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DIRECT. Besançon : revivez la manifestation des gilets jaunes samedi 8 décembre

Les gilets jaunes rassemblés à Besançon le 8 décembre imitent la scène où des lycéens ont été maintenus à genoux par des policiers à Mantes-la-Jolie. / © Sarah Rebouh / France 3
Les gilets jaunes rassemblés à Besançon le 8 décembre imitent la scène où des lycéens ont été maintenus à genoux par des policiers à Mantes-la-Jolie. / © Sarah Rebouh / France 3

Ce samedi 8 décembre, les gilets jaunes ont décidé de se rassembler à Besançon, comme dans toute la France. Un cortège est parti à 13h30 du parking Battant, en direction de la préfecture. Revivez les événements dans cet article.

Par Sarah Rebouh

À Besançon, comme dans de nombreuses villes de France, les gilets jaunes remettaient le couvert ce samedi 8 décembre. Alors qu'une manifestation avait lieu à Paris au même moment, à Besançon, il s'agissait de ne plus bloquer les zones commerciales périphériques après une rencontre mercredi 5 décembre entre les responsables des zones commerciales bisontines et les gilets jaunes. La manifestation a donc lieu en centre-ville, au départ du parking Battant.

Elle n'avait pas été officiellement déclarée auprès des services de la préfecture. De ce fait, le parcours exact du cortège était inconnu. Aux alentours de 13h30, environ 300 gilets jaunes, régulièrement rejoints par d'autres manifestants, ont gravité en direction du pont de la République, escortés par quelques policiers.
 


Pas de rencontre avec le préfet


Au fur et à mesure, le cortège a enflé pour rassembler environ 800 personnes, selon nos estimations. Après le pont de la République, les gilets jaunes se sont dirigés sur le marché de Noël place de la Révolution, dans une ambiance détendue et bonne enfant, puis ont remonté la grande rue pour arriver enfin devant la préfecture.

"La police avec nous ! On veut voir le préfet. Nous ne sommes pas des casseurs" scandaient une partie des manifestants bloqués rue de la préfecture, avant que les forces de l'ordre les laissent progresser doucement pour les bloquer à nouveau sur le côté droit, en direction de l'hôpital Saint-Jacques.

Un comité de gilets jaunes aurait pu vraisemblablement rencontrer le préfet, mais la rencontre n'a finalement pas eu lieu parce que les manifestants réclament de voir le préfet en personne en dehors de la préfecture.
 

Après une heure d'attente et de discussions entre manifestants et forces de l'ordre le ton est monté et les premiers gaz lacrymogènes ont été envoyés sur la foule, composée de jeunes mais aussi de personnes bien plus âgées. Quelques oeufs et quelques canettes, dont certaines en verre, ont volé en direction des forces de l'ordre avant l'envoi de plusieurs grenades lacrymogènes qui ont réussi finalement à repousser les quelques 150 derniers manifestants postés devant la préfecture. Certains ont tenté de monter une barricade rue de la préfecture, en démontant des panneaux de bois cachant des fils électriques.

"C'est très dangereux de faire ça, ce sont des câbles à haute tension. Quelqu'un pourrait s'électrocuter" nous a expliqué la police. "On a commencé la barricade après deux gazages, nous n'avions rien fait avant, nous étions non violents" justifie un jeune gilet jaune. "Il n’y a pas de casseurs ici, juste des gens qui n’en peuvent plus. Les gens ont commencé à arracher des panneaux après le deuxième gazage, pas avant" explique un autre manifestant.
 

Les forces de l'ordre ont fini par évacuer la zone préfecture à grand coup de grenades lacrymogènes lancées en l'air, afin de mettre à distance les gilets jaunes les plus déterminés. Certains ont résisté mais tous ont fini par reculer jusqu'au parc Granvelle, ou jusqu'à l'hôpital Saint-Jacques.

Du côté de Granvelle, les grenades ont continué à pleuvoir et le vent a emporté les gaz bien plus loin, jusqu'au marché de Noël et la grande rue. Certaines familles ont dû quitter les lieux avec leurs enfants, incommodés par les gaz irritants. 

Aux alentours de 17h, un jeune homme a reçu un projectile non identifié dans la jambe près de Granvelle. Il a été pris rapidement en charge par les pompiers, rue Mégevand. Les manifestants ont soupçonné alors des tirs de flashball. La préfecture a rapidement démenti l'utilisation de ce genre de matériel ce samedi à Besançon. 


Une douzaine d'interpellations dans le Doubs


Après que les derniers gilets jaunes aient quitté le haut de la rue de la préfecture, des petits groupes se sont dispersés. Après un doigt d'honneur à la police, un jeune homme a été interpellé vivement devant le tribunal. Les CRS ont dispersé les autres groupes de gilets jaunes après une charge avec sommation. Le calme est revenu progressivement en ville aux environs de 18h30. 

Au total, une douzaine d'interpellations ont eu lieu dans le Doubs, selon la préfecture du Doubs.

Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, s’exprimera en "début de semaine prochaine", a annoncé vendredi le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand. Le président de la République a pris la décision de ne pas s’exprimer avant les manifestations de samedi pour ne "pas mettre d’huile sur le feu", selon ce proche d'Emmanuel Macron. 
 

Gilets Jaunes : comment sortir de la crise ?

Alors que le mouvement des Gilets Jaunes prépare son 4e week-end d'actions, comment sortir de l'impasse ? Dimanche en politique ouvre le débat ce dimanche en direct à partir de 10h50. 

Des Gilets jaunes, Céline Roy (Vesoul) et Fabrice Schlegel (Dole) seront sur notre plateau et pourront interpeller directement des responsables politiques comtois:

Barbara Bessot-Ballot, députée La République en marche de Haute-Saône
Ian Boucard, député Les Républicains du Territoire de Belfort
Jacques Ricciardetti, conseiller régional Rassemblement national, maire de Tressandans, petite commune du Doubs.
Séverine Véziès, représentante de la France Insoumise à Besançon
Sébastien Kerroux, de la rédaction de France 3 Bourgogne, sera en direct du centre-ville de Dijon avec un représentant des commerçants et un sociologue.

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