La défense du Dr Frédéric Péchier, accusée d'entretenir des liens suspects avec le président de la chambre de l'instruction, demande au procureur de la République de rendre public l'intégralité des écoutes téléphoniques et SMS enregistrés entre 2017 et 2019.
Ces textos et écoutes téléphoniques dont une partie a été dévoilée en fin de semaine par le magazine Le Point tendraient à prouver une éventuelle collusion entre la défense et un magistrat du dossier à savoir le président de la chambre d'instruction de la cour d'appel qui avait le 12 juin prononcé le maintien en liberté sous contrôle judiciaire du médecin soupçonné de 24 empoisonnements dont 9 mortels.
En vertu de l'article 11 du code de procédure pénale qui autorise la publication de certaines pièces pour faire taire des rumeurs préjudiciables à l'enquête, la défense du médecin contre attaque ce soir. Elle s'appuie sur le fait que les SMS publiés par un journaliste du point sont tronqués. Selon Me Randall Schwerdorffer, ces SMS ou extraits d'écoute ont été sortis de leur contexte.
Ces soupçons de collusion avaient mis en colère les familles de victimes. "Ce qui me surprend le plus, c'est que ces éléments n'ont pas été contestés. Je suis surpris qu'on ait eu aucun démenti, cela renforce la suspicion" estimait il y a quelques heures Me Frédéric Berna avocat des parties civiles.
Le parquet général a décidé lui hier soir de se pourvoir en cassation. Il a un mois pour rédiger son pourvoi. Un pourvoi déclenché par la colère des familles de victimes qui ne comprennent toujours pas pourquoi le médecin est en liberté dans cette affaire malgré sa mise en examen pour 24 empoisonnements entre 2008 et 2017 dans des cliniques de Besançon. Les familles qui ont perdu des proches ou qui pour certaines victimes ont des séquelles veulent savoir si le médecin aurait bénéficié de la protection d'un quelconque magistrat.
Le Dr Péchier mis en examen en mars 2017 et mai 2019 se dit innocent. Le Procureur de la République estime lui que l'enquête démontre qu'il est le dénominateur commun des évenements indésirables graves survenus en série dans des cliniques de Besançon.