Galette des rois : la réaction des boulangers aux mesures annoncées d'aide aux TPE

En dimanche 8 janvier où nombreux sont ceux qui ont fêté l'Epiphanie, nous avons voulu savoir ce que pensent les artisans boulangers-pâtissiers des mesures d'aide annoncée vendredi par le gouvernement pour alléger les factures énergétiques trop élevées.

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Le gouvernement tente d’enrayer les effets de la hausse des prix de l’énergie sur les Très Petites Entreprises. Jeudi 5 janvier, à l'occasion de la traditionnelle cérémonie de la galette de l'Elysée, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’un "bouclier tarifaire" pour les boulangers-pâtissiers, limitant le prix du mégawattheure (MWh) à 280 € en moyenne et des éventuels reports de charges pour les artisans ou commerçants en difficulté. 

Le bouclier tarifaire, "une bonne nouvelle", mais les prix augmentent malgré tout

Devant chaque boulangerie proposant des galettes ce dimanche 8 janvier, des files d'attente. Les clients n'ont pas boudé leur plaisir, malgré l'augmentation des prix. Il faut compter maintenant entre 20 et 28 euros pour une galette pour 6 personnes.

Une cliente se montre compréhensive : "S'ils achètent leurs matières premières plus chères, forcément ils doivent augmenter les prix, ça me paraît logique il faut aussi préserver leur salaire." Le plaisir de la galette oui, mais pas à n'importe quel prix, comme l'atteste un client dans une file d'attente à l'extérieur : "Si la galette est à 30 euros, je ne vais pas prendre de galette, on s'en passera !"

David Nogueira, président de l’Union des artisans Boulangers-pâtissiers de Côte-d’Or, donne l'explication de cette augmentation : "Le prix des galettes a augmenté, on est entre 3,30€ et 3,50€ la part. C'est normal vu la hausse des prix des matières premières."

À cela s'ajoute l'augmentation des tarifs de l'énergie, que subissent de plein fouet les boulangers-pâtissiers, mais aussi les TPE. Le gouvernement a annoncé un bouclier tarifaire de 280 euros par Mégawatt/heure, "une bonne nouvelle", selon David Nogueira. Ce dernier explique bénéficier du tarif conventionné et commente : "J'ai la facture de novembre et de décembre, j'ai pris X 4, mais avec la mesure du gouvernement, ça va le faire." 

De quoi s'agit-il ?

La mesure de "bouclier tarifaire" est corrective et ne concerne que les entreprises qui ont renouvelé leur contrat entre le 1er juillet et le 31 décembre. La révision tarifaire porte sur l'année 2023, sans effet rétroactif sur les factures de 2022. 

Le tarif moyen garanti sur l'année 2023 est dans la ligne d'un prix de référence publié par la Commission de régulation de l'énergie (CRE). Il est à comparer aux prix de gros sur le marché français de l'électricité : les contrats pour livraison dans un an se négociaient vendredi autour de 225 euros par mégawattheure. Il ne concerne que les contrats de fourniture d'électricité, ceux de gaz étant ciblés par des dispositifs d'aide déjà existants (tarif régulé, guichet d'aide...)

Comment fait-on pour en bénéficier ?

Pour bénéficier du tarif garanti, les entrepreneurs devront récupérer un formulaire sur le site des impôts ou celui de leur fournisseur d'électricité, et cocher deux cases signalant d'une part qu'ils dirigent bien une TPE (moins de 10 salariés et moins de deux millions d'euros de chiffre d'affaires) et d'autre part qu'ils souhaitent bénéficier de cette aide ouverte jusqu'au 31 décembre 2023. 

Comment les professionnels ont-ils accueilli la nouvelle ?

Si les boulangers pâtissiers retrouvent le sourire, les chefs d'entreprise des petites PME non concernées par le dispositif craignent une distorsion de concurrence entre eux et les TPE. C'est ce qu'a affirmé Jean-Eudes du Mesnil, secrétaire général de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) samedi à l'AFP.

D'autre part, le Président du principal syndicat patronal de l'hôtellerie-restauration, l'Umih, le chef Thierry Marx a pour sa part affirmé que "cette avancée ne prend pas en compte l'ensemble de nos établissements". Il réclame à ce que tous "les restaurants et tous nos hôtels puissent bénéficier de ce tarif encadré", a-t-il écrit dans une lettre ouverte au ministre de l'Economie Bruno Le Maire publiée vendredi soir sur le site internet du quotidien Le Parisien.
Le chef se "félicite" tout de même du prix garanti annoncé vendredi.

Les PME ont déjà accès à des aides pour faire face à la récente flambée des prix de l'énergie, à l'instar de l'amortisseur électricité, mais ces mesures ne couvrent qu'une partie du surcoût.