Musique : à Besançon, le chanteur Thomas Monica raconte une mythologie du quotidien

L’artiste bisontin sortira son EP « Ulysse » au printemps 2021. L’occasion en quelques titres de revenir sur son écriture et son parcours.

"Ulysse", un EP (ou "Extended Play") composé en quelques mois.
"Ulysse", un EP (ou "Extended Play") composé en quelques mois. © Camille Locatelli

Ces livres traînent sur la table de chevet. Les bords sont cornés. Les pages jaunies. Une pellicule douce et grisâtre s’installe sur les couvertures des ouvrages, comme une marque du délaissement. Trop longue, pas le temps, pas le moment, tout le monde connaît cette pile de lectures. Cette montagne qu’a affronté Thomas Monica pendant le premier confinement. Le chanteur bisontin s’est replongé dans L’Odyssée d’Homère. Un pavé de cinq cents pages, de récits mythologiques, emprunts au quotidien.

« L’Odyssée, ce sont des histoires essentielles, parfois proches de la vie de tous les jours », glisse le trentenaire. C’est aussi ainsi que l’on pourrait qualifier son EP (Extended Play) « Ulysse », qui sortira au printemps prochain. Six titres qui s’écoutent comme des airs d’Homère, parfois amers, et souvent justes. Instantané du confinement et de ses travers.

Phrasé rythmé, fils familiaux

La chanson « Calypso » raconte ainsi les couples qui, contraints de partager toutes leurs heures ensemble pendant le confinement, se déchirent dans l’intimité. Conteur érudit du quotidien, Thomas Monica se distingue par un phrasé rythmé, rappé, comme un discours. D’où l’importance de rédiger en français, « cette langue directe, ces mots qui frappent. » Le titre « Moly », comme le nom de la plante de la vérité dans L’Odyssée, en est un exemple. Une déclaration à celles et ceux qui n’ont pas été présents pendant l’enfance.

Des textes parfois introspectifs, et des fils familiaux. Si « L’effondrement » fait un état des lieux de la morosité covidée, « Ulysse », texte plus personnel, évoque la paternité naissante. « ‘Ulysse’, c’est d’abord et avant tout le prénom de mon fils, né en septembre », justifie le chanteur, un brin ému.

L’effondrement

Des précommandes à l’aveugle

« Souchon disait : ‘écrire, c’est regarder une poignée de porte’ », reprend Thomas Monica. Pratique pendant le confinement. Derrière cette modestie, se cache une plume contemplative et très instinctive. Les six chansons se sont construites en quelques mois, entre avril et août. Le Bisontin confie : « Je suis un boulimique de travail, je ne peux pas rester sans rien faire. » Thomas Monica a quasiment enregistré toutes les parties instrumentales dans son studio à la maison. L’album a ensuite été mixé à Brighton, par Ian Caple, célèbre producteur d’Alain Bashung.

Depuis décembre, l’EP « Ulysse » est proposé en précommande sur le site du chanteur. Pourtant, seul le morceau « L’effondrement » peut être écouté sur les plateformes. « Une sortie à l’envers […], et ça cartonne », s'étonne Thomas Monica. De nombreux fans n'ont pas pu résister aux sirènes de l'EP. Un succès que l’artiste a encore du mal à réaliser.

-M-, Vanessa Paradis, Radio Elvis...

« C’est bizarre, ces artistes que j’écoutais quand j’avais 15-16 ans, je peux les rencontrer aujourd’hui », réalise Thomas Monica, décontenancé. Car depuis 2013, tout est allé très vite. Après un concours de guitaristes organisé par un parfum, Thomas Monica se fait repérer par Mathieu Chedid, alias -M-, grâce à une reprise du titre « Mojo ». Le Comtois récolte même les louanges du champion des Victoires de la Musique : « ce relook de Mojo, c'était brillant, très bien réalisé et la musique était magnifique ».

Mojo, la reprise

 

Une rencontre, une invitation à partager sa scène au Zénith de Paris, puis une collaboration qui dure pour une tournée et quelques titres de son album live. Thomas Monica se fait très vite repérer, ce qui l’incite à écrire des chansons et à les interpréter. Après plusieurs compositions, son premier album « Le Paradoxe de l’Utah » sort en 2019.  Puis, viennent les premiers concerts et les premières parties – dont celles de Vanessa Paradis, Radio Elvis ou Alex Beaupain.

 

Cali et Dionysos l’ont également convié à les rejoindre sur l’estrade, pour des concerts en mars et avril 2021. « Mais il faut rester prudent », prévient Thomas Monica. L’incertitude règne dans le milieu de la culture, en raison de l’épidémie de covid-19. Pour sa compilation « Ulysse », pas de date précise non plus, mais une indication : courant printemps prochain, surveillez les rayons de votre disquaire préféré.

 

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