• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ÉCONOMIE
  • DÉCOUVERTE
  • JUSTICE
  • SPORT

Besançon : Un correspondant local de presse veut porter plainte contre la police

Manifestation des "Gilets jaunes" à Besançon le 12 janvier 2019
Manifestation des "Gilets jaunes" à Besançon le 12 janvier 2019

Lors de la manifestation des "Gilets jaunes" à Besançon de ce samedi, "Toufik de Planoise", correspondant local de presse du site internet d'informations Factuel.info, affirme avoir été victime de "menaces" de la part de la police. 

Par Isabelle Brunnarius

Alors que cette 9eme mobilisation des "Gilets jaunes" s'était déroulée dans le calme ce samedi après-midi à Besançon, il semblerait qu'au moment de la dispersion des manifestants rue de Belfort, des incidents soient survenus. Selon des articles publiés sur le site de Radio Bip, une radio associative de Besançon, le correspondant local de Factuel.info, connu sous le surnom de Toufik de Planoise, déclare avoir été victime de menaces de la part de la police. Dans l' article du site de la radio, il déclare qu'il a entendu cette phrase : " Toufik t’es mort, on t’as cramé, cours où ce sera la tête » avant qu’une salve d’une dizaine de tirs de flash-ball ne soient effectuée". Précédemment dans l'après-midi au cours de la manifestation,  Toufik de Planoise avait eu une altercation avec les forces de l'ordre sur le parking Cusenier. 

Toujours rue de Belfort, un manifestant déclare avoir été blessé à la tête au cours de la dispersion des manifestants à la nuit tombée. Contacté cet aprés-midi par téléphone, Jean-Philippe Setbron, le secrétaire général de la préfecture du Doubs affirme que les forces de l'ordre n'ont pas utilisé de flash-ball. L'usage de ces balles de défense est réglementé. Ce type de tir n'est effectué que si les policiers se sentent en danger. Pour disperser des manifestants, les forces de l'ordre doivent utiliser en premier les gaz lacrymogènes et les grenades défensives.

Le secrétaire général de la Préfecture précise que, dans le cadre des procédures de coordination entre les forces de l'ordre et les pompiers, il aurait été averti si il y avait eu un blessé. Or, il semblerait que, selon le témoignage recueilli par Radio Bip, les pompiers aient été appelés hier soir rue de Belfort pour soigner ce manifestant blessé à la tête. 

Toufik de Planoise s'est rendu au commissariat de police de Besançon pour porter plainte mais sa plainte n'a pas été acceptée. Le correspondant local a donc saisi via internet l'Inspection Générale de la Police Nationale et il compte déposer plainte demain auprès du procureur de la République. 

Contacté également cet après-midi,  Daniel Bordur, le rédacteur en chef du site Factuel.info, se déclare "choqué et plutôt en colère." En tant que journaliste, rappelle-t-il, il "côtoie depuis plus de trente ans la police qui est généralement respectueuse des libertés. Mais, ces images et témoignages vont à l'encontre de ce que l'on attend des forces de l'ordre républicaines chargée de garantir les libertés publiques comme le droit d'informer". 

Samedi soir, il y a eu sept interpellations suivies de sept gardes à vue. Toutes ont été levées ce dimanche soir. Des mesures alternatives aux poursuites comme des stages de citoyenneté ont été prononcées pour deux des personnes interpellées. Une troisième sera convoqué dans le cadre d'une procédure de plaider coupable. Les autres manifestants ont fait l'objet d'un rappel à la loi. Il était reproché à ces personnes d'être soit en possession d'armes comme des petits couteaux ou d'être restés attroupées alors que l'ordre de dispersion avait été donné. 

Sur le même sujet

Charny-Orée-de-Puisaye : bilan trois ans après sa création

Les + Lus