Coronavirus Covid-19 : “ Ne nous oubliez-pas, on est français aussi !”, le cri d'alarme des gens du voyage

L'aire d'accueil des gens du voyage de la Malcombe à Besançon / © Rémy Vienot
L'aire d'accueil des gens du voyage de la Malcombe à Besançon / © Rémy Vienot

Les associations de gens du voyage sont très inquiètes. Avec le confinement, certains ne trouvent plus de ressources suffisantes pour vivre, et la promiscuité favorise la propagation du virus. Elles demandent aux autorités de laisser les aires d'accueil ouvertes. 

Par Aude Sillans

Elles n'ont pas d'imprimante, elles ont de grandes difficultés d'écriture et avec le confinement, elles n'ont plus accès aux ressources habituelles.
Rémy Vienot, le président de l'association Espoir et Fraternité Tsigane en Franche-Comté se dit très inquiet pour les communautés de gens du voyage. 
"Quand j'ai entendu le Président et ensuite le Premier Ministre, j'ai eu une très gande inquiétude, pour les familles, tout ça c'est du blabla". 

Au début de l'épidémie, Rémy Vienot raconte que les évangélistes continuaient leurs réunions. Avec d'autres associations, ils ont dû taper du poing sur la table pour se faire entendre. 

A Perpignan, la plus grande communauté gitane paie un lourd tribu, elle compte déjà cinq décès, et une dizaine de personnes sont sous assistance respiratoire. Depuis, les gens du voyage ont  très peur mais pour eux, le confinement chacun dans sa caravane est impossible. "Ils restent entre eux, ils ne bougent plus de leur coin"
Le président de l'association nationale France Liberté Voyage, Milo Delage,  demande, dans un article de nos confrères de France 3 Bretagne ( voir lien ci-dessous ), aux autorités de laisser les aires d'accueil ouvertes et de ne pas couper l'eau. 

La préfecture de son côté attend des directives nationales sur cette question, mais elle veut sensibiliser les municipalités à cette situation particulière. L'objectif étant que les communautés restent sur les aires sur lesquelles elles sont installées aujourd'hui.  

Toutes les familles ne sont pas forcément sur des emplacements dédiés. A Besançon, Rémy Vienot évoque le cas d'un groupement de sept familles avec de nombreux enfants et nourrissons. "Ils vivent au jour le jour, ils ramassent des palettes près des entrepôts et les revendent, là ils n'ont plus rien, je suis très inquiet". Car ces familles, personne ne va les voir, elles restent livrées à elles-mêmes. 
Heureusement, le président de l'association franc-comtoise, confiné chez lui dans le Jura, a reçu ce mardi 24 mars une bonne nouvelle, demain, le secours populaire de Besançon devrait se rendre dans ce camp improvisé. Sur sa page Facebook, il en appelle à la solidarité. 
 





 

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