Covid-19 : Dans le Doubs, des pompiers sont vaccinés grâce à une unité mobile du SDIS25

C’est une initiative unique en France et cela se passe dans le département Doubs. Depuis le 13 janvier, un camion de vaccination du SDIS25 sillone les casernes du département pour vacciner ses personnels. 

Un camion du SDIS25 a été transformé en centre de vaccination mobile par les pompiers du Doubs
Un camion du SDIS25 a été transformé en centre de vaccination mobile par les pompiers du Doubs © Lucie Carbajal

Depuis le 3 janvier, les soignants de plus de 50 ans ou à risque peuvent se faire vacciner. Les sapeurs pompiers du SDIS25 (service départemental d'incendie et de secours) ont donc décidé de transformer un de leurs camions en unité mobile de vaccination qui se rend dans les casernes du département eloignées des centres de vaccination. Ainsi, les pompiers éligibles et volontaires peuvent se faire vacciner, sans se déplacer.

"Ce ne sont pas les sapeurs-pompiers qui vont au vaccin,mais le vaccin qui vient à eux ", aime rappeler Christine Bouquin, présidente du SDIS 25 venue assister à la vaccination des pompiers volontaires de la caserne de Charquemont ce jeudi 21 janvier.

"Dans le Doubs, il y a 3000 pompiers. 500 entrent dans les critères et plus de la moitié ont répondu à l’appel", ajoute-t-elle. Ce soir-là, à la caserne de Charquemont, six pompiers volontaires vont recevoir la première dose. "Après les six vaccinations de ce soir, nous arriverons à 159 pompiers du Doubs vaccinés".

Une mission collective 

"Pour créer cette unité mobile, tout a été fait collectivement, en interne, chacun a apporté une pierre à l'édifice", explique la médecin cheffe Laure Estelle Piller. Et l'idée fait des émules. Le SDIS25 a reçu des appels de services de secours d'autres départements qui aimeraient eux aussi mettre en place une unité mobile. "Il y a même les espagnols qui ont partagé notre tweet sur l'initiative !" ajoute fièrement la médecin cheffe.

L'infirmière prépare le matériel de vaccination
L'infirmière prépare le matériel de vaccination © Lucie Carbajal

Le travail d'équipe est primordial dans le bon fonctionnement de l'unité mobile. Les pompiers sont vaccinés par leurs collègues : une infirmière et un médecin supervisent toute l'opération dans le camion. "On a une liste de noms, on regarde s’ils correspondent bien aux critères et ensuite on les vaccine", explique le docteur Grégory Biajoux, en charge de ces vérifications ce soir-là. 

"Cela nous semble normal de prendre du temps pour vacciner nos collègues, ça rentre dans la mission du sapeur pompier : aller vers l'autre", ajoute la médecin cheffe Laure Estelle Piller.

"Je me protège et je protège les autres"

Lorsqu’il a entendu parler de l’unité mobile, Emmanuel Loichot, sapeur-pompier de la caserne de Charquemont n’a pas hésité : "il faut montrer l’exemple, si on ne le fait pas, qui va le faire ? Et puis c’est une chance, autrement j’aurais pu attendre six mois avant de me faire vacciner dans un centre. Là, c'est plus simple, on n'a pas besoin de se déplacer et c'est du temps gagné pour effectuer nos missions".

Avis partagé par Patrick Schell, 5ème vacciné de la soirée. Pour lui, c'est une question de responsabilité : "Il m’est arrivé d’amener aux urgences des personnes contaminées. Certaines ne sont jamais revenues. Ça marque. Si je suis vacciné, je suis rassuré en intervention et les gens sont rassurés aussi. Je me protège et je protège les autres."

Patrick Schell, 5ème vacciné de la soirée
Patrick Schell, 5ème vacciné de la soirée © Lucie Carbajal

"Déjà fini ?", demande-t-il une fois la dose administrée. Le sapeur-pompier est ensuite placé en surveillance pendant 15 minutes, comme cela est préconisé. Il l'assure, il n'a "rien senti". Tant mieux, car l’unité mobile reviendra à Charquemont le 18 février, pour administrer la deuxième dose du vaccin aux six pompiers volontaires.

Charquemont est la 13ème caserne du département où s'est arrêté le camion. Alors, quelle sera la prochaine destination de l'unité mobile ? "Pour le moment on ne peut pas dire. Nous faisons nous aussi face à des problèmes d’approvisionnement..." se lamente Christine Bouquin, présidente du SDIS 25. Car dans le Doubs comme partout en France, les vaccins manquent. 

 

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