Présidentielle : des chercheurs de l’université Bourgogne-Franche-Comté mènent une étude sur Twitter

Des chercheurs universitaires de Bourgogne et de Franche-Comté étudient les tweets postés dans le cadre de l’élection présidentielle 2017. Quels sont les discours véhiculés ? Twitter favorise-t-il vraiment les échanges entre élus et citoyens ?

Par B.L.

Pourquoi Twitter intéresse les chercheurs ?

Le réseau social Twitter est devenu un élément essentiel de la vie politique : aucun candidat ne peut faire l’impasse sur ces courts messages qui ont parfois une influence considérable.

"Les candidats sont en quête de légitimité et de visibilité. Leur présence sur les réseaux doit être remarquable et remarquée par les médias traditionnels, pour que leurs messages soient repris" rappelle Frédéric Junger, doctorant au laboratoire CIMEOS.

Une quinzaine de chercheurs universitaires de Bourgogne et de Franche-Comté ont lancé une étude à l’occasion de l’élection présidentielle en France.
Un processus de collecte des tweets concernant les 11 candidats a débuté le 12 mars. "Le 15 avril on avait déjà presque 30 millions de tweets. On estime qu’on en collectera environ 60 millions sur toute la période" explique Gilles Brachotte, maitre de conférence en information et communication rattaché à l’IUT Dijon Auxerre.


Quelle est la technique employée ?

Au total, les chercheurs suivent près d’une centaine de comptes (hors ceux des candidats) : les comptes de campagne, ceux des médias, etc.
"Un outil de collecte a été développé avec 15 machines basées en Bourgogne-Franche-Comté", précise Marinette Savonnet, maître de conférences en informatique au laboratoire d'Electronique, d'Informatique et de l'Image (Le2i) au sein de l’UFR sciences et techniques.

La technique consiste à aspirer :
-les tweets envoyés par les comptes de campagne des candidats
-les tweets envoyés aux candidats
-les tweets qui citent les candidats
-etc



Des algorithmes ont été développés pour déceler notamment :
-quelles sont les personnes les plus influentes ?
-quelles sont les personnes qui se suivent ? qui se retweetent ?
-qui émet le plus de tweets ?
-quels sont les tweets les plus retweetés ?

Comment donner du sens à ces millions de tweets ?

Le défi consiste ensuite à traiter cette masse énorme de tweets remontés grâce aux informaticiens.

Les chercheurs s’intéressent ainsi aux tweets qui contiennent certains hashtags et mots clés. Ils voient, par exemple, remonter de nombreux hashtags composés du style :
-melenchonau2emetourcestpossible
-fillongate
-stopmacron
-hamonelysee
-poutoupartout
-avecdupontaignan
-jaichoisilassalle
-asselineaupresident
-votezarthaud
-avecmarine

Sur la masse de ceux qui circulent, ils en ont retenu 233 qui reflètent des sujets de société en rapport avec la campagne électorale. "Le but est de corréler un discours politique et les hashtags qui remontent."


Qui parle avec qui sur Twitter ?

L’analyse ne fait que commencer. Mais, déjà quelques grandes lignes apparaissent. "On s’aperçoit qu’il y a peu d’échanges entre élus et citoyens sur les réseaux sociaux", dit Alexander Frame, maître de conférences en information et communication (laboratoire TIL). "Le plus souvent les comptes et pages des élus sont animés par des assistants parlementaires, dont la tâche est avant tout de relayer un discours politique. Il est donc peu probable qu’un candidat que vous avez interpellé sur Twitter vous réponde."

Ce travail devrait être renouvelé pour les élections législatives des 11 et 18 juin.
A terme, les chercheurs de l’université de Bourgogne-Franche-Comté voudraient construire un observatoire de la circulation des discours politiques sur Twitter. Cela leur permettrait par la suite de proposer leurs services pour d’autres thèmes, voire des produits dont ils étudieraient la notoriété par exemple.

 

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