Besançon : 184 nouveaux vélos électriques mis en service sur le réseau Ginko, la formule de location roule avec succès

Un an après la mise en service de location de vélos à assistance éléctrique (VAE) sur le réseau de transports du Grand Besançon, l'élargissement de la flotte est très attendu. Liste d'attente, usagers qui en redemandent. Le bilan pour le réseau Keolis et le fournisseur Proxy-Cycle est positif.

© Ginko Voyage

Des mois d'attente pour espérer décrocher le vélo électrique aux couleurs du réseau Ginko. Les habitants du Grand Besançon décidés à rouler dans leur ville en vélo ont dû s'armer de patience. La rançon du succès. En juin 2019, 50 premiers vélos étaient mis en service, puis 250, puis 300 au total en juin 2020. Le prochain cap est en train d'être franchi, 184 nouveaux vélos sont proposés cet été à la location. La flotte sera fin août de 484 vélos. L'agglomération avait lancé un appel d'offres, l'entreprise de cycles Proxy-cycle a été choisie. Et Keolis a signé une délégation de service public pour mettre en place ce nouveau service. 


56% des femmes ont loué ces vélos électriques 


La formule est simple. Louer ces vélos pour trois mois, six mois, ou un an (non renouvelable). À des tarifs préférentiels. Un vélo à l'année coûte 120 euros pour un abonné du réseau, 240 euros pour un non abonné.

À l'heure du bilan, le réseau Keolis connaît un peu mieux les utilisateurs. 56% sont des femmes, 44% des hommes. Deux tiers sont des habitants de Besançon, un tiers viennent des communes alentours. 
"68% sont des abonnées du réseau qui permutent entre les modes de transport, vélo, bus, trams", explique Carol Ambrosini, directeur marketing Mobilités à Keolis Besançon. 
97% des contrats de location sont des contrats à l'année. L'engouement pour le vélo électrique existe bel et bien à Besançon, et avait commencé avant même la sortie du confinement. 

"Nous sommes ravis, tous les vélos sont loués très vite. La nouvelle flotte va nous permettre de répondre à la demande et de nouveaux vélos arrivés au terme de leur location vont être disponibles" ajoute Carol Ambrosini. "Il y a de plus en plus de réseaux de transports qui se lancent dans le développement de la location de vélos (Le Mans, Rennes, Lille, Dijon). L'idée, c'est de développer toutes les palettes de mobilités. Le VAE, permet d'aller plus loin, plus vite et il répond aux besoins de Besançon et de ses habitants" dit-il. La ville de Besançon, verte et vallonnée avec plusieurs collines nécessite de bons mollets pour un cycliste qui veut se rendre tous les jours au travail. Avec le vélo électrique, plus de soucis !.


Des vélos en partie assemblés sur Besançon


Derrière le vélo noir et bleu aux couleurs du réseau, se cache une partie de travail fait dans le Doubs. Proxy-Cycle, 10 salariés,  possède un atelier d'assemblage à Thise près de Besançon. "80% de l'assemblage du vélo est fait à Taïwan, le reste sur Besançon" explique Edouard Lapoire, directeur de Proxy-Cycle. "Ici, on programme les moteurs pour les adapter aux exigences du relief du Grand Besançon, on monte les accessoires, selle, poignées, cadenas anti-vol, connectique, autocollant et gravage des vélos avec le bycicode" ajoute le directeur de l'entreprise. "5 à 12 vélos Ginko sont assemblés chaque jour en ce moment par un de nos salariés pour répondre à la demande" ajoute-t-il. 4 personnes au total sont nécéssaires pour gérer le parc. 
 

