La ville de Dijon a soldé ses emprunts toxiques

L'hôtel de ville de Dijon / © SAMIRA BOUHIN / AFP
L'hôtel de ville de Dijon / © SAMIRA BOUHIN / AFP

Dijon a mis "un terme définitif" à ses trois emprunts dits "toxiques", qui représentaient un encours total de 35,6 millions d'euros. La nouvelle a été annoncée par le maire PS François Rebsamen lundi 27 juin 2016.

Par avec AFP

Comment Dijon a-t-elle soldé ses emprunts toxiques ?

"La ville de Dijon est fière d'avoir agi pour sécuriser rapidement et dans de bonnes conditions sa situation financière, gage de sa capacité à proposer un service public de qualité à ses habitants et à investir pour le rayonnement et l'attractivité de Dijon", déclare l'ancien ministre du Travail.

La ville avait souscrit trois emprunts structurés, dont les intérêts ont flambé au fil des ans, notamment en raison de l'évolution défavorable du franc suisse face à l'euro : deux auprès de la SFIL et le troisième auprès du Crédit foncier.

Pour mettre un "terme définitif" à ces prêts, la capitale bourguignonne a bénéficié d'un soutien de l'État, pour un montant total de "près de 20 millions d'euros" et a réaménagé ces prêts "sur la base de taux fixes similaires à ceux qui auraient été proposés à l'époque".

"Cette opération de désensibilisation nécessite par ailleurs l'engagement de deux nouveaux emprunts, pour un total de 7,62 millions d'euros, à des taux très compétitifs (inférieurs à 1%)", précise François Rebsamen.

Le maire de Dijon assure poursuivre un "objectif de désendettement" de la ville. "L'encours de la dette a diminué de 27% entre 2008 et 2015, passant de 235,7 à 173,3 millions d'euros, soit une dette par habitant inférieure à la moyenne des communes de même catégorie", ajoute-t-il.

Quel est le coût de sortie des trois emprunts toxiques ?

"Nous sommes pour cette désensibilisation même si nous regrettons le coût pour la ville et l'abandon des poursuites contre les banques", estime le conseiller municipal LR Laurent Bourguignat.
L’élu de l’opposition fait valoir que "plusieurs collectivités, dont le conseil départemental de Seine-Saint-Denis ont obtenu la condamnation des banques pour défaut d'information et de conseil".

La mairie de Dijon a chiffré le coût net de sortie des trois emprunts toxiques à 4,8 millions d'euros. Mais, pour cela, elle a déduit les gains réalisés sur les intérêts payés lors des premières années de vie des emprunts, avant que leurs taux d'intérêts ne dérapent.

"C'est tout à fait contestable! Si gain il y a eu, c'est du passé et ça ne retire rien à la somme à régler aujourd'hui pour désensibiliser la dette. En vérité, on est donc plus proche de 9,5 millions d'euros de coût de sortie", assure Laurent Bourguignat.

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