (PAP) ou un programme personnalisé de réussite éducative (PPRE) sera ensuite activé par l’équipe éducative, après validation des parents.

C'est après cela, qu'un certain nombre de mesures pourront être préconisées. Certains enfants sauteront une classe, d’autres bénéficieront d’un suivi psychologique ou de rendez-vous chez l’orthoptiste ou l’orthophoniste…

Un suivi qui demande aux enseignants un important investissement personnel.

Malgré les difficultés que rencontrent ces enfants, l’AFEP ne milite pas pour des classes réservée aux EHP.  Au contraire, l’association prône une école inclusive, où chacun, quelle que soit sa spécificité, trouve sa place et où l’Éducation nationale donne des moyens pour accueillir tout le monde.


 

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