Déconfinement : les bars et les restaurants impatients de rouvrir malgré les incertitudes

C'était une annonce très attendue pour les clients et pour les professionnels : la réouverture des bars et des restaurants. En Bourgogne-Franche-Comté, les établissements vont pouvoir accueillir du public dès le 2 juin. Une reprise accueillie avec du soulagement mêlé à de l'inquiétude.
© Claire Schaffner
La date du 2 juin est sur toutes les lèvres depuis plusieurs jours déjà. C'est à cette date que les terrasses des bars et des restaurants des départements en vert sur la carte du déconfinement pourront rouvrir.

Pour l'Union des métiers de l'industrie hôtellière, l'UMIH, il y a urgence. "Il y a une attente des clients. D'après une enquête, 82% des consommateurs sont prêts à revenir au restaurant (il s'agit d'une étude de l'agence Api & You, NDLR). Et pour les professionnels, il y a un besoin de retrouver leurs clients et de refaire leur métier", explique Patrick Franchini, président de l'UMIH du Jura.

Même sans avoir reçu les "fiches métiers" avec les consignes officielles du gouvernement, les établissements ont pu préparer leur reprise d'activité. "Les clients vont devoir mettre du gel hydroalcoolique et il faudra une distance d'un mètre minimum entre chaque groupe de clients. Les petits établissements auront la possibilité de mettre du plexiglass entre les tables. Nous privilégierons les terrasses qui pourront être agrandies."

Des préparatifs depuis plusieurs jours déjà

Dans le Haut-Doubs notamment, les gérants d'établissements préparaient la réouverture plusieurs jours avant les annonces officielles.
 

"Nous sommes capables de servir les clients correctement"

Elie Sclafel, propriétaire de l'hôtel-restaurant le Bois Dormant à Champagnole dans le Jura, est impatient de rouvrir : "On a l'avantage d'avoir un établissement avec de l'espace à l'extérieur. Nous mettons tout en place pour accueillir un maximum de clients avec les gestes barrières. On avait l'habitude de proposer un buffet, nous allons proposer une petite carte à la place, avec le minimum de manutention."

Pour ce restaurateur, "il est grand temps de rouvrir. ça devient ridicule qu'il n'y ait qu'une seule corporation à qui on interdit de prendre ses responsabilités. Pourquoi on donne la possibilité à des supermarchés de fonctionner et pas à nous ? Nous sommes capables de servir nos clients correctement ! C'est un stress permanent."

Il est d'autant plus urgent d'ouvrir que la trésorerie est au plus bas. "J'ai trois collègues qui ne vont pas rouvrir. Et moi-même, sur les trois établissements que j'ai, j'en ai mis un en vente. On va essayer d'alléger les charges au maximum, surtout qu'on ne sait pas ce qui va se passer dans les trois prochains mois."

"On préfère prendre le temps"

A Besançon, les bars et restaurants se préparent eux aussi à une réouverture. Sarah tient le bar l’Ephéméride Place de la Révolution, elle fait partie du collectif BBRBU (Bars boites Restos de Besac Unis) créé pendant le confinement. "Oui on a hâte de rouvrir, mais on préfère prendre le temps pour le faire dans de bonnes conditions en étant sereins. Le gouvernement ne se rend pas compte qu’annoncer une réouverture le 28 mai pour le 2 juin avec long weekend de Pentecôté, c’est compliqué. Tous nos fournisseurs étaient à l’arrêt, il faut refaire du ménage, du stocks, des courses, prendre en compte le protocole sanitaire" explique la jeune femme qui gère un petit établissement de 30 m2. 

"Si on peut ouvrir à partir du 2, c’est une bonne nouvelle. Nous on se dit qu’on a une terrasse à l’extérieur, on espère travailler correctement les jours où il fait beau. On est quand même inquiets sur la suite, est ce que les gens seront au rendez-vous ?" ajoute la jeune femme. 
 

"Une mauvaise aventure"

"Certains vont prendre un peu de temps, d'autres seront hyper prêts le 2", précise Patrick Franchini. Pour l'UMIH, les bars et les restaurants devront dans tous les cas faire des ajustements au fur et à mesure."C'est une mauvaise aventure, un vrai challenge. Il faut ouvrir pour voir et prendre des dispositions après. En Suisse, les gens sont venus le premier jour et ensuite plus rien. On ne pourra peut-être pas prendre 100% des clients, il reste la possibilité de laisser le personnel en chômage partiel"

"On ne sait pas comment ça va se passer. Ce qui est sûr, c'est qu'il va y avoir un vrai coup de frein au niveau des embauches pour la saison et également sur l'apprentissage."


 
Les règles à respecter dans les bars et les restaurants à partir du 2 juin
  • Distance d'un mètre minimum entre chaque table
  • Pas plus de 10 clients par table
  • Port du masque obligatoire pour le personnel
  • Port du masque obligatoire pour les clients qui se déplacent dans l'établissement
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