Covid-19 : chocolatiers-pâtissiers prêts pour fêter Pâques en beauté malgré le coronavirus !

Certains ont fermé complètement leur boutique, d’autres sont restés ouverts mais en aménageant leurs horaires. A une semaine de Pâques, ils s’organisent pour ne pas rater cette période, cruciale pour leur chiffre d’affaires. Quitte à rouvrir leur magasin.

Chocolats de Pâques de Jean-Paul Muzard de la pâtisserie de la Citadelle à Besançon
Chocolats de Pâques de Jean-Paul Muzard de la pâtisserie de la Citadelle à Besançon
À Besançon, Jean-Paul Muzard, de la pâtisserie de la Citadelle, n’ouvre qu’un jour sur deux en alternance avec la boulangerie des Carmes pour que les clients aient du pain frais chaque matin. Concernant la pâtisserie ou les viennoiseries, il constate : « Les gens n’en achètent pratiquement plus, c’est une vraie psychose. »
Xavier Brignon n’ouvre que l’après-midi sa boutique rue de Vesoul. Il est seul à travailler : il fabrique le matin et vend l’après-midi.
D’autres, qui avaient fermé à l’annonce du confinement, ouvriront à nouveau leurs portes demain lundi 6 avril. C’est le cas de Christophe Fleury des « Chocophiles Heureux » rue des Granges et de Bruno Grandvoinnet, rue de Belfort.

Pâques, un rendez-vous qui se prépare 

Les pâtissiers-chocolatiers anticipent cette fête plusieurs mois auparavant. Tous ont déjà reçu leurs matières premières et même déjà confectionné leurs moulages de poules, lapins et autres cloches. Cela représente pratiquement deux mois de travail avant le jour J.  
Il faut dire que Pâques pèse au moins 20 % de leur chiffre d’affaires annuel : « C’est la période à ne pas rater. » dit l’un d’entre eux.

Reouverture pour certains

Bruno Grandvoinnet rouvre son magasin : « J’ai fermé pour obéir au confinement mais je ne veux pas être considéré comme déserteur. D’ailleurs, la demande de réouverture est venue aussi de mes salariés qui ne voulaient pas être des « planqués ». Il faut aussi que l’on sauve l’outil de travail, ils en sont bien conscients. »

Christophe Fleury des Chocophiles Heureux rouvre « pour limiter la casse». Il poursuit : « Je vais essayer de compenser la perte de notre chiffre d’affaires. En rouvrant, on montre qu’on est encore là et on veut soutenir le moral des gens avec un peu de douceur. »
Il raconte qu’il n’a confectionné déjà que 10 % des moulages habituels mais qu’il est « prêt à en faire beaucoup plus si la demande est forte. » C’est tout ce qu’il demande.

Jean-Paul Muzard est inquiet même s’il a déjà réalisé le tiers de ses moulages : « Ma clientèle, c’est 80 % de gens qui travaillent au centre-ville. Aujourd’hui, ils sont confinés et restent chez eux, souvent à l’extérieur de Besançon. C’est une grosse catastrophe pour moi. Pour Pâques, j’ai surtout des papys et des mamies qui  achètent de beaux produits et bons produits pour leurs petits-enfants. Là, ils ne vont pas venir en ville exprès. Les gens préfèrent faire toutes leurs courses à un seul endroit, c’est encore les grandes surfaces qui seront gagnantes. »
Pour lui c’est clair, ce ne sont pas des prêts garantis par l’État qui doivent être mis en place, et très difficiles à rembourser, mais des subventions pour sauver les commerçants qui ont déjà beaucoup souffert des manifestations des gilets jaunes et pour les retraites..

Des nouveaux services

Pour ne pas passer à côté de Pâques, Xavier Brignon a mis en place un service de livraisons pour honorer des commandes passées par téléphone ou sur le site Internet où il a publié son catalogue. C’est son chef cuisinier, qui jusqu’à maintenant assurait la restauration aujourd’hui supprimée, qui s’est transformé en livreur. Ce service de livraison a été créé tout express pendant la période de confinement. Autre service : des paniers de fruits et légumes, confectionnés par le marchand de primeurs du marché couvert, sont proposés dans la boutique.

Des marques de solidarité 

Bruno Grandvoinnet se réjouit : « J’ai annoncé la réouverture du magasin sur les réseaux sociaux, je n’ai que des messages positifs et encourageants. J’ai déjà reçu des commandes. Et les client nous remercient d’ouvrir pour cette période. Au début, ils craignaient de prendre un PV en se promenant avec une poule en chocolat sous le bras. Mais je les ai rassurés la préfecture se montre bienveillante. Pas la peine d’acheter une baguette pour avoir un alibi, la préfecture est soucieuse que tout se passe pour le mieux.»
 
Xavier Brignon parle même d’élan de solidarité de la part de la clientèle : « J’ai fait de la vente tous les après-midis et les gens restent un peu pour papoter. On sent qu’ils en ont besoin. Ils nous remercient d’être ouvert. Souvent, ils ont un petit mot gentil. Un client m’a dit que ce n’est pas parce qu’on est en période de confinement qu’il faut que l’on mange de la m... Cette réflexion m’a fait rire. »
 
Et tous ces professionnels le disent : il n’y a pas de meilleur ingrédient que le chocolat pour supporter le confinement et l’anxiété de cette période !

 
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