Grève des “Atsem“ : ”il y a un mal-être général”

Les Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) appellent à la grève, ce mercredi, alors que les syndicats rendent un rapport au Conseil Supérieur de la Fonction Publique. Objectif? Améliorer leurs conditions de travail. A Dijon, deux rassemblements sont prévus. 

Par Juliette Duclos

"Il était une p’tite atsem, pirouette cacahuète, il était p’tite atsem, qui pratique mul-tiples fonctions, qui pratique multiples fonctions, on lui a tant rajouté, pirouette cacahuète, on lui a tant rajouté, qu’elle est complè-tement usée". Sur l’air de la chanson enfantine, et en gilets jaunes, les "Atsem" (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) sont bien décidés à faire entendre leurs revendications, mercredi 14 décembre 2016. A Dijon, ceux et celles que l’on nomme également "aides maternelles" appellent à se retrouver à midi, à deux lieux de rendez-vous distincts : devant l’école élémentaire Nord, sur la place de la République, et devant l’école maternelle Darcy, située boulevard de Sévigné.

Les "Atsem" porteront un gilet jaune à Dijon pour la grève du 14 décembre 2016 / © Sev HB
Les "Atsem" porteront un gilet jaune à Dijon pour la grève du 14 décembre 2016 / © Sev HB



"On est de plus en plus sollicité"


"Pourquoi je vais manifester ? Parce que cela ne peut plus continuer comme ça, on est usé". Contactée par France 3 Bourgogne, Florence M. confie sa fatigue : "on a des journées de 9 heures non-stop". Le matin, Florence arrive à l’école maternelle, "je m’occupe alors d'ateliers dans trois classes différentes". A l’heure de midi, l’aide maternelle de 49 ans part chercher les enfants en primaire dans un autre bâtiment pour les emmener à la cantine, puis elle surveille le temps du déjeuner. Après le repas, Florence retourne en atelier. Et quand la classe se termine, cette "Atsem" depuis 16 ans prend en charge les enfants, pour le "TAP", le temps d’activité périscolaire, mis en place depuis la réforme des rythmes scolaires de 2013.

Et contrairement aux professeurs des écoles, on est titulaire de notre grade et pas de notre poste, on peut nous mettre dehors à tout moment, on n'est pas à l’abri.


"C’est un métier difficile, on est de plus en plus sollicité, sans qu’il n’y ait de reconnaissance en échange", explique Florence, dans un soupir. Car pour les "Atsem", depuis la création de leur statut en 1992, de nouvelles missions leur ont été attribuées sans que cela soit pris en compte et sans que leur métier soit valorisé. Conséquence ? "Il y a un véritable mal-être dans la profession", lâche-t-elle. Alors, mercredi, les agents territoriaux militent pour de meilleures conditions de travail, avec pour objectif: "la présence d’un Atsem par classe, la reconnaissance de la pénibilité du travail et permettre une évolution de carrière avec la possibilité de pouvoir monter en échelon (soit de catégorie C en catégorie B)."

Les affiches sont prévues à Dijon pour la manifestation des "Atsem" / © sev HB
Les affiches sont prévues à Dijon pour la manifestation des "Atsem" / © sev HB



"Certains établissements s'opposent à la manifestation"


Cela fait un peu moins d’un an que les "Atsem" ont décidé de sortir de l’ombre. "C’était en janvier 2016, se souvient Séverine B., je discutais depuis quelques temps avec des collègues, et on en avait marre d’être silencieux." La goutte d’eau ? "La réforme des rythmes scolaires, qui a clairement augmenté notre charge de travail, sans contrepartie." Alors, la Dijonnaise a créé, avec d'autres, une page Facebook pour réunir "tous les "Atsem" de France". Le groupe compte désormais près de 3000 membres. Ils seraient plus de  52 000 en tout sur le territoire national en 2013 d’après atsem.fr.

Depuis,"je me sens moins isolée, confie Nathalie D, qui a intégré le groupe en février dernier, avant, on pensait qu’on était les seuls à avoir des difficultés dans notre école, mais là, on a compris que tous les "Atsem" ressentait la même chose et qu’il fallait qu’on soit entendu".


On voit des femmes d’une cinquantaine d’années qui s’arrêtent parce que leur corps ne tient plus, c’est une des réalités du métier.


Une manifestation qui n’est pas du goût de tous."J’ai de la chance, car ma direction nous laisse faire la grève, mais c’est loin d’être partout pareil et certains établissements scolaires s'opposent à la manifestation", glisse-t-elle. En parallèle, une pétition a été lancée pour interpeller les ministres Annick Girardin, en charge de la Fonction publique et Najat Vallaud-Belkacem, en charge de l'Education nationale.

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