Ces Dijonnais qui ont parlé à Emmanuel Macron : "je pensais qu'il était beaucoup moins proche des gens"

Publié le Mis à jour le
Écrit par Lisa Guyenne

Emmanuel Macron était en déplacement à Dijon cet après-midi, et s’est prêté au jeu des échanges et du bain de foule. France 3 a recueilli les avis des Dijonnais qui ont pu discuter avec le président-candidat.

Ils s’appellent Jawad, Maud, Léo, Mathéo, Yuliya… Ces Dijonnais ont pu parler quelques instants avec Emmanuel Macron, en déplacement à Dijon ce lundi, d’abord au lycée des Marcs-d’Or, puis dans le quartier de la Fontaine-d’Ouche.

Jawad, agent commercial

Habitant de la Fontaine-d’Ouche, Jawad a interpellé le président sortant sur la question du pouvoir d’achat. Père de trois enfants, ce commercial dans une société de transport gagne, avec son épouse, 4000 euros par mois. “Le 5 du mois, quand j’ai payé toutes mes factures, il ne me reste plus rien. On n'y arrive plus. Tout augmente ! Le président dit que la taxe d’habitation a été supprimée, mais avec toutes les autres augmentations qu’on a subies derrière, le reste a été multiplié par trois. J’aurais préféré continuer à payer la taxe d’habitation plutôt que de subir les augmentations de ces dernières années !

En 2017, Jawad n’a pas voté pour Emmanuel Macron. Socialiste dans l’âme, il hésite pour le prochain scrutin. “Là, honnêtement, je ne sais pas. En tout cas, aujourd’hui, le président ne m’a pas convaincu. On va repartir pour cinq ans avec la même politique.”

Maud, élève en Terminale “sciences et technologies de l’industrie et du développement durable”

Membre du CVL (conseil de vie lycéenne) et du conseil d'administration du lycée des Marcs d'Or, Maud a rencontré Emmanuel Macron lors du temps d'échange organisée dans l'établissement à la mi-journée. “Emmanuel Macron m’a quand même plu. Pendant son quinquennat, je n’aurais jamais imaginé une autre personne que lui gérer la crise sanitaire, les gilets jaunes, la guerre en Ukraine. Ayant des parents professionnels de santé, j’ai été admirative de voir ce qu’il avait fait pour les aider. Après, pour ma propre personne, au sujet des étudiants, il ne m’a pas vraiment convaincue." Alors Maud se dit toujours indécise quand au bulletin qu'elle glissera dans l'urne le 10 avril. "J'ai regardé aussi Valérie Pécresse, Marine Le Pen. Le problème, c’est qu’en général on ne vote plus par choix mais par défaut."

La jeune fille retient surtout l'attitude du président lors de ces échanges avec les lycéens : "Déjà, je pensais qu’il était beaucoup moins proche des gens. Il n’a refusé aucune photo. Je trouvais que, même si on voyait que son temps était compté, il nous écoutait un minimum. Par exemple, il regarde vraiment l’objectif quand il prend un selfie. À chaque fois qu’il fait quelque chose, il est concentré dans ce qu’il fait."

Alpha et Mathéo, en bac pro dans les travaux publics

Ils ont tous les deux vingt ans et sont repartis chacun avec leur selfie présidentiel. "Je ne peux pas voter parce que je suis Guinéen, j’ai un titre de séjour. Sinon, je voterais, bien sûr, et je voterais pour Emmanuel Macron", affirme Alpha. Mathéo, lui, était "déjà un peu convaincu avant", mais "le fait qu’il vienne là, ça accentue mon choix. Il aurait pu aller dans un autre lycée, plus connu, en région parisienne. À la place, il est venu ici pour essayer d’apprendre les filières, ce qu’on fait dans l’établissement. Il sort de la région parisienne.

Chez les deux amis revient l'idée qu'Emmanuel Macron a su gérer les crises des dernières années. "Certes, c’est compliqué, mais je ne sais pas si tout le monde aurait pu faire comme ça", estime Mathéo. "Je pense qu’il mérite d’être réélu parce qu’il a rencontré pas mal de difficultés pendant ces cinq ans : les gilets jaunes, maintenant la guerre qui se présente. Il faut qu’on lui donne la chance d’avoir encore cinq ans pour qu’il puisse faire beaucoup mieux", acquiesce Alpha.

Garice, élève en Première STI2D

Comme Maud, Garice étudie l'industrie et le développement durable. Il a participé aux échanges avec le président au lycée des Marcs d'Or. "Il a discuté avec tout le monde, posé des questions sur ce qu'on voulait faire plus tard. J'ai trouvé qu'il était à l'écoute, et sans vraiment de filtre. Il était assez direct, on ne sentait pas de différence entre lui et nous."

Une impression positive donc, mais Garice, qui n'a pas encore 18 ans, reste indécis sur ses orientations politique. "Je n'ai pas vraiment d'avis, à mon âge, je ne sais pas encore. La politique, c'est compliqué !" Et le fait d'avoir rencontré le président en chair et en os, aujourd'hui, ne l'a pas complètement convaincu : "Oui, ça peut m'influencer. Mais il faut prendre le pour et le contre."