Le carnet de voyage d’Ivan, éloge du temps #2 : découverte de "Family Time", préparatifs et... mal de mer

Suivez l'aventure d'Ivan, franc-comtois embarqué sur un voilier pour une traversée d'un mois et demi entre la France et l'Uruguay, au beau milieu de l'océan atlantique. Impatience, découvertes, questionnements et joies... Il nous fait vivre son périple. Récit.

Ivan, à bord du voilier lui permettant de traverser l'océan atlantique.
Ivan, à bord du voilier lui permettant de traverser l'océan atlantique. © DR
Ivan est un photographe bisontin âgé de 41 ans. Amoureux du voyage au long cours, il a embarqué sur un voilier pour traverser l'atlantique, de la France à l'Uruguay. Pendant un mois et demi, France 3 Franche-Comté suit ses aventures au beau milieu de cette immensité de plus de 100 millions de km2. Après être tombé sur une annonce sur internet, il décide de partir à l'aventure. Début octobre, il a pris sur un bateau pour vivre une aventure hors du temps, au fil des remous. 

► #2 : découverte de "Family Time", préparatifs et... mal de mer

"Le choses concrètes commencent. Après les derniers appels et messages envoyés depuis le train, je pose le pied sur le quai de la gare de La Rochelle. Le skipper m'attend à l'exterieur et en quelques minutes nous rejoingnons le bateau au port de plaisance de La Rochelle, qui est l'un des plus grands du monde avec plus de 5000 places.

C'est dans un concert de bruits de haubans et de mats qui tintent, de coques qui grincent et de pavillons qui claquent au vent que je découvre "Family Time", un catamaran de 40 pieds (12 m de long). Il me paraît plus grand que ce que j'avais imaginé. Entre ses deux coques, dans lesquelles se situent les cabines, on trouve le carré : un espace de vie avec un coin cuisine, une table et un espace de travail. Cette pièce donne sur le cockpit : l'espace exterieur avec la barre, les instruments de navigation, une table et banquette. A l'avant du bateau le filet qui relie les deux coques promet de beaux moments de contemplation !
Le port de La Rochelle.
Le port de La Rochelle. © Ivan Pelletier
Mais pas le temps d'admirer le navire trop longtemps, une étape cruciale nous attend : faire les courses pour être autonomes en mer. A nous observer nous organiser, alors qu'on vient seulement de faire connaissance, je me dis que c'est une bonne façon de construire une équipe que de lâcher trois inconnus dans un super marché avec pour mission de faire des achats vitaux pour trois semaines, boissons comprises, et de faire rentrer 6 chariots de provisions dans 3 !

Dans cette équipe il y a Julien, 47 ans, le skipper et Eric, 53 ans, marin pêcheur à la retraite. Un rapide point sur qui aura besoin de quoi, un calcul pour connaître la quantité d'eau necessaire et on se répparti les tâches.


Une livraison en Uruguay

De retour au bateau commence une partie de tetris géante, avec comme particularité de devoir tout bien arrimer, en prévisions des mouvements et secousses à venir et de pouvoir accèder progressivement à chaque type de produits. A première vue ça ne rentrera pas facilement mais le navire regorge de trappes, de coffres, et tous les espaces possibles sont mis à disposition.

Avant de partir il nous faut aussi protèger les interieurs de "Family Time". Il sort des chantiers de marine et nous allons le livrer à son nouveau propriétaire en Uruguay. Du film transparent autour des coussins, une couche de linoleum au sol et sur les parois des meubles et nous voilà assuré de retrouver le bateau comme neuf à l'arrivée.
L'art du rangement dans un bateau.
L'art du rangement dans un bateau.

Les convoyages de bateaux sont fréquents à cette période de l'année. C'est une activité saisonnière pour de nombreux skippers et une possibilité de traverser l'océan Atlantique à la voile pour les nombreuses personnes qui veulent vivre cette expérience mais qui ne possèdent pas d'embarcation.

Après avoir été embauchés par les propriétaires, les skippers cherchent un équipage sur des sites spécialisés et des groupes dédiés sur les réseaux sociaux. Le rôle des équipiers sera essentiellement de participer à la vie de bord (cuisiner, nettoyer) et assurer une surveillence lors des quarts de nuit : l'océan à beau être vaste il y a toujours un risque de croiser la route d'un cargo de 300 m de long !

Les convoyages pour les Antilles et l'amérique du Sud ont principalement lieu entre novembre et février, lorsque les alizés sont bien installés dans l'hémisphère nord. Le bateau est paré, vous savez presque tout sur les convoyages, il est temps de larguer les amarres !

"Le seau devient mon meilleur ami"

Nous mettons cap au large. Pendant une heure, je me rejouis de ce départ tant attendu. Puis vint le mal de mer.

A ce moment-là j'ai l'impression de payer mon voyage. De le payer maintenant et de le payer cash. Le seau devient mon meilleur ami, je le traine partout avec moi, sur le pont, dans ma couchette, je suis malade et ça ne passe pas.

Julien, le skipper, plus de 35 transatlantiques au compteur :
– Bois de l'eau, il faut boire de l'eau !
Eric, marin pêcheur pendant plus de 20 ans :
– Ah non ne bois pas d'eau, surtout pas d'eau !
Moi :
– Mettez vous d'accord les gars !

Ils tomberont finalement d'accord sur une boisson gazeuse, qui n'aura pas l'effet escompté. Mais comme un clin d'oeil pour m'encourager, ce soir-là la nature me fait un cadeau magnifique : alors que le ciel s'illumine sous les derniers rayons du soleil, un groupe de dauphins vient jouer autour du navire. La lumière doré se reflete sur leurs peaux, l'océan lui aussi prend feu et pave notre route vers l'ouest d'une lumière d'or.
Un coucher de soleil à bord du "Family Time".
Un coucher de soleil à bord du "Family Time". © Ivan Pelletier

 

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