"On aimerait grandir et se développer sur ce secteur de la location"

Edouard Lapoire, Proxy-Cycle



Pour l'entreprise, ce marché de location de VAE était une première. "C'est un marché, le premier de cette ampleur pour nous. Certains vélos ont fait 17 km, d'autres 9000 en un an, cela démontre la qualité du produit... c'est un galop d'essai pour d'autres marchés, on est capable de gérer une telle flotte, de tenir le calendrier, on serait ravis de dupliquer ce type de contrats" ajoute Edouard Lapoire. "C'est aussi un mode de transport que l'on défend. On voit l'engouement, on croise les utilisateurs qui ont changé leur manière de se déplacer... ce modèle de vélo loué au réseau Ginko est disponible désormais dans nos magasins (1700 euros, ndlr), on espère une retombée à terme et que ça déclenchera des achats" précise-t-il. Pour l'instant, une dizaine d'abonnés Ginko ont procédé à l'achat d'un vélo suite à leur contrat de location. 
 

© Jean-Charles Sexe - ville de Besançon




Les ventes de vélos électriques ne se sont jamais si bien portées


À Besançon, la sortie du confinement a permis à l'entreprise de vendre plus de vélos que d'habitude. "Un samedi après-midi, on a vendu 10 vélos, du jamais-vu" explique Valentin Drouhard, responsable du magasin d'Ecole-Valentin près de Besançon. "A la sortie du confinement, on a eu un réel pic d'activité. Les gens n'étaient pas sortis, ils avaient envie de prendre l'air. On a vu des gens déterminés à acheter un vélo, avec un pouvoir d'achat. Certains avaient fait des économies pendant le confinement, d'autres voulaient investir sachant qu'ils ne partaient pas en vacances" ajoute le responsable. "En temps normal, les gens viennent plusieurs fois à la boutique avant de se décider à acheter, là, on a vu des gens décidés, moins dans une phase de réflexion" ajoute-t-il. 


"Un vrai engouement pour le vélo-taf"

Pour Edouard Lapoire, l'engouement pour le vélo a permis d'ouvrir 7 nouvelles boutiques en France. Malgré un marché des pièces détachées mis en difficulté par la crise sanitaire dans les pays asiatiques, le marché du vélo est en train de se structurer estime le patron de Proxy-Cycles. "J'ai le sentiment que l'état d'esprit change, on voit la moyenne d'âge des acheteurs augmenter au-dessus de 50 ans. Certains vont acheter un vélo à la place d'une voiture et vont vouloir du coup du haut de gamme" dit-il. "Est-ce que cet engouement va durer, l'effet sera-t-il pérenne ? Il est impossible de le savoir ?". Dans ce contexte, l'entreprise veut continuer à se développer, elle cherche un local plus grand pour assembler plus de vélos et séduire qui sait d'autres collectivités. 


Besançon ira-t-il encore plus loin avec une maire écologiste ?


Le contrat passé avec l'agglomération de Besançon prévoyait une flotte maximale de 650 vélos. Le cap des 484 est atteint. L'élection de l'écologiste Anne Vignot à la tête de la mairie de Besançon, est-elle un signe pour aller plus loin sur le créneau du vélo électrique ?. La maire roule à vélo. La suite ? Ce sera au nouvel conseil de l'agglomération bisontine de l'écrire. On imagine mal un rétro-pédalage alors que les vélos ont trouvé leur public. L'entretien des VAE loués par le réseau Keolis est effectué une fois par an gratuitement. Des vélos volés, abîmés ? Le bilan est proche du zéro assure Kéolis. Un vélo qui dure, beaucoup plus que les éphémères trottinettes dans les grandes agglomérations. 


► Comment réserver un vélo Ginko ? 


Il faut avoir plus de 15 ans pour louer les vélos éléctriques Ginko.
Rendez-vous à la boutique Ginko au 28 rue de la République pour faire votre demande.
Il y a de nombreuses demandes, et vous serez sans doute placé sur une liste d'attente pour être recontacté dès qu'un vélo sera disponible.


Pour établir ensuite le contrat de location, vous aurez besoin des pièces suivantes : 

Les vélos sont à retirer ensuite au Café Vélo place Victor Hugo. 

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